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III. — Géographie de Mars

Venons maintenant à la description générale de la surface de la planète, c'est-à-dire à son étude géographique, qu'on appelle aréograpkie.

Nous sommes à cet égarfl assez limités.

En effet, à cause de l'éloignement de cette planète, ainsi que du peu d'étendue de ses phases, et quelle que soit d'ailleurs sa topogra-

(') Celle atmosphère est cependant parfois traversée par des nuages dont quelquesuns cachent niorhentanénient hi calotte soit en tout, soit en partie.

Nous avons de la présence de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de Mars une preuve plus directe : lors de sa mémorable expédition de 1867 au sommet de l'Etna, M. Janssen l'a en effet démontrée spectroscopiquenient, en ajoutant toutefois que cette vapeur devait y être en quantité faible.

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phie x'éelle, la surface de Mars est pour nous absolument de niveau, et son étude doit se borner à la détermination des limites et des positions des portions relativement sombres et claires entre lesquelles elle se partage, ainsi qu'à leur description. Mais, même réduite à ces termes, elle ne manque pas d'intérêt, car ces différences d'éclat correspondent évidejnment, pour celles qui sont stables et qui, par suite, appartiennent à la surface de Mars, à des différences de pouvoir réfléchissant et de constitution physique des portions correspondantes; une pareille étude est d'ailleurs une œuvre de longue patience ; en effet, les seules portions du disque de Mars que nous puissions bien définir sont ses portions centrales, dont les grandeurs relatives ne sont point altérées; plus près du bord, les taches \oient l'une de leurs dimensions diminuer progressivement par l'effet de la perspective; elles ne se montrent plus sous leur forme véritable et deviennent bientôt méconnaissables et même invisibles. L'existence de l'atmosphère, imparfaitement diaphane, de Mars augmente encore la difficulté près des bords en égalisant alors les éclats des différentes parties de ces régions en même temps qu'elle les assombrit.

Cartes de Mars. \V. Herschel, Béer et MœcUer. — Malgré ces difficultés, W. Herscliel n'hésita pas à construire une Carte de celte planète, Carte qui n'a |)lus aujourd'hui qu'une valeur historique.

Un demi-siècle plus tard, alors que le mode de construction des équatoriaux avait rendu les mesures micrométriques faciles et commodes. Béer et McTdler utilisèrent leurs belles observations (1828i836) pour ol)tenir une représentation graphique de Mars : ils en publièrent deux mappemondes, l'une donnant les projections des deux hémisphères sur l'équateur, l'autre les projections sur un méridien. ]3ans ces Cartes, l'origine des longitudes aréographiques, ou méridien initial, est donnée par une petite tache sombre constante qui, signalée d'abord par Sclirœter, a été re\ ue par tous ceux qui depuis ont étudié Mars, et qui est incontestablement un point fîxe du sol de la planète : c'est l'origine généralement adoptée aujourd'hui.

Kaiser, Da^ves, Flammarion. — Les oppositions de 1862 et de 1864 furent l'occasion de nou\ elles études.

A Lejde, l'astronome Kaiser fit, avec un équatoi'ial de o"',i() d'ouverture, un très grand nombre de mesures micrométriques, à l'aide

desquelles il obtint 4i2 dessins de Mars reproduisant les parties successives de son globe qu'il nous offre par suite de sa rotation, dessins et mesures dont il se servit pour obtenir un planisphère de Mars représentant Tensemble de ses taches permanentes.

En Angleterre, le révérend Dawes, si connu pour ses mesures d'étoiles doubles et la loi optique qui porte son nom. obtint aussi, pendant l'opposition de 1864, une série de nombreux dessins qui servirent à Proctor pour tracer une Carte plus complète que les précédentes.

Enfin, à la même époque, Flammarion, en Finance, tenta de représenter l'ensemble des observations faites sur Mars depuis l'origine : pour construire cette Carte, il utilisa près d'un millier de dessins, dont les premiers datent de i636 et dont les principaux sont dus à Huygens, Herschel, Schrœter, Béer et Msedler, Secchi, Lockjer, lord Rosse, Green et Knobel. Enfin, vinrent plus tard (1881 et 1886) les Cartes de Schiaparelli, basées sur ses seules observations.

Mers et continents de Mais. — H y a entre toutes ces Cartes des différences considérables qui s'expliquent aisément : si certaines taches s'imposent à tous par leur netteté de limitation et l'inégalité de leur éclat avec leur entourage, il n'en est point ainsi pour beaucoup de détails, atteignant la limite de visibilité, et dont la vision très nette et certaine dépend de la qualité de l'objectif, de l'acuité de vision de l'observateur, du calme et de la transparence de l'atmosphère : néanmoins, elles se ressemblent beaucoup dans leurs parties essentielles. Disons-en quelques mots : malgré le peu d'eau qui doit exister sur cette planète et influencé par la terminologie adoptée pour la Lune, où il n'y en a certainement pas, on a divisé la surface de Mars en mers et continents ; les premières correspondent aux taches plus sombres avec une couleur gris bleuâtre, les autres aux taches plus brillantes et d'une teinte rougeàtre ou rouge jaunâtre ; en outre, des mers partent quelques bandes sombres, sinueuses, plus ou moins étroites, se trouvant en général au sein des continents, que l'on a dénommées Jleuves.

Béer et Ma^dler avaient désigné par des numéros d'ordre ces mers et ces continents hypothétiques : Kaiser, Proctor et, après eux, Green et Flammarion leur ont donné des noms d'astronomes célèbres; puis Schiaparelli les rebaj^tisa, pour la plupart, de noms mythologiques; c'est cette dénomination qui prévaut aujourd'hui.

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