CHAPITRE (. — aiERCURE ET VÉNUS
à cette conclusion importante, absolument concordante avec celles de J.-D. Gassini et d'Herscliel, à savoir que :
« 11 est impossible d'obtenir, par les taches que l'on remarque à la surface de Vénus, aucun i^ésultat ferme et précis en ce qui concerne la durée de rotation et la position de l'axe de rotation de cette planète ».
Objections. — Pour les astronomes de cette époque, qui n'avaient que l'observation directe comme moyen de résoudre la question, un pareil aveu d'impuissance avait peu de chance d'emporter la conviction de tous.
Sous un ciel plus ti-ansparent que celui de la Prusse ou de l'Angleterre, un observateur sûr de son acuité de vision et pourvu d'un objectif excellent devait, semblait-il, pouvoir donner tort à cette affirmation pessimiste. C'est ce que pensa Tastronome italien Schiaparelli, directeur de l'Observatoire de Milan, dont le nom faisait autorité depuis sa belle découverte des relations d'origine et de parenté des étoiles fdantes et des comètes; mais, avant de parler de ses observations, il convient d'introduire une notion nouvelle.
Kirkivood. Les marées internes. — Pour mettre la théorie cosmogonique de Laplace à l'abri de certaines objections très sérieuses, l'astronome américain Kirkwood avait suggéré, en 1864, l'hypothèse suivante :
Par suite des marées, et du frottement qui en résulte, produites par l'attraction solaire sur la masse gazeuse détachée de la nébuleuse solaire pour former la |)lanète, le mouvement de rotation rétrograde qu'avait d'abord cette masse devait peu à peu cesser et alors un mouvement de rotation directe s'établir, la planète tournant alors la même face vers le Soleil et par suite ayant un mouvement de rotation de même durée que son mouvement de translation. Puis, la planète continuant à se condenser, la vitesse de rotation s'accroîtrait, malgré le frottement dû aux marées, jusqu'à ce qu'elle atteigne la valeur que nous lui connaissons acluellemenl. Il en résultait que, si pour les planètes les plus voisines du Soleil l'action des marées était prédominante, la période d'écpiilibre subsisterait indéfiniment et que la durée de rotation de ta planète serait déterminée par celle de sa translation autour du Soleil.
Revenons maintenant à Schiaparelli.
SchiapareUi. — "Les premières observations de rastronome milanais, faites d'abord avec un équalorial de o'",24 et vérifiées plus tard avec un équatorial de o"',54, s'étendent du 5 novembre 1877 au
Fis. 12.
10 décembre.
Fig. i3.
i5 décembre.
!i décembre.
i^"" février 1878; elles constituent, pendaul cette période, une étude continue de l'aspect pbvsicpie de la planète alors voisine de sa conjon('tion inb-rieure; mais, à l'iiixerse d<- ses prédécesseurs de l'obser-