Ibidem, C, 849, cahier
3. Le boisseau de froment pesait 48 livres. Il y avait 6 1/4 boïsselées dans 1 hectare. Nous avons évalué le poids de l’hectolitre à 76 kilos.
4. Assemblée provinciale 1788-89. Arch. Vienne, C 617 (arrondissement de Saint-Maixent).
5. Ibidem, tableau comparatif de la récolte de 1788 et de celle de 1789. La plaine de Luçon eut une récolte passable et put suflire à ses besoins.
6. Mémoires fournis par des artistes vétérinaires à l'assemblée provinciale (mém. du sieur Tixier, vétérinaire à Saint-Maixent, 24 p, fe). Arch. Vienne, C 621.
par l'emploi des engrais chimiques, surtout des engrais potassiques. Les phosphates sont moins nécessaires que dans les bornais sur ce sol déjà très riche en acide phosphorique. Il fallait surtout changer l’outillage par trop rudimentaire dont disposaient les cultivateurs, et introduire des charrues plus fortes et mieux conditionnées que l’archaïique modèle en usage.
Les terres à châtaigniers appelaient plus de modifications. Pour combattre la végétation silicicole de fougères, de genêts et d’ajoncs qui élisait trop facilement domicile dans les champs de blé ou de seigle, l'apport du calcaire était nécessaire. L'emploi du chaulage et du marnage s’y répandit à peu près en même temps que dans les pays de brandes, et il donna bien plus vite de merveilleux résultats, grâce à la perméabilité du sol et à l'abondance de l’acide phosphorique. Rien de plus simple que de se procurer de la chaux dans cette contrée; on peut la fabriquer sur place en extrayant du calcaire à quelques mètres de la surface; il n’y a qu'à creuser un trou dans le coin d’un champ. C'est ce que firent beaucoup de propriétaires, d'autant plus que la chaux leur revenait ainsi deux fois moins cher que celle que l’on achetait!. La chaux et les charrues défonceuses eurent vite raison des fougères et de leurs congénères. Les premiers travaux de défrichement furent pénibles; il fallait atteler de 8 à 10 bœufs à la charrue pour vaincre la résistance des racines et d’un sol compact qui n'avait jamais été retourné. Mais on put ensuite pratiquer toutes les cultures les plus variées. L'usage de cultiver sur des billons de 1 mètre de largeur ne pouvait pas permettre l'emploi des appareils mécaniques pour semer, herser, faucher. [1 disparut dans toutes les grandes propriétés où l'épaisseur de la terre végétale permettait sans inconvénient sa suppression; il s’est maintenu dans les petites, où l’on n’use guère de machines.
Partout les assolements triennaux ont disparu, remplacés par des assolements de cinq ou six ans, ou même davantage. Certains propriétaires ont obtenu des rendements magnifiques, pouvant s'élever à 35 hectolitres de blé à l’hectare?. Une des choses qui frappent le plus quand on parcourt le Poitou, c’est le soin extrême, on pourrait dire l’amour, avec lequel le paysan cultive son champ dans la zone des terres à chàtaigniers; les campagnes qui s'étendent de Saint-Maixent à Vivonne et à Civray et dans toute la région située au sud jusqu’en Saintonge, sont des merveilles de culture. Elles contrastent fortement avec celles du N. du Poitou, non seulement de la terre de brande, mais aussi de la plaine. Point d'herbes, point de chardons, mais un sol parfaitement nettoyé, où seules les chailles blanchâtres apparaissent sur la teinte rousse des champs, dans l'intervalle des maïs rangés en file ou des alignements droits de betteraves. On dirait des plates-bandes d’un jardin d’horticulteur. Que l’on aille à Ruffec ou à Melle, à Luçon ou dans l’Aunis, c’est toujours la même propreté méticuleuse des champs de labour.
On n’en saurait dire autant de la plaine de groie qui s'étend depuis Neuville jusqu'au delà de Loudun. Trop souvent les cultures ont un aspect abandonné, trop