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LES VAINS PLAISIRS

STANCES

Fils de la nuict & du silence,

Qui d’vne aimable violence Charmes les soucis des Humains, Quand sur le crespe de tes aisles Tu viens de tes humides mains Clore doucement nos prunelles :

Sommeil, entre les Immortels Tu mérités bien des Autels.

L’homme lassé de l’exercice,

Periroit sans ton bon office ;

C’est toy Sommeil qui le remets.

Et tandis que le corps repose,

A l’Esprit qui ne dort iamais Tu contes tousiours quelque chose ; Et dépeins encore à ses yeux La Mer, la Campagne & les Cieux.

Poésies de Tristan.

Bien que le Soleil soit sous l’Onde, Par ta grâce il void tout le monde Ainsi qu’à la clarté du iour.

Il court soudain toute laTerre,

Et trouue mille objects d’Amour,

De chasse de paix, ou de guerre.

Ressentant selon tes désirs

Des maux feints, ou de faux plaisirs.

Par ta faueur i’ay veu Clymene Mais plus belle & moins inhumaine Qu’elle n’auoit iamais esté.

Rien ne marchoit dessus ses traces Pour tenir l’œil sur sa beauté, Qu’Amour, la leunesse, & les Grâces Et mille autres diuins appas,

Qjai vont tousiours deuant ses pas.

Auec vn sousris qui se iouë Dans les fossettes de sa iouë,

La Belle m’a tendu les mains :

M’a dit d’une voix angelique, Quite tous ces soins inhumains Et cette humeur melancholique.

Tes iours de larmes sont passez Et tous tes vœux sont exaucez.

O mon Astre, ô ma belle Reine>) Daignez vous conuertir ma peine En vn contantement si doux?

Vous m’honorez assez de croire

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