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F1G. 20. — Ancien méandre de la Sèvre à Niort. > La rivière décrivait primitivement au N. de la ville une pédoncule. boucle dont elle a fini par couper le pédoncule, Le
Ges exemples, pris entre beaucoup d'au {au iindguné san araeé nne vallée nc tres, nous paraissent suffisamment démons-
tratifs de la puissance érosive qui anima les cours d’eau par suite de l’abaissement du niveau de base. Tandis que s’approfondissaient les grandes vallées, tout un travail de sculpture de détail faisait naître une foule de vallons secondaires, jadis tributaires des grandes vallées, aujourd’hui enfouis pour la plupart sous le bri du Marais ou sous les éboulis de leurs propres coteaux. Telle est l’origine des vallées sèches qui entaillent la plaine de Lucon, comme aussi des larges digitations, à fond souvent marécageux, qui pénètrent au sud dans la plaine d'Aunis : la vallée du Mignon, celle de Nuaillé, au S. de Marans, sont dans ce cas. Tout ce qui forme aujourd’hui le Marais a été décapé par les eaux de ruissellement, qui n’ont laissé subsister que les bancs les plus durs, témoins isolés de l’ancienne plate-forme calcaire : ce sont les îles, souvent allongées, dont l’alignement répond en général à celui des couches jurassiques, mais qui leur est parfois perpendiculaire, comme au gué de Velluire et à Maillezais ; dans ce dernier
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cas, les îles bordent le cours de rivières conséquentes, l’Autise et la Vendée; ce sont les berges de vallées remblayées.
La profondeur à laquelle le Marais a été creusé ne nous est connue que sur quelques points; dans l’ensemble elle n’est certainement pas inférieure à cinq mètres, car partout le bri marin qui a comblé la dépression possède au moins cette épaisseur. Rappelons que dans la vallée de la Sèvre il atteint 10 mètres de puissance auprès de Saint-Hilaire-la-Palud, et 20 mètres à Marans. Les travaux de fondation de l’écluse de la pointe aux Herbes, au débouché du canal de Luçon dans la baie d’Aiguillon, ont exigé l’enfoncement de pilotis à une profondeur de 15 à 18 mètres; il y a donc encore une vingtaine de mètres de bri en ce point. À Fontenay-le-Comte le fond du lit primitif de la Vendée se trouve à peu près au niveau de la mer, tandis que la rivière coule aujourd’hui à la cote +8 mètres; des pilotis datant de l’époque néolithique y ont été rencontrés sous une épaisseur de 7 mètres d’alluvions?. En présence d'érosions aussi considérables et aussi générales, on est conduit à supposer que l’émersion a été de très longue durée.
Ses effets ne sont pas limités au Marais; ils se sont étendus à toute la côte. On ne peut manquer d’être frappé de l’aspect des fonds marins dans la rade de la Pallice : une vallée sous-marine large de 1 kilomètre s’ouvre en son milieu, avec une profondeur croissante vers le sud; on cote 15 mètres en face de la pointe de Sablanceaux, 24 mètres par le travers du Lavardin, 30 m. au débouché dans la fosse d’Antioche. Transversale aux failles de la région, cette coupure n’est certainement pas d'origine tectonique; c’est bien une vallée d’érosion, avec des versants également raides de chaque côté, entaillés à vif dans le roc; elle a dû être creusée par un cours d’eau qui avait son niveau de base vers 30 mètres au-dessous du niveau actuel de la mer; ce niveau de base n’était autre que le lit de la Charente quaternaire, comme l’ont montré les sondages exécutés par M. Delbalat en 1858*. Faut-il voir dans cette vallée une ancienne embouchure de la Sèvre, détournée vers le sud? C’est ce qu’on ne saurait affirmer, en présence de l'énorme banc de vase qui s'étend au N. vers la baie d’Aiguillon en masquant totalement l'allure primitive des fonds dans cette direction; toutefois des cartes marines du dix-septième siècle qui méritent assez de créance indiquent un chenal profond de 6 à 7 mètres, reliant la Sèvre à la rade de la Pallice*. Ce pourrait être une trace du passage supposé. En tout cas on ne saurait attribuer le creusement de la vallée sous-marine de la Pallice à l’action de la mer; l’allure des courbes bathymétriques dénote nettement une origine subaérienne.
Dernière transgression marine. — Le régime continental prit fin, vers les derniers temps de l’époque quaternaire ou au début de l’époque actuelle, par un relèvement du niveau de base, d’une trentaine de mètres environ, qui ramena la mer dans le Marais. Y eut-il affaissement local, ou bien un mouvement positif affectant une étendue de
1. Ports maritimes de la France, 1. V, p. 577-78 (port de Luçon).
2. Congrès archéologique de Fontenay, 1864, p. 30. — PawLowsxr. Le Golfe du Poitou, p. 317. 3. DELBALAT. Mission hydrographique, 1858-59.
h. Carte de 1677, Serv. hydrogr., portefeuille 53, carte n° 12.
côtes considérable? Est-ce un cas particulier d’un fait d'ordre général? Sans vouloir invoquer ici la théorie des mouvements eustatiques, nous pencherions plutôt pour la seconde hypothèse, en raison des faits analogues et de même âge qui ont été observés sur la côte de Saintonge, ainsi qu'aux embouchures de la Loire et de la Gironde’, Ce fut une répétition de l’incursion marine de la fin du pliocène, précédée, elle aussi, d'une phase d’érosion continentale. Les limites atteintes par la mer ont pu être fixées avec assez de précision par M. Welsch et quelques autres auteurs? : le rivage sud passait par Esnandes, Villedoux, Saint-Ouen, Nuaillé, la Roche-de-Saint-Hilaire-la- Palud, Arçais, Irleau, sur la Sèvre, où se trouve l'extrême limite orientale des dépôts marins; le rivage nord continuait par Damvix, Maillé, Maillezais, Velluire, le Langon, pour se poursuivre jusqu'à Saint-Vincent-sur-Jard, sur la côte actuelle, en longeant la plaine de Luçon et en pénétrant dans la vallée du Lay jusqu’au pont du chemin de fer de la Roche-sur-Yon, à la Claie. Au fond du golfe, la mer s’arrêtait à 15 kilomètres de Niort, et jamais elle ne pénétra jusqu’à cette ville, comme on l’a cru longtemps. M. Fournier à montré que les prétendus dépôts marins d'époque romaine trouvés à Niort étaient des apports humains, très probablement des fosses à fumier?. Sauf dans la vallée du Lay, la mer n’est pas entrée davantage dans les vallées latérales qui aboutissent au Marais et qui renferment des dépôts exclusivement continentaux. Nulle part le bri qu'elle a déposé ne dépasse l'altitude de 3 mètres, qui coïncide exactement avec le niveau des plus hautes mers actuelles; ce qui prouve que les relations de la terre et de la mer n’ont pas changé depuis le dépôt du bri. Ce point a son importance, car on a parfois été tenté d'attribuer à un soulèvement du sol le comblement du Marais‘. C'était un golfe très accidenté que ce golfe du Marais. Les buttes calcaires isolées par l'érosion à la surface de la plate-forme submergée formèrent autant d'îles expo sées aux attaques des vagues poussées à leur assaut par les tempêtes d’ouest. Dans le façconnement de leur relief actuel, il faut faire la part de l’érosion marine, qui a dû être guidée par les différences de dureté des roches, laissant en saillie les bancs calcaires les plus résistants, tandis qu’elle mordait avec vigueur sur les marnes plus tendres. Les falaises qui bordent nombre d'îles ne laissent guère de doute à ce sujet; sous la pente ädoucie par les éboulis se devine sans peine l’ancien abrupt battu en brèche par les flots : il suffit de faire le tour de l’île Delle pour s’en persuader. Il est possible que la mer ait fait disparaître quelques faibles reliefs de la surface du sol : nous en trouvons un indice dans ce que les îles sont beaucoup plus nombreuses et plus étendues au fond du golfe, là où l'énergie des vagues était très amortie, qu’à l'entrée, où la houle du large venait battre de plein fouet les obstacles dressés au-devant d'elle. Plus d’un îlot a été réduit à l’état d'écueil, recouvert par la mer à marée haute; nous
1. Barrors. Les Iles de la côte méridionale de la Bretagne. — Légende de la feuille de Saint-Nazaire. — Hancé. Observations sur l’allilude du départ. de la Gironde pendant le quaternaire. 2, WeLscn. Bull. S. C. G., n° 115, p. 51. — Gxezin. l'ormation de la vallée de la Sèvre. — Bors-
sELLIER. Notice de Fontenay.