‹ Les planètes et leur origineChapitre 123 sur 139 · CHAPITKE I. — LAPLACE ET SES SUCCESSEURS · texte numérisé non relu

CHAPITKE I. — LAPLACE ET SES SUCCESSEURS

Résumé. — En résumé, tandis que les dimensions et les inclinaisons des orbites de toutes les planètes sont, depuis leur naissance, restées les mêmes ou tout au moins n'ont varié que dans des limites très rapprochées, les inclinaisons de leurs équateurs sur les plans de ces mêmes orbites ont varié progressivement et sont en général bien diflerentes aujourd hui de ce qu'elles étaient au moment où ces planètes se sont lormées aux dépens des anneaux abandonnés par la nébuleuse solaire, et de plus très différentes entre elles.

En particulier, pour les deux planètes les plus âgées, Neptune et Uranus, l'action si faible des marées solaires a dû mettre un temps très long à rele\er leurs équateurs; pendant cette longue période, leurs satellites, de formation d'ailleurs assez rapide par suite de la faible densité de la planète génératrice, ont eu la possibilité de se séparer d'elle ; et, une fois formés, ils ont agi pour ramener les équateurs vers l'inclinaison de i8o". Pour Uranus, l'action solaire, environ vingt fois plus rapide que sur Neptune, a relevé plus vite l'écjuateur planétaire ; en même temps, sa densité étant plus grande, la production des salelHtes a demandé plus de temps, de sorte qu'ils n'ont pu agir sur l'inclinaison de l'équateur que lorsque celui-ci était déjà presque j:)erpendiculaire au plan de l'orbite.

D'autre part, alors cjue forcément les planètes circulent autour du Soleil toutes dans le même sens, il en est autrement, relativement à leur planète, pour tous les satellites d'un même système. Les plus éloignés, et par suite les premiers nés, peu\ent circuler autour de la planète en sens rétrograde, tandis que les plus jeunes effectueront leur révolution en sens direct.

« Considérée dans ses grandes lignes, dit M. Stratton, la théorie de l'inversion planétaire, à part cjuelques difficultés de détail, reste une hypothèse soutenable.

» Elle exige simplement qu'on admette que les satellites des planètes se sont formés, comme les planètes elles-mêmes, dans l'ordre de leurs distances, les plus éloignées avant les plus rapprochées, et que la cause prépondérante de la \ariation séculaire de 1 inclinaison des équateurs planétaires est le Irotlenieut des marées. »

W. — Conclusion.

A h» lumière de cet ensemble de travaux, il seml)le qu'on peut au-

27f> TROISIEME PARTIE. — FORMATION DU SYSTEME PLANETAIRE.

jourd'hui se faire sur la fonnation du système planétaire une idée assez approchée de la vérité. Il ne s'agit pas d'ailleurs de remonter à son origine première, problème que la Science actuelle ne permet pas d'aborder avec chance de succès; mais, partant d'un état déterminé par lequel il a dû, selon toute probabilité, passer à une époque de sa vie, il semble possible d'assister aux différentes phases de son évolution ultérieure.

Cet état est celui d'une masse nébuleuse déjà pourvue d'une condensation centrale, qui par son attraction continue amène peu à peu vers elle les portions qui l'entourent en même temps qu'elle communique à l'ensemble un mouvement croissant de rotation, ainsi qu'un échauffement croissant de l'extérieur à l'intérieur.

Cet échauflement, nous nous contentons de le signaler; l'étude de ses effets est en dehors du cadre de cet Ouvrage.

Par suite de cette rotation croissante, la nébuleuse prend une forme de plus en plus aplatie et, comme l'a si bien indiqué Laplace, laisse, à époques très distantes les unes des autres, échapper des régions voisines de son équateur une portion d'elle-même formant chaque fois autour d'elle un anneau limité de particules distinctes.

Chacun de ces anneaux, successivement détachés, est l'origine d'une planète circulant autour de la nébuleuse dans le sens de sa rotation et dans un plan voisin de son équateur. Par quel procédé ces particules distinctes se sont-elles réunies pour former un seul corps, la planète? Nous l'ignorons; et c'est un problème réservé aux chercheurs de l'avenir (').

Mais, ce corps une fois formé, il s'en détache des anneaux secondaires donnant naissance à des satellites suivant le même mode de séparation qui a produit les planètes.

D'après les notions nouvellement acquises, et que nous avons analysées dans ce Chapitre, les anneaux de Laplace, avi lieu de constituer, par suite du frottement réciproque de leurs molécules, comme un anneau solide tournant autour de la nébuleuse solaire d'un même mouvement angulaire, resteraient composés de particules indépendantes se mouvant autour d'elle séparément et régies toutes à cet égard par les lois de Kepler.

(') l^roblèine aussi, el peut-être plus, compli(|né dans la conception de Laplace que dans celle que nous admettrons.

Page 1