ACTE QUATRIÈME
EMMANUEL. — Ah ! mais jamais de la vie !
LE PRÉSIDENT. — Messieurs ! Messieurs !
LE DOCTEUR SANDOINET. - Socialement, médicalement...
LE DOCTEUR DENIS. - Mais, mon cher confrère...
LE DOCTEUR SANDOINET. - Au nom de
l'hygiène publique...
LE DOCTEUR DENIS. — Docteur !...
LE DOCTEUR SANDOINET. — Devant le problème si obscur encore de l'hérédité...
LE DOCTEUR DENIS. - Mais. Docteur, il est marié !
LE DOCTEUR SANDOINET. - Il est marié ?
LE DOCTEUR DENIS. — Dans une heure il sera marié...
LE DOCTEUR SANDOINET. - Alors, il ne l'est pas ?
LE DOCTEUR DENIS. - A l'église 1 Mais il est marié depuis hier à la mairie.
EMMANUEL, (éclatant de rire). — Ah ! Ah ! C'est que la vie est admirable !
LE DOCTEUR DENIS. - Et je suis le beaupère !
LE DOCTEUR SANDOINET. - Le beau... ?
LE PRÉSIDENT. — Allons, allons, du calme ! Docteur Sandoinet. nous nous trouvons en face d'un drame familial assez mystérieux, mais où nous n avons pas. en somme, à intervenir...
LE DOCTEUR SANDOINET. - Croyez-
vous ?
LE PRÉSIDENT. — J'en suis sûr.
LE DOCTEUR SANDOINET. - Alors...
LE PRÉSIDENT. — Nous ne devons, sous aucun prétexte, faire dévier les débats.
LE DOCTEUR SANDOINET. — C'est juste.
LE PRÉSIDENT. — Monsieur l'Huissier, veillez à l'ordre... (Au Docteur Denis) Vous, Monsieur, asseyez- vous.
LE DOCTEUR DENIS. — Je suis anéanti !
LE PRÉSIDENT. — Raison de plus.
EMMANUEL. — Père, apaisez- vous..-, isolezvous... Si vous savez des vers d'amour, dites-vousles tout bas.
LE PRÉSIDENT, au Docteur Sandoinet. — Et vous. Docteur, vous êtes libre.
LE DOCTEUR SANDOINET. - Merci. Messieurs.
(Il sort.)
LE DOCTEUR DENIS, (le suivant) . — Enfin, Docteur... mon cher confrère... est-ce possible ? Pensez- vous sérieusement...
(Ils sortent tous deux.)