I. — Bandes équatoriales
fjC caractère le |)lus saillant et le plus permanent de Ju|»iler est rexistence des bandes ('-qualoriales de Zucchi et Fontana, qui ont servi à la première démonstration de la lolalion de cette planète et à la pn-iiiièrc détermination de sa durée (9''55"') {fig- 55 et 56).
Leur portion fondamentale, toujours visible sur le fond plus lumineux du disipie de la planète, se compose en gén<''ral de deuv larges bandes soinhi'cs parallèles à [('(pialenr. conq^renant entre elles une zone Itidhinle de largeur nioxenne d à peu près ^- du diamètre de
Fis. 5
1899, 3o mai. — 9*'5'". — (E.-JNl. Antoniadi
Fis. 56.
i^'9f), f\ juin. — 9''()"'. - ((1. l-'l iiiimiir-inii ). Dessins de Jupiter laits à Jmisy.
CHAPlTRIi: IV. — JLPITER. I I9
Jupiter et que certains observateurs, comme Tacchin en i8-3 et de Gothard en i883, signaient comme généralement colorée en rouge faible de rouille. Leurs bords extérieurs sont en général bien définis et parallèles à l'équateur. Leurs bords intérieurs sont au contraire assez irréguliers et forment comme une série de baies et de caps.
Ces bandes changent de forme d'une façon, en général, graduelle et progressive, mais parfois aussi en un petit nombre de jours.
Ces modifications sont toujours simultanées sur chaque bord des deux bandes : la matière qui les forme a ainsi de part et d'autre de l'équateur un mouvement de direction opposée qui les en rapproche ou les en éloigne en même temps, de telle sorte qu'elles se rétrécissent ou s'élargissent simultanément, en même temps que leurs milieux se rapprochent ou s'éhjignent de l'équateur. Dans certaines oppositions, comme 18^9 et 1882, ces deux bandes se sont réunies en une seule, d'un blanc grisâtre et symétrique par rapport à l'équateur.
Cette dépendance des deux bandes équatoriales s'accuse encore dans leurs variations de couleur. Pendant la durée (12 ans) de la révolution de Jupiter, elles passent périodiquement et simultanément du rouge au blanc bleuâtre; mais ces variations s'y produisent en sens inverse, le maximum du rouge de l'une correspondant à la teinte bleuâtre de l'autre et inversement.
De chaque côté de l'équateur et au delà des deux principales sont <les bandes sombres plus faibles, de même direction, séparées aussi des premières et les unes des autres par des zones plus brillantes; leurs grandeurs et leurs positions sont variables et parfois assez rapidement; elles ont toujours été notées comme sombres et sans coloration sensible et elles ne s'étendent guère au delà de 4o° de latitude jovienne. D'ailleurs, par suite de la sphéricité de la planète et de son éloigiiement, nous ne sommes que peu ou mal renseignés sur sa surface au delà de 60" à 65" (2" du limbe); les objets qui peuvent y exister nous sont alors pratiquement invisibles : nous savons seulement que. les régions voisines des pôles se distinguent, en général, par une nuance plus claire.