‹ Les planètes et leur origineChapitre 34 sur 139 · I. — Historique. Notions générales · texte numérisé non relu

I. — Historique. Notions générales

Hypothèse de Kepler. Propositions du baron de Zach et de La- Lande. — A la fin du xviii*' siècle, la plupart des astronomes étaient convaincus qu'une planète inconnue devait exister entre Mars et Jupiter. Cette affirmation était d'ailleurs ancienne ; elle fut, comme nous l'avons dit plus liaut, formulée pour la première fois par Kepler. Plus tard (1^72), Bode, en énonçant la loi qui porte son nom, avait précisé davantage cette suggestion, puis W. Herschel, en découvrant (1781) Uranus à la distance qu'indiquait la loi de Bode et transformant presque ainsi cette formule empirique en une loi nécessaire, lui donnait un appui considérable. Aussi lors du Congrès de Gotha, en 1796, de Zach, Lalande et Schrœter proposèrent-ils de partager entre un certain nombre d'astronomes l'examen systématique et détaillé de la zone zodiacale qui d'après toute probabilité devait contenir la planète inconnue.

Cérès. Piazzi. Gaass. — Pendant que ces projets s'agitaient, un célèbre astronome italien, Piazzi, directeur de l'Obser\atoire de Palerme, découvrait dans cette zone, le i'^' janvier 1801, une petite étoile de "j" grandeur environ que, renouvelant l'erreur de \\ . Herschel pour Uranus, il prit d'abord pour une petite comète et qu'il observa assidûment jusqu'au 1 i fé\rier suivant, époque où une maladie grave le força d'interrompre ses observations. L'état de guerre, qui troublait alors toute l'Europe, retardait beaucoup les communications; si bien que, lorsque la nouvelle de cette découverte et les renseignements qui l'accompagnaient arrivèrent à Bode, le 5 avril, l'astre était trop près du Soleil pour pouvoir être observé. Cependant la discussion des observations de Palerme lui montra bientôt que cet astre ne pouvait être

une coiiièle, et il pensa que Piazzi avait rencontré la planète soupçonnée par Kepler et qu'on s'apprêtait à rechercher. Mais, lorsqu'après son rétablissement, Piazzi voulut la retrouver, son embarras fut très grand, car il avait bien peu de notions sur sa position actuelle. Il n'avait, en efiet, pu l'observer que pendant 4o jours, intervalle pendant lequel elle avait à peine parcouru un arc géocentrique de 3°. D'autre part, la loi de Bode donnant sa distance au Soleil et par suite sa durée de révolution, on savait seulement qu'elle sortirait des rayons du Soleil vers la fin de l'année, mais sans pouvoir préciser dans quelles limites de latitude. Avec des données aussi vagues, retrouver la planète était aussi difficile que de la découvrir pour la première fois : elle était donc en grand danger d'être perdue.

Heureusement, il y avait alors à l'Université de Gottingue un jeune privat-docent de 24 ans, déjà bien connu par de beaux travaux d'Arithmétique supérieure, que l'originalité et la difficulté du problème séduisirent. Il était le suivant :

« Avec des observations ne s'étendant pas à plus d'environ vin cinquantième (4o jours) de la révolution calculer l'orbite delà planète et prédire la position qu'elle aura plus de 3oo jours après la dernière observation. »

Méthode à trouver, procédés de calcul à employer, Gauss inventa tout; et, en moins d'un mois, il publia une éphéméride assez exacte pour que, le i'^'" janvier 1802, Olbers put retrouver dans le ciel la planète perdue, qu'il nomma Cérès. Gauss venait de poser les bases de son célèbre Ouvrage : Theoria motus corporiun cœlestiiun in sectionibus conicis solem anibieiilum, qui parut en 1809 et sert encore aujourd'hui.

Pallas. Olbers, — La lacune signalée par Kepler était donc comblée; mais la question se compliqua bientôt. En effet, 3 mois après, le 28 mars 1802, Olbers découvrait dans la même zone un nouvel astre de 8*^ grandeur environ, dont Gauss calcula bientôt l'orbite et qui fut reconnu circuler comme Cérès entre Mars et Jupiter, sensiblement à la même distance moyenne du Soleil (2, ^^3 au lieu de 2, '^6'^), mais dans un plan beaucoup plus incliné sur l'écliptique (34° au lieu de 10°); Olbers le nomma Pallas.

Astéroïdes. W. Herscliel. — Qu'étaient ces corps? quelles en

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