ANGÉLIQUE ET ROGER
Le premier mouvement de Roger fut de se lancer à la poursuite de Marchant, mais il ne put se résoudre à quitter sitôt Angélique, dont il avait eu à peine le temps de presser les mains.
D'ailleurs, il avait laissé Horace , Samuel et Plantin au bas de l'escalier ; il pensa avec quelque raison que ceux-ci avaient pris leurs précautions pour ne point laisser échapper leur guide.
11 revint donc vers Angélique.
— Roger, lui dit celle-ci en tendant vers lui ses deux mains confiantes, je commençais à désesj-
de vous revoir, et pourtant il me semblait que vous seul pouviez désormais me sauver.
— Nous n'avons pas de temps à perdre, répondit Roger, chaque moment de retard peut nous devenir fatal, il faut partir... venez!...
Vous me reconduisez chez mamère. . . fît Angélique. Roger hésita un moment... puis il fît un effort sur lui-même et répondit.
— Votre mère vous attend !
Angélique se hâta de jeter sur ses épaules un mantelet de soie, un petit bonnet sur ses cheveux, et, sans daigner adresser un dernier regard à l'appartement qu'elle allait quitter pour toujours, elle se dirigea vers Roger.
Elle était belle ainsi !... Une vive rougeur colorait ses joues, ses yeux rayonnaient d'un saint et pudique espoir, ses cheveux négligemment dénoués flottaient sur ses épaules.
Son regard rencontra en ce moment celui de Roger; elle baissa les yeux et son front rougit.
— Partons ! dit-elle d'une voix embarrassée. Mais Roger venait de s'emparer de sa main, il
la retenait.
— Angélique, dit-il avec douceur, voici la prenière fois qu'il m'est donné de vous voir seul et librement. Avant de vous rendre à votre mère, et d3 me retrouver encore une fois séparé de vous, j'hésite et je tremble. Songez-y, Angélique, dès que l'on s'apercevra ici de votre fuite, on s'enquerra du lieu de votre retraite ; vous me serez enlevée de nouveau, et, cette fois peut-être, ne pourrai-je plus vous soustraire au sort que l'on vous destine... Angélique ne nous séparons pas ainsi ; le voulez-vous?
— Mais je ne vous comprends plus, Roger, répondit la jeune fille, ne me disiez-vous pas tout à l'heure que nous n'avions que peu de temps à nous, que chaque minute de retard pouvait nous être fatale... Pourquoi hésitez- vous maintenant ? partons. . .
— Angélique, repartit Roger, s'il est vrai que votre cœur se soit souvenu de moi, s'il est vrai vous m'ayez quelquefois appelé à votre secours, s'il est vrai enfin que la pensée de me retrouver un jour ait adouci quelquefois l'amertume de votre douleur, oh ! dites-moi que vous êtes heureuse do me suivre, que votre liberté vous sera douce,
parce que vous me la devrez, qu'enfin vous m'avez conservé pur cet amour que vous m'aviez donné... Et comme Angélique ne répondait pas, Roger poursuivit :
— Oh ! je vous aime, lui dit-il ; depuis le jour où je vous ai vue, votre image est restée profondément gravée dans mon cœur, et votre souvenir a peuplé la solitude que j'ai créée autour de moi... Oh ! je vous aime, car je vous ai vue belle et bonne, et j'ai deviné moi, le premier, le seul, tout ce qu'il y avait de pureté et de candeur en vous.
La voix de Roger était douce et suave, Angélique était vivement émue ; une subite rougeur colorait ses joues, ses regards embarrassés fuyaient les regards ardents du jeune comte.
— Vous ne me répondez pas, dit enfin ce dernier, Angélique, est-ce donc que vous avez déjà oublié l'amour qui nous a un instant rapprochés, dites ? Votre silence m'épouvante et me glace, oh ! si vous m'avez aimé jamais, si vous m'aimez encore, parlez ; dites-moi que votre cœur est toujours à moi, comme au premier jour où je vous vis, dites-moi que lorsque j'irai demander votre main à
madame de Méranges, vous serez heureuse de cette démarche, dites-moi, dites-moi, Angélique, que l'air fatal que l'on respire ici n'a pas terni la pureté de votre àme ! que vous êtes telle encore que je vous ai connue naguère, que vous m'aimez, oh ! que vous m'aimez toujours de ce saint amour qui a fait si longtemps ma joie et ma fierté !
Angélique ne répondit pas, mais elle se laissa tomber doucement sur la poitrine de Roger.
— Roger, dit-elle après un long moment de silence et en ne cherchant pas à retenir ses larmes, Roger, vous me faites peur, partons... je ne sais pourquoi en ce moment votre voix me fait mal à entendre, pourquoi la flamme de votre regard me brûle, pourquoi moi-même je tremble et je rougis... Partons... jamais, jusqu'à ce jour, je n'avais rien éprouvé de semblable, et je n'ose maintenant lever les yeux sur vous, ni vous dire, comme autrefois, que je vous aime, et que mon bonheur serait de vous le dire toujours... Oh ! ne me parlez plus ainsi, ne restons pas plus longtemps dans cette chambre ; mon ami, croyez-moi, et comme vous le l tout a l'heure, partons ! parlons I
Mais c'est à peine si Roger entendait les paroles d'Angélique ; tout entier à l'enivrement du moment, et sentant la jeune fille trembler et sangloter sui son cœur, il la pressait avec amour dans ses bras, et cherchait à apaiser, par ses paroles et les baisers dont il couvrait ses cheveux, les terreurs inexplicables qui la tourmentaient. Angélique était bien loin de comprendre ce qui se passait dans son propre cœur; une ivresse singulière s'était emparée de ses sens, et tout son corps frissonnait quand le baiser de Roger venait effleurer ses cheveux ; elle ne cherchait pas à combattre cette puissante émotion qui la livrait sans défense aux caresses de son amant, et dans sa candeur ignorante, c'était à Roger qu'elle s'adressait, c'était le jeune comte qu'elle appelait à son secours ; sa tête folle, éperdue, se roulait presque échevelée sur sa poitrine, et ce désordre, qui la rendait plus belle, augmentait encore les désirs qui emportaient Roger. Angélique était perdue sans doute, si son bon ange, qu'elle priait avec tant de ferveur, chaque soir, n'avait veillé sur elle. Au moment où les lèvres ardentes de Roger rencontraient pour la première fois les lèvres d'An-
geiique, un coup de feu partit sous les fenêtres, et réveilla tout à coup les vieux échos du Parc-aux- Cerfs.
Cet incident arracha les deux amants à leur voluptueuse extase et les rendit en un instant à toute l'horreur de leur position.
Roger bondit au milieu de la chambre, et Angélique se releva, en passant ses deux mains sur son visage, comme au sortir d'un long rêve !...
On entendait, à dix pas du corps de logis, un cliquetis d'épées et un tumulte de voix. Roger prêta l'oreille.
Dans ce tumulte de voix, il ne tarda pas à démêler les voix de Plantin et d'Horace, et celle plus sonore encore de Marchant. Il tira aussitôt son épée du fourreau :
— Quo faites-vous ! s'écria Angélique en s'élança nt vers lui.
— N'entendez-vous pas ? répondit Roger ; c'est la voix de mes compagnons que l'on égorge, c'est la voix de Marchant qui vient vous arracher de mes bras... Ma place est au milieu d'eux, Angélique... Adieu!... Adieu!...
La pauvre jeune fille essaya en vain de le retenir ; Roger la pressa une dernière fois dans ses bras, laissa sur son front l'empreinte d'un dernier baiser, et se précipita avec ardeur vers l'escalier.
Angélique était tombée à genoux au milieu de l'appartement ; elle priait ! .. .
Et elle pouvait prier, car maintenant l'orage, un moment soulevé dans son cœur, s'était apaisé, sa pensée était redevenue calme et sereine, et si ses mains et ses genoux tremblaient encore, c'était de l'idée que Roger allait courir un grand danger ! Angélique aimait Roger avec toute la ferveur d'une âme pure, elle s'étonnait de ce trouble impérieux qui l'avait saisie un instant auparavant ; elle ignorait les saintes joies de l'hymen, et n'avait jamais cherché à soulever le voile qui les lui cachait ; chaque soir elle s'endormait souriante, et les premiers rayons du soleil éclairaient sur ses lèvres ce même sourire caressant et virginal ; son âme s'offrait tout entière et sans voiles, elle n'avait rien à celer, Roger venait de la voir rougir pour la première fois!
Elle priait, et les anges pouvaient redire sa
prière à Dieu ! elle priait pour sa mère et pour [•ioger ! Les bruits qui montaient du parc troublaient seuls maintenant son religieux recueillement.
Peu de temps après le départ de Roger, les bruits avaient paru prendre un caractère plus décidé... ; un second coup de feu était parti... puis elle avait entendu des hommes fuir précipitamment, et enfin quelques paroles prononcées à voix basse.
Angélique avait eu pourtant un instant d'indicible épouvante ; son sang s'était glacé tout à coup, ses joues étaient devenues plus pâles, une sueur froide avait coulé le long d . ses tempes.
Le second coup de feu venait de partir... Un cri terrible lui répondit.
Angélique écoutait à peine, mais ce cri la terri fia. Elle se redressa, droite, immobile, froide, les yeux hagards, l'oreille attentive, les mains collées à son front.
Elle avait reconnu la voix de Roger.
Se trompait-elle ? avait-elle deviné juste ?
On eût pu sf faire cette question. Pour Angélique, ii n'y nv ,iit plus de doute possible. C'était bien Ro-
ger. Mais elle n'avait ni la force ni le courage nécessaire dans une pareille circonstance ; l'épouvante qui paralysait sa pensée la retenait violemment à sa place.
Cependant un singulier mouvement se faisait au dehors. On parlait à voix basse, on marchait avec précaution, on semblait se consulter.
Angélique ne prenait pas garde à ce qui se passait si près d'elle. Ses yeux étaient secs ; on eût cru qu'elle était devenue folle, tant son attitude présentait d'immobilité étrange.
Pendant qu'elle était ainsi pâle et insensible, la porte s'ouvrit lentement, et Horace s'avança jusqu'au milieu de la chambre.
Les vêtements d'Horace témoignaient d'un grand désordre, son habit déchiré sur la poitrine, laissait voir sa chemise ensanglantée. Il tenait à la main le tronçon d'une épée brisée ; une douleur profonde était empreinte sur son visage , il y avait encore ^ur ses joues la trace récente de larmes.
11 demeura quelque temps en face d'Angélique, attendant une interrogation, incertain, indécis,
cherchant à maîtriser l'émotion terrible qui tremblait en lui ; mais lorsqu'il s'aperçut que le regard d'Angélique ne le voyait pas, quand il fut convaincu qu'elle ne l'avait pas entendu venir, et qu'il vint à penser que quelque solennelle douleur déchirait sans doute en ce moment cette pauvre femme, alors une grande pitié s'éleva de son cœur, et il laissa retomber sa tête sur sa poitrine.
Horace ignorait ce qui s'était passé entre Roger ?t Angélique, il pouvait croire que la jeune fille n'avait pu cacher sa honte au comte de Villepreux, et qu'elle était encore en ce moment courbée sous l'anathème des terribles paroles que l'indignation avait dû arracher à son amant.
Ce fut la première pensée qui vint à Horace ; c'était la plus naturelle... Angélique était assez belle pour être ardemment désirée, et l'on pouvait croire que ceux qui avaient allumé ce désir dans le cœur du roi, avaient pris leurs précautions pour qu'il fût satiffait sans retard.
Peut-être aussi Angélique n'avait-elle pas été insensible aux promesses de plaisirs et de gloire dont
on avait dû entourer sa chute. Horace se demandait
si ce n'était pas le remords qui avait enfanté cette grande et sombre douleur.
Pourtant il eut pitié, car toute souffrance trouvait en lui un sympathique écho ; il songea que cette femme, déjà à moitié brisée, que le malheur avait déjà rendue presque folle, n'avait pas encore pleuré toutes ses larmes, et que d'autres malheurs l'attendaient sur la route... Il se dit qu'elle avait déjà bien souffert, et que pourtant Dieu lui réservait encore de plus rudes, de plus douloureuses épreuves, et il ne put s'empêcher de la plaindre, et de lui pardonner cette honte qu'il avait été bien près de lui reprocher comme un crime!...
— Angélique ! dit-il avec douceur à la jeune fille. Angélique tressaillit.
— Angélique , répéta Horace en se rapprochant d'elle, je suis un ami du comte de Villepreux, de Roger...
Un frisson agita les membres de la jeune fille ; ses regards tournèrent lentement autour de l'appartement et vinrent se fixer sur Horace; alors, comme si la mémoire lui fût revenue tout, à coup, comme si l'énergie absente fût subitement rentrée
dans son cœur, elle sembla renaître à une nouvelle vie , et passa ses deux mains glacées sur son Iront.
— Qui me parle!... dit-elle avec un reste d'égarement.
— Moi, répondit Horace, moi, Angélique...
— Quiètes-vous?
— Le comte de Forsanz.
— Le comte de Forsanz... je me rappelle... un ami de ma mère !
— Précisément.
— Oui... Qui vous a conduit ici... Comment y ètes-vous entré 1... Vous êtes venu pour me délivrer?... Mais quels moyens avez -vous employés?
Le regard d'Angélique parcourait une seconde fois la chambre ; il vint tout à coup à se poser sur la poitrine ensanglantée d'Horace ; elle poussa un cri et courut à lui...
— Vous êtes blessé ! s'écria-t-elle en le fixant avec stupeur.
Et comme elle vit qu'Horace gardait le silence :
— Mais vous n'étiez pas seul, n'est-ce pas! ajouta-t-elle. Tout à l'heure, ici, je n'ai pas rcvé...
je l'ai bien vu, il était-là... Roger, ou est-il?... Ou est-il?... dites-le moi! je veux le savoir...
Angélique n'ignorait pas le sort de Roger ; elle avait la certitude qu'il était mortellement frappé; mais elle voulait douter encore, et cherchait à reculer le moment de la certitude.
— Angélique, répondit Horace, Roger vient d'être blessé, mais j'espère encore que sa blessure n'est pas dangereuse.
— Je veux le voir...
— Ne craignez-vous pas que dans un pareil moment...
— Je veux le voir...
— Mais si on nous surprenait ?
— M. de Forsanz, dit Angélique avec une dignité qui frappa Horace d'étonnement, M. de Villepreux est mon amant, c'est presque mon mari; quoi qu'il arrive, je ne veux ni ne dois le quitter!...
Horace s'éloigna quelques instants et rentra bientôt, suivi de Plantin et de Samuel, qui déposèrent sur le sopha le corps inanimé de Roger.
Angélique manifesta alors à Horace le désir d'être seule, et les trois hommes se retirèrent aussitôt.
Roger respirait encore. Angélique s'agenouilla pieusement près de lui, après avoir prudemment fermé la porte, et s'occupa avec amour d'étancher le sang qui coulait abondamment de sa blessure. Elle écarta doucement les cheveux qui lui couvraient le visage, passa un linge humide sur ses tempes brûlantes, et en le voyant si souffrant, et cependant si beau, elle approcha ses deux lèvres émues de son front pâle, et demeura longtemps ainsi penchée, recueillie, écoutant sa respiration pénible, suivant avec anxiété les vives et passagères couleurs que la souffrance amenait parfois sur les joues du jeune comte.
Deux longues heures se passèrent ainsi... deux heures affreuses pendant lesquelles l'inquiétude et l'épouvante se disputèrent tour à tour le cœur d'Angélique.
Alors un mieux sensible se manifesta dans l'état de Roger; il fit quelques mouvements, étendit les bras autour de lui, porta les mains à sa blessure, et finit par ouvrir les yeux.
Angélique retenait sa respiration et regardait; une ivresse pleine d'oubli s'emparait d'elle peu à
peu, et quand elle vit Roger donner ces premiers signes de retour à la vie , elle le crut sauvé.
En ouvrant les yeux, Roger vit devant lui le pur sourire d'Angélique, et d'abord il crut rêver. Mais quand il sentit la main de la jeune fille se glisssr tremblante dans la sienne, que la réalité s'offrit à lui dans toute sa vérité, quand il vit son linge sanglant, et sur le front d'Angélique un reste de tristesse et de désespoir, il la regarda douloureusement, et serra la main qu'elle lui abandonnait sans >ouvoir proférer une parole.
— Roger! s'écria Angélique, vous êtes sauvé, n'est-ce pas, votre blessure est légère ; demain, Ton pourra vous transporter loin d'ici.
Mais Roger n'avait pas la force de répondre. II savait bien, lui, que sa blessure était mortelle, qu'il lui restait peu d'instants à vivre, et il ne pouvait se résoudre à troubler, par ce fatal aveu, la joie si souriante d'Angélique.
— Peut-être î dit-il enfin, mais nous sommes bien ici ; pourquoi songer à nous en éloigner?
— Vous souffrez donc beaucoup Roger?
— Je souffre moins, depuis que je vous vois près ce moi!...
— Oh ! pourquoi m'avez-vous quittée aussi, mon ami ? nous pouvions fuir, nul ne se fût aperçu de notre départ... et vous n'eussiez pas reçu cette malheureuse blessure qui peut renverser tous nos projets...
Angélique se tut un moment, et elle reprit bientôt :
— Demnin, Roger, dit-elle, nous quitterons cette demeure, vos amis viendront vous chercher, nous irons loin d'ici, avec ma pauvre mère, et nous oublierons en nous aimant que nous avons été malheureux et que nos cœurs ont souffert?...
Angélique, pleine de l'idée d'avoir échappé à un grand danger, ne pouvait contenir le ravissement qui emplissait sa poitrine, et elle le laissait déborder en paroles joyeuses. — La pauvre onfant oubliait qu'elle était encore au Parc-aux-Cerfs !
Roger voulut la désabuser.
— Écoutez-moi, Angélique, lui dit-il ; vous vous bercez, mon enfant bien-aimée , d'espérances qui ne peuvent plus se réaliser. Ce soir encore, nous
pouvions fuir, mais demain il ne sera plus temps... D'ailleurs, aurions-nous le temps, que ma blessure s'y opposerait.
— Nous vous porterons, répondit héroïquement Angélique.
Cette réponse amena un pâle sourire sur les lèvres de Roger; il la remercia du regard et se tut.
Depuis quelques secondes, un bruit singulier s'était élevé non loin d'eux. Des pas discrets montaient l'escalier, un nouvel incident se préparait : Roger le fit observer à Angélique. Celle-ci courut aussitôt à la porte et écouta. Elle revint un instant après.
— Le bruit de votre lutte aura éveillé l'attention de la supérieure, dit-elle rapidement et à voix basse ; il ne faut pas qu'elle vous trouve ici : appuyez-vous sur mon bras et venez ..
Elle ouvrit en même temps un petit cabinet adjacent à la chambre, y roula un fauteuil, et après y avoir installé Roger, elle revint faire promptement disparaître les traces sanglantes de son passage dans son appartement.
11 était temps : à peine les derniers vestiges avaient-ils disparu, que quelques coups furent frap-
pés à la porte. Angélique, qui ne doutait pas que ce fût la supérieure du Parc, se hâta d'aller ouvrir : mais elle recula aussitôt épouvantée.
Ce n'était pas la supérieure ! C'était le roi!...
Angélique ne l'avait jamais vu; mais un cruel soupçon traversa son esprit, et elle devina tout !...
Ifi