‹ Les Plaines du PoitouChapitre 76 sur 132 · Archives Vienne, G 790, rôle des tailles · texte numérisé non relu

Archives Vienne, G 790, rôle des tailles

L. Archives Vienne, GC 774 (170 S), G 775 (171 S), registres. D. Archives Vienne, registres cités.

œuvre, ce qui lui valut en 1786 une pension royale de 2.000 livres!. A Availles, M. de Rérac et M. de Vareilles avaient fait venir dans le même but deux familles de Flamands?. Ce fut une fièvre d’un moment. Très nombreuses au cours des premières années, les déclarations se firent de plus en plus rares après 1770 et cessèrent tout à fait en 1782.

État rudimentaire des méthodes de culture. — Les défricheurs se heurtaient en effet à de grandes difficultés matérielles ; ils s'attaquaient aux sols les plus pauvres, les plus rebelles à la culture, etils ne disposaient pas du matériel agricole qui leur eût été nécessaire pour tirer un bon profit de leurs cultures. Ils manquaient d'outils, de bétail et d'engrais, et restaient attachés à des méthodes rudimentaires.

La charrue, ou areau, se composait d’une simple pièce de bois munie à son extrémité antérieure d’une pointe en fer d’un demi-pied de long; un manche incliné, auquel on attelait des bœufs de trait et que le laboureur tenait en main, s’adaptait au bout opposé. Le soc ne faisait qu'ouvrir le sillon sans retourner la terre. Un grand progrès, réalisé seulement au début du dix-neuvième siècle, fut l'invention d'oreilles latérales en bois, qui permirent de renverser les mottes sur le côté du sillon. Le timon reçut par la même occasion quelques perfectionnements. Avec « cette vilaine petite charrue sans roue », encore en usage de nos jours, le paysan parvenait péniblement à «ne labourer que l’épiderme de la terre* ».

Comme engrais, on connaissait le fumier de ferme, mal préparé et privé du purin, qu'on laissait se perdre dans les cours ou dans les chemins; on le laissait pendant des mois exposé aux intempéries; lavé par les pluies, il perdait presque tous ses principes fécondants; et quand on le portait dans les champs, il était loin de produire les effets qu'on aurait pu en attendre. On joignait à son emploi celui des cendres d’ajoncs, à cause de la potasse qu’elles renferment, ou bien l’ajonc vert, enfoui directement dans le sol, ce qui l’enrichissait en azote. Ni le chaulage ni le marnage n’étaient usités, bien que le calcaire fit défaut dans les terres de brandes. Personne ne s’avisait d'aller le chercher au dehors.

L’assolement triennal, avec une année de jachère, était d'usage général. Le sol, trop pauvre pour permettre la culture du froment, était surtout ensemencé en seigle, en sarrasin et en orge, principalement en orge de mars, dite baïllarge dans le pays. Les céréales revenaient trop souvent sur le même champ, ce qui diminuait le rendement. Les prairies naturelles n'étaient l’objet d'aucun soin, et les prairies artificielles restaient inconnues. On obtenait de la terre ce qu'elle voulait bien donner, et elle se montrait souvent ingrate envers le laboureur, qui avait longtemps peiné pour lui confier ses semences.

Les mauvaises récoltes n'étaient que trop fréquentes. Au dix-huitième siècle, pour lequel nous avons d’assez nombreux renseignements, elles surviennent en 1716, 1717,

Page 1