CHAPITRE I. — LAPLACK ET SES SUCCESSEUBS. 'lôg
perpendiculaire au plan de l'orbite: mais un changement aussi considérable exige que la viscosité de la planète ait déjà atteint une valeur assez forte, ce qui est une nouvelle preuve du plus grand état d'avancement relatif" de l'évolution de la planète Mars.
Jupiter. — La rotation rapide de Jupiter, l'existence de satellites rapprochés et elFectuant leur révolution en un temps très court, la faible inclinaison (p.°) de l'équateur sur le plan de l'orbite sont des caractères indiquant que la planète est peu avancée dans son évolution; tout cela est dû à la grandeur de la masse de Jupiter.
Saturne, Uranus, Neptune. — - Saturne, comme Jupiter, présente les caractères d'une planète relativement peu avancée : une courte durée de rotation, une révolution rapide des satellites intérieurs, l'existence de l'anneau; quant à l'inclinaison considérable ('^8") de l'équateur de Saturne sur le plan de l'orbite, il est bien difficile de l'attribuer, comme pour Mars, uniquement aux marées solaires ; la distance de Saturne au Soleil est trop grande, sept fois environ celle de Mars, de sorte qu'en admettant qu'entre les deux planètes il n'j ait d'autre diflerence que la distance, il faudrait aux marées solaires 540000 fois plus de temps pour produire sur l'inclinaison de Saturne le même eflet que sur celle de Mars. A.ussi, Darwin est-il porté à conclure qu'au moment de la formation de Saturne son équateur était déjà incliné sur le plan de son orbite; à plus forte raison est-il obligé d'admettre pour Uranus et Neptune, une oUiquité primitive considérable et même un mouvement rétrograde originel pour Neptune.
Résumé. — En résumé, du travail de Darwin il résulte que les frottements des marées ont pu avoir une influence considérable sur l'évolution des planètes rapprochées du Soleil ; mais pour les planètes extérieures, à partir de Jupiter, la théorie des marées ne peut à elle seule nous permettre d'établir l'histoire de ces planètes.
(( Le frottement des marées est une cause de modifications dont la théorie de Laplace ne tient pas compte ; et, quoique cette influence se rapporte à une période postérieure à celle des événements décrits dans l'hypothèse de la nébuleuse, cependant cette influence a été d'une importance considérable, et même à un moment peut-être prépondérante, en déterminant les conditions présentes des planètes et de leurs satellites. »
26o TROISIÈME PARTIE. — FORMATION DU SYSTÈME PLANÉTAIRE.