CHAUX AC. PHOSPH,. POTASSE
Saint-Saviol ....... 0,0027 0,0026 0,0022 SL ARE NT E 0,0800 0,0019 0,0023
Voulème ......... . 0,0045 0,0013 0,002
Lusignanc-e 06e . 0,005 0,0011 0,002
La richesse en acide phosphorique est le trait dominant de ce sol, auquel manquent le calcaire et la potasse!. C’est elle seule qui fait sa fertilité, et par là s'établit une parenté avec la terre de groie, si différente à d’autres égards. Les proportions les plus élevées se trouvent dans la région de Civray, en particulier sur le territoire de la commune de Saint-Saviol, où elles dépassent de beaucoup la moyenne exigible d’une bonne terre.
L’abondance de la silice fait naître sur ce sol une végétation spontanée très analogue à celle de la brande, avec une prédominance marquée de fougères. Mais, à la différence des argiles marbrées et des bornais, la culture y est facile, l’homme n’a pas à y combattre l'excès d'humidité; le buis, qui ne se plaît qu’en terrain sec, y habite volontiers, en compagnie de chênes truffiers. Enfin, tandis que la brande ne produit
1. Bull. synd. agric. de la Vienne, analyses des terres, n°° 49, 51, 96, 574, 291.
CESR ANNE SD 'UMPIO TOUT 165
aucune plante nourricière, la terre rouge à chailles porte d'innombrables châtaigniers ; beaucoup de ceux qu’on voit aujourd’hui ont été plantés, mais l’arbre est certainement indigène. Il forme encore des massifs importants, comme la forêt de Saint-Sauvant, qui en renferme 600 hectares en peuplement pur, et il constitue une bonne partie de la forêt de l’'Hermitain. La nature donnait spontanément à l’homme de quoi se nourrir, et ce fut sans conteste une des causes déterminantes de la précoce occupation des terres à châtaioniers.
Dans certaines régions elles sont dépourvues de silex et forment un manteau uniquement argileux à la surface des calcaires. Alors on n’y trouve plus de châtaigniers ; le sol est complètement découvert. C’est un aspect qui trouve son expression la plus complète dans la plaine de Luçon, où une terre fine, d’un rouge brun et d’une remarquable homogénéité, porte de magnifiques moissons qui ondulent à perte de vue.
Origine de la terre à châtaigniers.
bien définie; c'est celle des calcaires à silex, qui comprennent les étages du bathonien
La terre à châtaigniers occupe une zone
et du bajocien, avec le callovien en plus sur les bords de la Charente. Elle s’étend à travers le seuil du Poitou, de la Gâtine au Limousin et de Poitiers à Ruffec, puis sur le plateau de Melle, que la cuvette oxfordienne de Lezay sépare de la plaine de Saint- Sauvant. C’est encore sur le bathonien et le bajocien que reposent les terres rouges de la plaine de Luçon, privées de silex comme les calcaires du sous-sol. L'aspect de ce sol si particulier donne l'impression que l’on a affaire à un produit de décalcification. Sous l'influence des agents atmosphériques, le calcaire a dû se dissoudre, abandonnant les éléments insolubles, qui sont devenus de l'argile; les silex sont restés empâtés dans la masse, où ils sont éclatés. La teinte rouge générale est due à la concentration des sels de fer, qui existent toujours en proportion quelconque dans les calcaires jurassiques moyens du Poitou et qui se sont d’autant mieux oxydés sous l’action de l’eau et de l’air que la formation est perméable. Certains faits directement observés viennent à l’appui de cette hypothèse; entre Civray et Charroux, les tranchées du chemin de fer montrent les silex en ligne dans la terre rouge sur le prolongement des bancs siliceux du calcaire en place; la terre rouge forme des poches dans lesquelles les silex sont seulement affaissés. C’est le pendant exact des faits constatés pour l'argile à silex de la craie, et la genèse des deux terrains paraît analogue. On peut faire réellement intervenir la décalcification comme cause principale du phénomène dans le cas particulier qui vient d’être envisagé !. Ce que l’on sait du développement énorme de la circulation souterraine des eaux précisément dans la zone des calcaires à silex vient fortifier cette hypothèse.
Mais les choses ne se passent pas toujours d’une façon aussi simple; il y a des cas où l'épaisseur des argiles rouges est telle, 5, 8, 10 mètres et davantage, qu'on s’explique difficilement qu’une pareille masse provienne de la seule destruction de 20 ou 25 mètres de calcaire bajocien ou bathonien*?. Même lorsque l'épaisseur est minime,