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villas, épars sur les points les plus divers. Souvent on les trouve superposés à des débris de l’époque gauloise. Au Puy-de-Muray, propriété sise sur la commune de Sainte-Néomaye, au S. de Saint-Maixent, on a trouvé dans un espace d’un hectare des traces d'occupation par l’homme remontant à l'époque moustérienne et se poursuivant jusqu’à l'époque actuelle. Les restes gallo-romains y sont nombreux!.

De ce que fut la contrée au moyen âge et même au début des temps modernes nous ne pouvons nous faire qu’une idée fort imprécise. Les documents conservés dans les archives n’ont fait jusqu'ici l’objet que de très rares publications, et il serait à souhaiter que les chercheurs dirigeassent de ce côté leur curiosité, pour le plus grand profit des historiens et des géographes. Sous le bénéfice de ces réserves, nous exposerons brièvement les principaux faits qui nous paraissent acquis.

Dès le onzième siècle on trouve mentionnés tous les villages devenus depuis chefslieux de communes, et une foule de hameaux et de lieux dits; beaucoup portent des noms dérivés de ceux d’anciens propriétaires gallo-romains, qui s’appelaient Florus, Marcus, Marcellus, Marius, Priscus?. Dresser la carte des lieux habités au onzième siècle reviendrait très sensiblement à reproduire la carte de l’état-major?. On peut, sans grande crainte de se tromper, affirmer que dès cette époque la surface de terrain acquise aux cultures dans les plaines était aussi étendue que de nos jours. Lorsque, à partir du neuvième siècle, a commencé à se constituer la grande propriété monastique, ce ne fut pas par le défrichement de terres incultes, mais par le don ou l'achat de propriétés particulières en plein rapport. Parmi les milliers de dons faits entre le neuvième et le treizième siècle on ne relève que de très rares mentions de terrains en friche“ ; quant aux forêts, on a vu ce qu'il fallait penser des textes qui en parlent*. Le développement de la propriété monastique en Poitou, nous ne nous lasserons pas d'insister sur ce fait capital, n’a pas été lié à une grande œuvre de défrichement, mais a consisté dans une concentration de terres déjà en cultures. Les propriétaires restaient sur leurs anciens domaines, qu’ils continuaient à exploiter pour le compte des abbayes, auxquelles ils payaient une redevance. Les textes des chartes sont formels à cet égard. Dès le milieu du moyen âge l’agriculture avait atteint dans les plaines sa complète extension; aucune modification ultérieure n'apparaît, et peut-être faut-il chercher dans cetté avance acquise sur les régions voisines la cause de la fixation précoce des méthodes agronomiques qui se sont perpétuées depuis ce temps jusqu’à nos jours.

État au dix-huitième siècle. — Ne pouvant aborder une histoire complète de

1. Collection de M. A. Richard, archiviste de la Vienne, propriétaire du puy de Muray.

2. RÉDET. Dictionnaire lopogr. de la Vienne. Noms de villages. Il en est dont l'orthographe est étrangement déformée; comment reconnaitre dans Ferabœuf, lieu dit près Marnay, l'appellation primitive Faia Rathbodi, le hêtre de Rathbod, que donne un texte de 1078? Dès le douzième siècle la pro nonciation locale Faie Rabot crée une confusion, et en 1120 un scribe écrit par calembour Ferra bovem. De pareilles méprises prouvent l'ancienneté des villages dont les noms n'étaient déjà plus compris au douzième siècle.

3. C’est cè qui nous a fait renoncer à construire cette carte, comme nous en avions eu l'intention.

4. Tables de Dom Fonteneau, Mém. Soc. antiq. Ouest, 1839, t. IV,

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