LXXXII. — Point de plaisir sans peine
Le Hodja possedait un boeuf orne de si belles cornes qu'on aurait pu s'asseoir entre elles. Ghaque fois que son maitre l'a-
percevait dansletroupeau, il se disaitqu'il s'assierait volonticrs entre ses cornes. Ce projet arrete il arriva que l'animal vint se coucheren face de lui. — Saisissons l'occasion, se dit le Hodja. — II saute alors entre les deux cornes et s'y assied. Le bceuf se leve aussitot et precipite le Hodja a terre. Celui-ci reprend ses esprits apres etre reste quelque temps etendu. Sa femme arrive alors tout en pleurs. — Arrete tes larmes, ma femme, dit-il; si j'ai beaucoup souffert, du moins j'aisatisfait mon envie.