Riscer. Géolog. agricole, IV, p
2, Notamment aux Berlais, commune de Ceaux, près de Couhé (Riscer, IV, p. 111).
souvent on les voit envahies par les mauvaises herbes. Malgré sa fertilité, le sol est « mal cultivé, les constructions laissent à désirer, le bétail est mal choisi... Le cultivateur ne se donne aucun mal pour améliorer une situation prospère malgré luif ». Prospère, en effet; la récolte du blé en 1907 s’y est élevée à 28 hectolitres à l’hectare, chiffre qui dépasse celui de toutes les autres régions de la Vienne?. Quels résultats magnifiques n'obtiendrait-on pas avec un peu plus de soin?
Les terres rouges sont par excellence celles qui conviennent au maïs. Introduite sous le règne de Louis XVI, cette céréale a trouvé dans les plaines poitevines à la fois un sol et un climat favorables. Il lui faut une terre riche pour nourrir le jet vigoureux de sa tige forte et haute, et elle s'est trouvée à sa place sur ce sol imprégné d'acide phosphorique. Les pluies de printemps lui apportent la quantité d'eau nécessaire au développement de ses longues et larges feuilles; la chaleur de l'été est assez forte et d'assez longue durée pour mûrir les épis enveloppés dans leur gaine épaisse. On cultive le maïs à la fois pour le grain et pour le fourrage; ce second usage est surtout répandu dans le nord du Poitou, où la plante rencontre des conditions moins favorables que dans le sud. Il est alors semé comme du blé, les tiges poussent pressées les unes contre les autres, on les coupe avant maturité pour les donner aux bestiaux, hachées et mélangées à des topinambours. Dans la partie méridionale du Poitou, dans la plaine de Niort et dans celle de Civray, ainsi que dans l’Aunis, c’est pour le grain qu'onpratique sa culture. Semé en lignes distantes de 2 mètres environ, il reçoit toute la chaleur et la lumière nécessaires à la maturation des épis. Entre les rangées on sème des plantes sarclées. Au mois de septembre on coupe les feuilles et la tête de la tige, de façon à accumuler la sève dans l’épi et à le faire profiter de toute la chaleur envoyée par le soleil. La récolte se fait dans la première quinzaine d'octobre. Dans la région de Ruffec, les épis dépouillés de leur gaine sont mis à sécher le long des murs des bâtiments, auxquels ils sont suspendus par de petits piquets enfoncés horizontalement dans la maçonnerie. C’est un spectacle assez bizarre, pour qui n'est pas prévenu, de voir ainsi les maisons hérissées sur toutes leurs faces de bouts de bois longs de 20 centimètres et plus ou moins régulièrement plantés. Les épis restent ainsi exposés à l'air jusqu'à complet asséchement, habillant les murs de leur vêtement jaune d’or, qui donne aux villages un pittoresque original. C’est ce que, dans la région d’Aigre, on appelle les troches de garouille. La production de la Vienne, d’après l’enquête de 1892, était, il y a seize ans, de 24.641 hectolitres, soit 17 hectolitres à l’hectare*. Elle a beaucoup diminué depuis. La superficie cultivée est descendue de 1.441 hectares en 1892 à 935 en 1907; la sécheresse qui marqua cette année fut d’ailleurs fatale au maïs, dont le rendement tomba à 11 hectolitres par hectare’. D’autres cultures ont pris sa place, celle des graines en particulier.