‹ Les Plaines du PoitouChapitre 50 sur 132 · Ipem. Jbidem, p · texte numérisé non relu

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sources se font jour; leurs eaux, qui se sont chargées de calcaire dans la traversée de la craie, sont souvent incrustantes; c’est le cas de celle de Falaise, sur le bord de la Creuse!. À la Roche-Posay jaillissent trois sources faiblement sulfureuses et ferrugineuses, qui sont utilisées dans un établissement thermal fréquenté surtout par des malades venus des pays voisins. Le chapeau de craie turonienne qui recouvre l’ensemble des dépôts cénomaniens renferme lui-même des niveaux d’eau déterminés par la superposition d'assises marneuses et d'assises calcaro-sableuses, ou tuffeau proprement dit?. Cette abondance de sources explique l'existence des nombreux ruisseaux qui descendent de l’anticlinal de Châtellerault pour former la Veude de Richelieu, de même qu'elle est en rapport avec la dispersion des habitations.

Influence des sources sur les groupements humains. — L'absence à peu près complète d’eaux courantes en dehors des grandes vallées a obligé la population à se concentrer autour des sources; il serait difficile de trouver un village qui ne soit pas bâti à proximité immédiate d’une source, et bien souvent l’eau jaillit au milieu même de l’agglomération. Cela ne va pas d’ailleurs sans de sérieux inconvénients pour la santé des habitants; les lavoirs sont toujours établis contre les fontaines, qui sont constamment exposées à être souillées par les eaux usagées. De plus, le groupe des habitations domine en général les sources, par suite de l’habitude locale de construire sur les hauteurs, en amphithéâtre. Les eaux d'infiltration sont facilement polluées, et comme elles s’écoulent à travers les calcaires en suivant les diaclases, elles ne sont pas filtrées lorsqu'elles viennent se mêler à celles de la nappe aquifère, qu’elles contaminent. Aussi les épidémies de fièvre typhoïde sont-elles fréquentes en Poitou, et malheureusement fort difficiles à prévenir, car il faudrait changer l'emplacement des villages et le mode d'habitation, chose irréalisable?.

La distribution géographique des villages est exactement la même que celle des sources; quand celles-ci sont rapprochées les unes des autres, on voit les villages se multiplier sur un espace restreint. Le plateau situé au sud de Saint-Maixent, entre cette ville, Chevagné, Celles-sur-Belle et la forêt de l’Hermitain, renferme, sur une étendue de 75 kilomètres carrés environ, 10 chefs-lieux de communes et 50 gros hameaux, sans compter les fermes isolées; cela fait une agglomération pour 1kmq,2. Dans la plaine de Saint-Sauvant, où l’eau est très rare, les villages deviennent très espacés; pour une superficie à peu près équivalente, la région comprise entre Saint- Sauvant, Couhé et Lezay ne compte que deux communes, Vançais et Rom, et 23 hameaux, soit un lieu habité par trois kilomètres carrés. L’attraction exercée par les sources se fait sentir jusque dans les vallées parcourues par de grands cours d’eau. Ce n'est pas la rivière qui a déterminé l'établissement des villages, ce sont les sources qui se font jour à flanc de coteau. Cela est aussi vrai sur les bords de la Vienne que sur ceux du Clain ou de la Charente : Lussac tire ses eaux de la Font-Serin et de

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