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II. — Atmosphère de Vénus

Allongement des cornes du croissant. — Lorstjue, vers l'époque des conjonctions inférieures, Vénus se montre à nous sous la forme d'un [croissant très délié, les cornes dépassent souvent beaucoup la demi-circonférence, limite géométrique de son étendue, et parfois même occupent les trois quarts du cercle (Trouvelot).

Schrœtcr. — Cet allongement a été signalé pour la première fois par le célèbre astronome de Lilienthal, Schrœter, qui, de 1779 à 1794? fit des observations nombreuses et soignées de Mercure et de Vénus; il l'a expliqué par une réfraction des rayons solaires à travers son atmosphère, i^es dimensions de cet allongement donnent aisément la valeur de la réfraction horizontale à la surface de cette planète et, par comparaison a\ ec sa valeur à la surface de la Terre, une indication assez approchée de la densité de l'atmosphère à la surface de \énus.

Mœdler et Neison. — Les mesures de Schrœter ont été reprises

(') Lors du passage de 187'). et malgré l'Iuimidité considérable de l'atmosphère à notre station de Nouméa, nous avons pu, M. Angot et moi, apercevoir d'emblée Vénus à l'œil nu en plein midi jusque quatre jours avant la conjonction.

en 1849 à Dorpat par Ma?dler et Ljman. La discussion de cet ensemble d'observations a conduit l'astronome anglais Neison (i8'y5) au chiffre de 53' 4o" pour valeur de la réfraction, et par suite à celui de 1,9 pour densité relative de l'atmosphère de Vénus à sa surface, densité sensiblement double de celle de l'atmosphère terrestre à la surface de notre globe. Il semble alors probable qu'en observant Vénus aussi près que possible de la conjonction inférieure, cette atmosphère doit nous apparaître, sur le fond relativement sombre du ciel, sous forme d'un anneau lumineux, dû à son éclairement par les rayons solaires qui la traversent; c'est, en effet, ce qui a été souvent constaté.

Vénus à sa conjonction inférieure, Derham, Zenger, Perrotin. — Tl convient d'en rapprocher un autre fait bien curieux.

A cette phase, où la presque totalité de l'hémisphère tournée vers nous ne reçoit aucun rayon du Soleil et par suite devrait être invisible, les lunettes nous montrent, en plein jour et même en plein midi, la totalité du disque de la planète.

La première constatation de ce fait estdue à Riccioli (9 janvier i643) et elle a été souvent renouvelée depuis; la planète apparaît alors sous forme d'un disque de couleur rougeâtre ou gris cendré suivant les observateurs, à l'intérieur du croissant formé par la lumière directe du Soleil.

Les observations les plus décisives de Zenger sont des 8 et 9 janvier i883, unmois après la conjonction inférieure (6 décembre 1882); elles ont été faites entre ô** et 8'' du matin, par un ciel d'une limpidité parfaite. •

« Je ne m'attendais pas, dit-il, à un aussi ravissant spectacle; non seulement le disque entier de Vénus était visible, mais il s'y montrait une quantité de détails qui ne pouvaient laisser de doute sur la réalité du phénomène.

» Le caractère le plus saillant de l'observation est l'anneau, que j'ai pu découvrir tout autour du disque (partie obscure et croissant), rouge bran, plus prononcé sur le côté éclairé que sur la portion obscure du limbe, mais d'une couleur cuivreuse spéciale, ayant la plus étroite ressemblance avec la teinte cuivreuse que prend le disque d{! la Lune dans une éclipse totale. »

Quelques années plus tard ( 1890) Perrolin refait à l'Observatoire

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