‹ Les Plaines du PoitouChapitre 83 sur 132 · CHAUX AC. PHOSPH. POTASSE · texte numérisé non relu

CHAUX AC. PHOSPH. POTASSE

Saint-Jean-de-Sauves.….. 0,170 0,00085 0,0016 CDAOM ARR ES orne 0,010 0,00096 0,00245 AE PNR 001230000001 0,0035 Migné...... LT RSS 0,140 0,0026 0,0021 Mon tamis CR AE 0,220 0,00077 0,0016 RS MERE TRE 0,018 0,0025 0,0019 Chaunalm "et sus ste 0,136 0,0013 0,0022

Toutefois, elle n’est jamais inférieure à 0,75 p. 1.000, et elle dépasse souvent 2 p. 1.000, ce qui est une teneur exceptionnelle. Un échantillon prélevé sur le territoire de Saint-Jean-de-Sauves à même donné un maximum de 8,2 p. 1.000, proportion sans exemple dans la région, en dehors des marnes du lias employées pour amendement. La teneur en potasse est assez peu élevée, sauf à Villiers, où elle approche de 4 p. 1.000, ce qui est une excellente moyenne. Mais c'est surtout la richesse en acide phosphorique qui fait la qualité des groies; c’est elle qui donne aux tissus des plantes, et en particulier des céréales, la vigueur qui les caractérise sur cette terre. La verse des blés est beaucoup moins fréquente dans les champs du Loudunais que sur les terres de brandes, parce que les tiges y sont plus résistantes, grâce au phosphate de chaux qu’elles renferment.

C’est la groie qui caractérise par excellence la « plaine »; en raison de sa sécheresse, elle se montre plus découverte que tous les autres sols. Dans le nord du Poitou on lui donne souvent le nom de cosse, et les paysans y distinguent la « petite cosse ». Ce nom rappelle celui des Causses, dans le midi de la France, avec lesquelles les plaines du Poitou offrent d’ailleurs tant d’analogies physiques.

La terre rouge à châtaigniers. — Un autre sol, extrêmement répandu dans les régions de plaine, est représenté par la terre rouge à châtaigniers. Ce sont des « argiles qui, lorsqu'elles sont pures, se délayent rapidement dans l’eau et laissent pour résidu, après dessiccation, un dépôt fin, vivement coloré, qui pourrait être utilisé pour la peinture muralé comme ocre rouge? ». Elles sont essentiellement perméables, caractère qui suffit à les différencier de toutes les autres argiles et qui a quelque chose de paradoxal. L'eau ne séjourne jamais à leur surface, et quand elles se desstchent elles prennent « l'aspect d’un schiste en décomposition? ». L’abondance des châtaigniers

1. Bull. synd. agricult. Vienne, analyses des terres, n°° 155, 355, 77, 385, 553, 37, 253. À

2, DE LoNGUEMAR. Etudes géologiques, t. [°*, p.313. 3. Inem. Zbidem.

qui y croissent leur a fait donner par de Longuemar le nom de terre à châtaigniers; les paysans disent plutôt terre rouge, à cause de sa couleur, ou terre à chailles, à cause de la présence des nombreux silex qui y sont englobés. Ceux-ci proviennent des calcaires jurassiques, qui, dissous par les eaux d'infiltration, ont abandonné sur place les silex qu'ils renfermaient.

La terre à châtaigniers est toujours épaisse; elle atteint généralement 1,50, mais sur de nombreux points sa puissance s'élève à plusieurs mètres et elle peut même atteindre 15 mètres. C’est donc un sol homogène, dans lequel les plantes peuvent enfoncer profondément leurs racines sans rencontrer l’obstacle du banc calcaire sousjacent. C’est un avantage au point de vue des cultures, car elles risquent moins de souffrir de la sécheresse, l'humidité augmentant avec la profondeur. En surface, les labours déchaussent les silex, qui parsèment les champs de leur nappe caillouteuse. Quand ils sont en trop grande quantité, les paysans les enlèvent et les déposent en tas, en « chirons », comme l’on dit, sur le bord des champs. Certaines de ces accumulations de cailloux, accrues par de perpétuels apports, ont fini par devenir si volumineuses qu’elles ont donné une physionomie particulière au paysage. Les propriétés ne sont pas rares dans la région de Civray, qui s’appellent le Chiron ou les Chirons, du fait du voisinage de ces amas pierreux.

C'est un sol fertile par lui-même, mais qui a besoin d'être travaillé pour répondre à ses promesses. À la différence de la terre de groie, il est très pauvre en calcaire; la teneur n’est guère que de 3 à 5 p. 1.000, alors que la groie en contient 200 p. 1.000 et plus. La silice constitue de 700 à 800 p. 1.000 de la masse totale, parfois davantage. Des analyses ont donné les résultats suivants :

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