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CHAPITRE I. - LAPLACE ET SES SUCCESSEIRS

blement sous toute autre figure, devient impossible. On doit présumer que cela s'est produit après la formation de la planète Jupiter; le rapport U ayant alors atteint la limite dont nous parlons et p«'' continuant à décroître, il est arrivé que, à la distance intermédiaire entre Jupiter et Mars où se serait formée une nouvelle planète, ce rapport s'est trouvé trop grand pour qu'elle pût subsister sous forme permanente. Dès lors la substance de l'anneau correspondant, au lieu de s'agglomérer en un grand sphéroïde, a dû se résoudre en nébulosités partielles se mouvant et se condensant isolément. »

En admettant que, par suite de leur condensation, ces nébulosités aient bientôt acquis une. densité suffisante pour que U redevienne inférieur à la limite voulue, elles prendront alors une figure d'équilibre, deviendront de véritables planètes, mais en conservant désormais leur individualité. Telle est l'origine probable du groupe nombreux d'astéroïdes qui occupe cette région.

Que devient ensuite la nébuleuse solaire? Si sa condensation avait suivi la même marche que précédemment, U aurait probaldement continué à croître, et par conséquent toute agglomération d'une zone abandonnée en une nébuleuse planétaire eût été impossible et le reste du système aurait été composé d'astéroïdes. Or, il n'en est pas ainsi; aux astéroïdes succèdent en réalité quatre planètes : Mars, la Terre, Vénus et Mercure. Il est donc de toute nécessité qu'un changement brusque dans la marche de la condensation de la nébuleuse solaire se soit alors produit, changement qui nous est d'ailleurs presque indiqué par ce fait que la densité de ces planètes est de quatre à cinq fois plus forte que celle des autres.

Anneaux intérieurs. — La conception la plus originale de Roche dans son essai sur la constitution du système solaire est sans doute celle de l'existence d'anneaux à l'intérieur de la nébuleuse.

Nous avons vu comment il expliquait la formation d'anneaux tels que les avait conçus Laplace, mais là ne se borne pas la transformation de la nébuleuse.

En etïet, d'après lui, (( tout le fluide abandonné par la nébuleuse ne se disposera pas en anneaux décrivant le cercle équatorial et par conséquent extérieurs à l'atmosphère. Il n'en sera ainsi que pour ce qui se trouvait déjà dans le voisinage immédiat de l'équateur. Mais la portion du fluide atmosphérique en excès, qui des pôles descend

vers l'équateur en s'écoulant sur la surface libre, possédait primitivement une vitesse de circulation plus petite et variable suivant la distance polaire de chaque molécule. Cette vitesse peut, sans doute ^ augmenter un peu dans le trajet du pôle à l'équateur à cause du frottement sur des couches marchant plus vite, mais elle restera toujours inférieure à celle de la région équatoriale.

» La matière qui afflue à l'équateur n'est donc pas tout entière dans les conditions voulues pour décrire autour du centre O du Soleil de grands cercles concentriques. Chaque molécule commence à se mouvoir. tangentiellement à l'équateur, mais chacune a sa vitesse

Fie.

propre et va décrire {fig- 90) une ellipse de foyer O d'autant plusallongée que la vitesse est plus faible », l'aphélie A étant sur la limite équatoriale de l'atmosphère de la nébuleuse, le périhélie A'^ à l'intérieur.

Les molécules qui quittent l'équateur avec une vitesse faible ne tarderont pas à disparaître au sein de la nébuleuse, mais celles qui ont une vitesse suffisante circuleront dans des régions raréfiées de l'atmosphère et continueront leur mouvement. Les molécules parties successivement d'un même point de l'écpiateur décriront une même ellipse : leur ensemble constitue une traînée elliptique. Chaque point du cercle équatorial étant l'origine d'un courant tout pareil, ces traînées se gênent dans leurs mouvements mutuels : les vitesses radiales se détruisent deux à deux, tandis que dans le sens de la rotation les vitesses se conservent. « L'ensemble se transforme peu à peu en un système de cercles. » Comme la vitesse de circulation croit de l'aphélie au périhélie, il y a dans l'intervalle une position à la distance R, du centre O de la nébuleuse où la force centrifuge équilibre la pesanteur ; c'est à celte distance et sous la forme d'un.

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