‹ Les planètes et leur origineChapitre 13 sur 139 · CHAPITRE I. — MERCURE ET VÉXUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — MERCURE ET VÉXUS

ments lui permit de trouver, sur cette planète, un phénomène plus stable que ceux qu'on avait vus jusqu'alors. Il s'agit de troncatures ou déformations des cornes {Jig- i i ), observées par lui, surtout sur la corne australe, lorsque dans ses plus grandes élongations la planète est voisine de la dichotomie. D'après Schroeter, ces apparences seraient produites par Tombre cjue projettent dans ces régions de très hautes montagnes (So*^™) dont l'existence lui parut indubitable par suite de l'apparition à différentes reprises, tout à fait à leur voisinage, d'un point lumineux absolument isolé, séparé du croissant par un intervalle obscur et qu'il pensait correspondre à leur sommet; de leurs retours successifs il déduit une durée de rotation de i?»^ 21'".

Trente ans plus tard, Fraunhofer modifiait à nouveau le matériel instrumental ; aux miroirs métalliques de W. Herschel et Schrœter, trop affectés dans leur forme par les variations de température, il substituait des objectifs achromatiques à foyer relativement court et créait ainsi l'équatorial actuel, si commode et si précis.

De Vico. Durée de rotation. Position de l'axe. — Olbers et Schumacher pensèrent alors à faire servir ce perfectionnement à l'étude de la rotation de Vénus, et firent appel aux astronomes du Collège romain, tout récemment en possession d'un de ces nouveaux instruments (o'", 1- d'ouverture, 3"\4o de distance focale), pour qu'ils utilisassent leur beau ciel à la solution de ce problème.

Les observations j commencèrent en iSSp, sous la direction du P. de Vico, et portèrent, à l'exemple de Bianchini, sur les taches claires ou sombres du disque. Mais on ne se contenta plus de simples dessins consignant, par intervalle de temps évidemment d'une certaine durée, l'impression moyenne de l'observateur sur l'aspect de ces détails fugitifs; mieux armés que leurs prédécesseurs ces astronomes suivirent d'heure en heure, avec le micromètre, ces inégalités de l'éclairement de la planète, ne les perdant pas de vue pendant toute la dur(''e de son séjour au-dessus de 1 horizon, notant leurs limites et leur position; et cela est nécessaire, car « dans l'intervalle de > ou 4 heures, leur disposition sur le disque est telle qu'elles semblent occuper, à très peu près, les mêmes positions; cependant aucune n est la même que celle qu'on voyait auparavant; l'observateur qui ne suit pas le mou\ement deces taches d'heure en heure peutdonc être facilement persuadé, quoique à tort, qu'elles n'ont eu aucun mouvement «.

Au bout de peu de lemps, l'impression bien nette de ces olîservateurs d'élite fut que « manifestement la rotation de Vénus s'accomplit en moins de 2.4 beures, que les taches s'avancent d'une manière sensible et d'un mouvement régulier, jusqu'à disparaître, et puis qu'elles reparaissent à leur place, à l'heure voulue, le jour suivant ».

Les astronomes romains poursuivirent leurs observations de i83(j à 1841, et ce avec une telle activité, qu'au bout de la première année l'abbé Palomba, chargé des mesures micrométriques, en avait déjà obtenu le nombre incroyable de onze mille. Les mesures, se rapportant à une même tache, furent combinées pour donner une valeur de la durée de rotation, puis les valeurs individuelles les plus voisines réunies en groupes, dont chacun fournissait une certaine durée moyenne de la rotation; ces durées varient entre 28'' 5o™ et aS** 1 1"', différences tenant soit aux mouvements propres des taches observées, soit aux erreurs de leur identification. Comment déduire de cet ensemble la valeur la plus approchée de la durée de rotation ?

De Vico ne donne sur ce point, cependant fort important, d'autre détail que ce qui suil :

<( Après les comparaisons les plus soignées qu'il nous a été donné de réaliser, nous avons finalement découvert que la valeur qui se maintenait avec une constance suffisante pendant plusieurs mois et qui par conséquent pouvait être réputée comme étant la plus approchée de la vérité était aS'' 20"' i5\

D'un autre côté, des mesures des grandeurs relatives des ellipses décrites par les taches dans leur mouvement de rotation, aux époques où ces ellipses paraissent avoir la plus grande ouverture, lui ont donné pour inclinaison de l'équateur de Vénus sur l'écliptique la valeur 53" 1 1' 26", valeur qui semble peu probable.

Vogel. — En résumé, l'immense travail des astronomes romains semble avoir prouxé réellement que la période de rotation est voisine de celle de la Terre, mais il n'en donne pas la xaleur exacte.

Les choses restèrent en l'état jusqu'en i8^j, époque à laquelle l'un des plus vaillants et des plus heureux pionniers de l'Astrophysique actuelle, Vogel, débutait à son observatoire particulier de Bothkamp dans la série presque continue de ses importants travaux. La belle série d'observations de Vénus qu'il y fit, dans les années 1871, iS'^a et i8'^3, en vue de déterminer les éléments de sa rotation, le conduisit

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