‹ Les Plaines du PoitouChapitre 65 sur 132 · Ipem, cbid., p. 91 et suiv · texte numérisé non relu

Ipem, cbid., p. 91 et suiv

2. Le département de la Vienne en comptait 250 en activité en 1892. (Enquête agricole.) 3. Tables de Dom Fonteneau, passim. ;

sont parfois arrêtés par le manque d’eau. A la fin du mois de septembre 1907, les eaux étaient si basses à l'Isle-Jourdain, que les roues de l’usine électrique qui fournit la lumière à ce bourg tournaient à peine et que l’on dut certains soirs recourir aux modes antiques d'éclairage. C’est encore la Vienne qui donne la force motrice à la manufacture d’armes de Châtellerault. Un barrage, qui élève de 3 mètres le plan d’eau en amont, a permis d'obtenir une chute suffisantè pour faire marcher l’ensemble des machines de toute nature que renferme l'établissement.

La navigation. — Une seule rivière du Poitou est navigable, la Vienne. Encore la circulation des bateaux n'est-elle possible en principe qu’à partir de l’ancien port de Chailloux, à 9 kilomètres en amont du barrage de Châtellerault, jusqu’à ‘sa sortie du Poitou. La construction du barrage a arrêté la navigation à Châtellerault!. De grandes difficultés, qui proviennent de la nature même de la rivière, s'opposent au développement d’une navigation importante. La Vienne manque d’eau en temps ordinaire, et quandils’en trouve en grande quantité, il y en a trop. À ces caprices du débit s'ajoute l'inconvénient qui résulte des irrégularités du lit. Le fond de la rivière est loin de présenter un profil continu : c’est une succession de creux et de bosses, de « mouilles » et de « jards », comme disent les riverains. Dans l'intervalle de deux jards, bancs de cailloux roulés, une mouille atteint couramment 4 mètres et plus ; au-dessous du pont de Bonneuil-Matours, la surface de l’eau en étiage est à 51",63, et le fond du lit à 47 mètres; après le gué de Ribes, on trouve respectivement 50%,91 et 45,80? Il en est ainsi tout du long du cours. Sur les jards, il reste souvent moins de 0",50 d’eau; il y en a 0®,33 à Bonneuil-Matours, 0,40 au gué de Ribes, 0",25 au gué d’Isle, 0®,37 au pont de Châtellerault, 0",56 au confluent de la Creuse. Les gués surabondent : il en existe 21 depuis Bonneuil jusqu’au confluent de la Creuse, pour un parcours de 40 kilomètres; cela en fait un en moyenne tous les 2 kilomètres*. Malgré ces obstacles, on s’est servi de la voie fluviale pour le commerce jusqu’à une époque toute récente, en raison de l’économie considérable qu’elle réalisait sur la voie de terre. En 1865 on évaluait le prix de la tonne kilométrique à la descente à 0f,02 par eau, et à 0f,25 par la route*; l'avantage revenait de toute évidence à la rivière. Jusqu'à l'ouverture du chemin de fer de Paris à Bordeaux, un trafic régulier et actif régna sur la Vienne entre Châtellerault, les villes de la Loire et même Paris. Il avait lieu surtout en hiver, à l'époque où les eaux sont le moins basses et où l'exportation des grains commence à prendre de l'importance. Des bateaux, dont le chargement moyen était de 40 à ‘45 tonnes, transportaient à Saumur, à Nantes et à Orléans des vins, du blé, du bois de construction, des pierres meulières, de la paille et de l’avoine. De Nantes, Châtellerault recevait des denrées coloniales, du sucre raffiné, du plâtre, du sel; Angers lui envoyait des ardoises, Roanne et Saint-Lambert de la houille et du

1. Rapport de l'ingénieur ordinaire, 1° août 1865, Arch. Vienne, S4, 1. 6. 2. Profil.en long du cours de la Vienne. Arch. Vienne, S4, 1. 6.

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