‹ Les plaintes d'AcanteChapitre 17 sur 185 · Il semble que Pomone · texte numérisé non relu

Il semble que Pomone

PLAINTES d’aCANTE

Obseruant les trésors que le Verger produit Qui peuuent satisfaire au besoin de la vie :

Vous iriez les remplir & des fleurs & du fruict Dont alors vous auriez enuie ;

Et lors, auec l’Amour dont vous seriez suiuie,

Mes pensers au moins, baiseroient 224 Le sable & le gazon que vos pieds fouleroient.

Parmy les arbrisseaux d’vn Bois que vous verriez, le vous enseignerois vn nid de Tourterelles :

Les deux petits y sont, que vous enleueriez Car ils n’ont point encore d’aisles.

Et puis, il est fatal à tous les plus fidelles Des animaux et des humains 231 De perdre leur franchise entre vos belles mains.

Apres nous irions voir par diuertissement En vn lieu tout couuert de Thim & de Melisse, Des mouches dont le soin sert d’auertissement Pour le ménagé & la police ;

Employant tout ce temps dans l’aymable exercisse De tirer la manne du Ciel 238 Et dérober aux fleurs dequoy faire le miel.

Vous auriez le visage & le sein tous voilez Pour les considérer auec plus d’asseurance :

Car paroissans des Lys à des Roses meslez.

Les abeilles par inocence Pourroient bien se tromper à cette ressemblance. Et sans crainte de trop oser 245 Vous faire quelqu’iniure en venant vous baiser.

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