RisLEeR. IV, p
2. Cet usage existait encore au milieu du dix-neuvième siècle (RisLER, IV, p. 107). 3. Renseignement communiqué par M. Chauvet, notaire à Ruflec.
dans toutes les régions à noyers. Le département de la Vienne en compte une cinquantaine, occupant au total cent ouvriers pendant toute l’année et deux cents autres d’une façon intermittente, environ pendant trois mois, après la récolte. Elles traitent chaque année 20.000 hectolitres de noix, d’une valeur de 250.000 francs, qui produisent 2.000 hectolitres d'huile et 500 tonnes de tourteaux pour engraisser le bétail!. C’est une industrie restée nettement rurale. Dans la région de Ruffec, c’est surtout pour son bois que le noyer est exploité. Une grande scierie établie à Ruffec fabrique des crosses de fusil pour la manufacture d'armes de Châtellerault, et en exporte à destination de l'Allemagne et de l'Angleterre. De grosses commandes faites il y à quelques années par la Russie ont entraîné une telle consommation de bois de noyer que tous les gros arbres ont disparu; il ne reste plus que ceux de moyenne grosseur”,
La crise du phylloxera et l’industrie laitière. — La prospérité croissante des pays de plaine, entretenue par les progrès accomplis au dix-neuvième siècle, faillit sombrer dans le dernier quart du siècle devant l'invasion du phylloxera. La culture de la vigne était une de leurs richesses, et dans certaines parties elle occupait la presque totalité de la surface cultivée. Son sol préféré était la groie maigre, pierreuse, médiocrement apte à la venue des céréales, qui fait le sol de l’Aunis et du Bois. Avant 1880 on n'y voyait que des vignes; c'était une véritable monoculture. Ses origines remontaient fort loin : un terrier du grand fief d'Aunis, daté de 1246, montre que dès cette époque le pays ne formait qu'un immense vignoble, partagé entre 4.500 propriétaires environ, dont la grande majorité possédaient moins d'un quartier de vignes, soit 2.000 à 6.000 ceps, et le plus souvent quelques centaines de ceps seulement. C’étaient des hommes libres, astreints seulement à payer un cens annuel*. La superficie du vignoble ne paraît pas avoir sensiblement varié pendant les six siècles qui suivirent; en pointant sur la carte de l'état-major les indications contenues dans le terrier, on trouve une concordance parfaite avec celles que fournit la carte elle-même, dans les éditions antérieures à l’arrivée du phylloxera. Les données font défaut pour savoir s’il en était de même dans les autres parties de la plaine. Les vignobles de la plaine de Luçon étaient plantés surtout sur les plateaux graveleux, couverts de sables pliocènes, qui bordent les vallées et qui surmontent certaines îles du marais; les terres rouges profondes s’y prêtaient moins. De nouveau ils reparaissaient sur les groies de la plaine de Niort, surtout dans la région de Frontenay et de la Foye-Montjault, se reliant à ceux du Bois. Aux frontières de l’Angoumois, les plaines ondulées de Ruffec, de Villefagnan et d’Aigre voyaient alterner les vignes avec les maïs; par la région de Civray et les bords du Clain, le vignoble remontait dans le nord du