Communication orale de M. Dair
2. Moyennes : 2,6 dans les Deux-Sèvres, 2,1 dans la Charente-[nférieure, 2,5 dans la Vendée. (Comptes de l'exploitation pour 1907). :
3. Renseignements oraux communiqués par M. A. Richard, archiviste de la Vienne et propriétaire
propre à mettre en relief l’activité et l'esprit d'entreprise des habitants de la région niortaise, si différents en cela de leurs voisins de la Vienne, plus attachés aux traditions.
La fabrication du beurre a fait naître d'autres sources de bénéfices. A Surgères, le petit-lait sert à préparer de la caséine; le sérum qui reste après l'opération est vendu à un propriétaire voisin, possesseur d’une porcherie de 400 porcs qui sont engraissés avec ce produit. La porcherie, vaste et d’une hygiène parfaite, dépendait primitivement de la laiterie, qui n’en est éloignée que de 100 mètres. Partout on utilise maintenant le petit-lait à cet usage. C’est dans la Charente-Inférieure qu'on trouve le plus grand nombre de porcheries annexées aux laiteries; il y en a 14. On n’en compte que 4 dans la Vendée, 2 dans les Deux-Sèvres et autant dans la Vienne‘. Le petit-lait non utilisé dans les beurreries est revendu au producteur, au prix moyen de 1 centime à 1 centime et demi Le litre. C’est le paysan qui élève lui-même les pores chez lui avec ce petit-lait, dans des conditions évidemment moins bonnes que celles qui sont réalisées dans les grandes porcheries. Du moins il y trouve une augmentation nouvelle de revenus, qui accroît son aisance. Les progrès de l'élevage du porc ont suivi une marche parallèle à celle de l’industrie laitière, dont ils sont une conséquence. Les localités où existent des laiteries font en général un plus grand commerce de porcs que leurs voisines ; le cas est particulièrement net à Chauvigny et à Vivonne, qui ont exporté en 1903, la première 3.151 porcs, la seconde 3,530, alors que les stations voisines n’atteignaient pas le chiffre de 500?. IL est juste d’ajouter qu'il s’y tient des foires importantes, qui en font un centre naturel d'exportation; c’est d’ailleurs un des motifs qui ont déterminé l'établissement de laiteries en ces lieux. Paris reçoit chaque semaine 22 wagons de porcs de Saint-Maixent, et les gares de la plaine de Luçon comprises entre Benet et la Bretonnière expédient 40.000 têtes par an au marché de la Villette.
Les cultures pratiquées en pays de plaine ont évolué de leur côté dans le sens de l’élevage. La vigne a fait place moins aux céréales qu'aux prairies artificielles et aux plantes fourragères: Dans la plaine de Luçon, jadis à peu près exclusivement consacrée aux céréales, on voit aujourd’hui les betteraves fourragères, le mais-fourrage, la luzerne, le trèfle, le sainfoin, occuper de vastes espaces; le blé et l'orge restent encore les cultures dominantes, mais leur surface tend journellement à se réduire au profit des nouvelles cultures‘. Celles-ci sont également très répandues en Aunis et dans la plaine de Niort, où l’on éprouve l'impression fort nette que toute la vie agricole gravite aujourd’hui autour de l'élevage des bêtes à cornes. Dans les terres à châtaigniers du plateau de Melle, luzerne, pomme de terre et trèfle l’emportent sur le blé, grâce à un large emploi des fumures et des superphosphates*. Entre 1892 et 1906, la Vienne a vu la superficie des céréales’ diminuer de 12.000 hectares, et celle des choux, des
dans la région de Saint-Maixent. — La surface consacrée à la betterave à sucre dans la plaine de Niort est redescendue à 1.700 hectares en 1906. 1. Enquête sur l'industrie laitière, 1903, t. Ier, p. 314, 304, 317. 2, Bull. synd. agric. de la Vienne, mars 1908, p. 40. — Notice sur lecomm. ee pEoG, agric., I, p.527-29. 3. Notice sur le commerce des produits agricoles, 1, p. 526. 4, Les statistiques précises font défaut; nous avons recueilli sur place ces indications. 5. Renseignement recueilli sur place.
betteraves et des topinambours augmenter de 12.300 hectares : l'étendue des champs de choux est passée de 4.235 hectares à 4.639, celle des betteraves de 7.557 à 12.078, celle des topinambours de 4.932 à 13.209; la Vienne occupe aujourd’hui le premier rang parmi les départements français pour la production de ce tubercule‘. Une part importante de ce gain revient à la région des anciennes brandes, surtout pour les topinambours, mais la plaine y participe largement aussi. Enfin, la majeure partie des 20,000 hectares perdus par la vigne depuis le phylloxera sont maintenant occupés par des fourrages, trèfle et luzerne, et par des champs de betteraves; c’est un gain qui intéresse exclusivement la plaine, en particulier celle de Neuville. Ainsi partout l’élevage, qu'il soit conçu en vue de la production du lait ou en vue de la production d’animaux de boucherie, aboutit, dans la plaine comme dans la brande, à introduire des cultures nouvelles, en substitution de celles qui étaient pratiquées auparavant. Il est le point de départ d’une évolution qui est loin d’être achevée.
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L'élevage du mulet. — L’essor pris par l’industrie laitière a relégué au second rang l'élevage du mulet, qui avait jusqu'alors primé dans la plaine celui des bêtes à cornes. Spécial aux pays de plaine, cet élevage ne pénètre ni dans le Marais, ni dans le Bocage, ni dans les régions de brandes; il paraît lié aux terrains perméables et secs qui constituent les plaines de Civray et de Saint-Sauvant, le plateau de Melle et la plaine de Niort; c’est là qu’il acquiert son principal développement. Par la plaine de Luçon, il se prolonge à l’ouest jusqu’au voisinage de l'Océan, qu'il n’atteint pas; il reste en deçà du Lay. Au S.=W., sur les frontières de la Saintonge, il atteint les environs de Loulay et d’Aulnay; au nord il remonte par Vouillé, Thénezay et Airvaul en bordure des terrains anciens de la Gâtine. Cette répartition très particulière tient à deux causes: d’abord l’âne vit surtout dans les pays secs et chauds; la race du Poitou est une variété de celle qui peuple la Catalogne, les Baléares, l'Italie et la Gascogne”; elle à trouvé dans les plaines calcaires poitevines un sol et un climat en rapport avec ses affinités méditerranéennes; elle y a prospéré, tandis que les contrées plus froides et plus humides qui s'étendent au N. et à l'E. ne lui conviennent pas. En second lieu, c'est dans la plaine de Niort et dans le Marais que vit la grande race de chevaux servant à la production du mulet; il n’y a guère de doute qu'il faille attribuer à cette circonstance la localisation de l'élevage du mulet dans les limites que nous avons indiquées.
Le baudet poitevin employé comme étalon est de grande taille et dépasse comme dimensions ses congénères de Gascogne et d'Espagne. Sa hauteur au garrot atteint couramment de 1,40 à 1,48. C'est un animal peu docile, qu'il ne faut approcher qu'avec précaution.
1, Séatislique agricole annuelle, année 1906. De 1892 à 1906, la luzerne a gagné 15.000 hect., passant
de 27.784 hectares à 42.519 hectares.