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CHAPITRE III. — PETITES PLANÈTES

étaient les dimensions? W. Herschel chercha de suite à répondre à ces questions; des comparaisons souvent répétées des images télescopiques de Cérès et de Pallas avec des disques himineux, de diamètres déterminés, placés à des distances connues et vus à l'œil nu, lui donnèrent :

Diam. ang.

à la Diamètre

distance i. réel.

Cérès o", 3 5 aSg""'

Pallas o", 24 178'""

Ces corps sont donc bien petits comparativement non seulement aux planètes anciennes, mais même à leurs satellites; ce ne sont pas des planètes : aussi W. Herschel les a-t-il appelés des astéroïdes. D'ailleurs, en raison même de cette différence spécifique, leur découverte a plus ajouté à rornement de notre système que n'aurait pu le faire celle d'une planète comme la Terre ou Mars.

JunoJi. Vesta. Théorie cVOlbers. — D'un autre côté, puisque chacun d'eux était trop petit povir former une planète, il était naturel de penser qu'ils provenaient de la segmentation d'une planète antérieure. Et, en effet, les calculs de Gauss montraient qu'avec le temps ces deux astéroïdes, Cérès et Pallas, pouvaient se trouver simultanément en des points très voisins l'un de l'autre sur la ligne d'intersection des plans de leurs orbites; telle est la théorie célèbre d'Olbers : les astéroïdes seraient des fragments d^ une planète plus grosse, brisée par une commotion interne. Sous cette forme précise, cette théorie n'est point exacte; mais elle est vraie dans son sens philosophique. Ces deux astéroïdes ne sont pas les seuls; on doit en admettre un nombre considérable d'autres correspondant à la même période de transformation de la nébuleuse solaire. Quoi qu'il en soit, la théorie d'Olbers eut pour effet praticjue immédiat d'exciter à la recherche de ces astres, en la localisant aux régions voisines des deux points d'intersection dont nous avons parlé plus haut; on lui doit la découverte, près de l'un et l'autre de ces points, de Junon (8*" grandeur) par Harding, le i"'' septembre i8o4 et celle de Vesta (ôs'',^) par Olbers, le 29 mars 1807. Mais les recherches ultérieures d'Olbers, qu'il continua régulièrement jusqu'en 1816, n'aboutirent à aucune découverte nouvelle; et momentanément le nombre des

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fragments de la planète primitive hypotiiétique parut se limiter à ces quatre petits astres.

Cartes de V Académie de Berlin. Bessel. — Mais bientôt de nouveaux efforts furent faits dans cette voie. Revenant à l'ancienne idée de Lalande et du baron de Zach, l'illustre Bessel proposait en 1824 à l'Académie des Sciences de Berlin de prendre la direction d'une revision complète des étoiles de la zone zodiacale jusqu'à la (f ou 10" grandeur et d'en publier les résultats en un catalogue et une série de Cartes, afin d'avoir à la fois et la nomenclature et la représentation de toutes les étoiles qui se trouvent dans cette zone jusqu'à cette limite de grandeur. De cette façon, disait-il, « en dirigeant une lunette vers un point quelconque du Ciel, on pourra immédiatement savoir s'il s'y trouve quelque chose de nouveau ».

Ce travail, réparti par heure d'ascension droite entre une vingtaine d'astronomes et commencé en 1826, dura jusqu'en 1809. Il fut l'origine d'un essor décisif dans la découverte des petites planètes (').

Encke. Astrée. — Le 8 décembre i845, un amateur passionné de l'Astronomie, Encke, secrétaire des Postes à Driesen (Allemagne), remarqua autour de Vesta, alors en opposition et brillant d'un vif éclat, une étoile de cf grandeur qu'il n'avait point encore vue à cette place et qui n'était point marquée sur ses Cartes journalières, quoiqu'elles continssent beaucoup d'étoiles de çf à 10'' grandeur et toutes les plus brillantes; elle n'était pas indiquée non plus sur la Carte de l'heure IV^ de l'Académie de Berlin, correspondante à sa position, quoique le professeur Knorr, qui en était chargé, l'ait faite avec un soin extraordinaire et qu'il y eût marqué toutes les étoiles jusqu'à la lo*^ grandevir inclusivement.

Encke reconnut bientôt que celte étoile se déplaçait parmi les autres et qu'en conséquence c'était une planète. Dès le 29 décembre, il en calculait l'orbite par la méthode de Gauss : son demi-grand axe était à peu près égal à ceux des planètes précédentes, c'était donc un astéroïde circulant comme eux entre Mars et .Jupiter; on le nomma Astrée. Mais, son orbite ne passant par aucun des deux points que

(') V'oir pour plus île détyils sur l'historique de ces caries : Traité d'Astronomie stetlaire, par Cii. Andrk, vol. I, p. 61 et suivantes.

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