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CHAPITRE III. — SATELLITES DE JUPITER. I

et par suite à peu près égal à celui du satellite de Barnard (V). Mais, au lieu d'être, comme ce dernier, intérieurs au syslème des quatre satellites anciens, ils lui sont au contraire bien extérieurs {fig. 82); leurs distances à la planète, d'ailleurs assez peu ditlerentes l'une de l'autre, étant en moyenne de 160 rayons de Jupiter, soit six fois plus grande que celle du dernier des satellites anciens. Autres détails intéressants :

1° Les orbites de ces deux satellites sont comme les cinq autres à peu près également inclinées sur l'écliptique; mais leurs plans, au lieu de se presque confondre avec ce dernier, sont très inclinés sur lui et, fait curieux, font avec lui sensiblement le même angle (3o") que le plan commun des anneaux et des satellites de Saturne;

2" Tandis c|iie les six autres satellites se meuvent dans des orbite» à très faible excentricité ((^,007 au maximum pour Callisto^, l'orbite du satellite VI a une excentricité relativement considérable, 0,16, et comparable à celle de Mercure.

D'autre part, les perturbations éprouvées par le satellite VI sous l'action du Soleil sont plus grandes et plus compliquées que celles, de tous les autres satellites connus du système solaire. Ainsi cette action détermine un mouvement rétrograde du nœud de l'orbite de i",i6 par an, qui lui fait faire le tour de l'écliptique en 3io ans.

Nous ajouterons que le satellite VI a pu être obser\é directement par M. Hammond (8 janvier 1900) avec Téquatorial de o"',66 de l'Observatoire de ^^ asbington.

Satellite J III. — Le 2- janvier 1908, M. Melotte, astronome à l'Observatoire de Greenwicb, signalait l'existence, dans les clichés qu'il venait d'obtenir de la portion du ciel environnant Jupiter, d'un astre nouveau très faible (16'^' grandeur] qu'il supposa être un astéroïde et qu'il dénoiiiuia sui\ant la règle admise ( CJ, 1908). Mais les observations ultérieures poursuivies assidùiuent à Greenwich pendant les mois de février et mars, ainsi que celles du D' Wolf à Heidelberg et des astronomes de Lick, montrèrent que cet astre ne s'éloignait jamais de Ju|)iU'r et suggérèrent l'idée qu'il pouvait être un nouveau satellite de cette planète : elles fournirent à M.. Crommelin des données suffî.santes pour en calculer l'orbite relative. D'après cet astronome, ce satellite serait deu.v fois au moins plus éloigné de Jupiter

que les satellites VI et Vil (45o fois le rayon de la planète) et sa révolution s'efFectuerait en environ trois ans et demi.

Mais, fait absolument inattendu, son mouvement serait rétrograde (inclinaison 148"); au point de vue cosmogonique, cette anomalie a une importance considérable.

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