‹ Les planètes et leur origineChapitre 81 sur 139 · CHAPITRE tV · texte numérisé non relu

CHAPITRE tV

SÂTKLLTTKS DK SATURNK.

Les époques où Saturne est sans anneaux apparents, déjà remarquables par elles-mêmes, ont en outre un immense intérêt pour les facilités qu'elles ont données à l'étude de ce monde curieux; et voici pourquoi :

Eu raison de leur "rand éloii-nement les satellites de Saturne nous apparaissent tous, sauf peut-être Titan et dans les grands instruments, absolument semblables à des étoiles et sans diamètre apparent sensible. Ce ne sont plus des disques éclairés, comme les anciens satellites de Jupiter; ce sont de véritables images stellaires, que rien ne distingue à première vue des étoiles faibles qui les avoisinent.

Dun autre coté, dans la majeure partie de l'année saturnienne, ces satellites, lorsqu'ils sont près de la planète, sont souvent éteints par l'éclat des anneaux ou bien disparaissent derrière leur vaste ensemble : s'ils en sont loin, ils s'éparpillent autour d'elle, par suite de la forte inclinaison de leurs orbites sur l'écliptique, au milieu des étoiles qui l'entourent et en tout semblables à elles.

Il faut donc, en général, pour qu'ils sollicitent l'attention, qulU nous apparaissent comme appartenant au j)lan des anneaux, ce qui est la cai-actérislique des époques dont nous parlons; et, c'est par suite à leurs environs cpi'on aura la plus grande cbance de les apercevoir la première fois.

Mais, même dans ces circonstances faxorables, il fallait pour les découvrir que l'on disposât de lunettes plus lumineuses et plus nettes que celles de (ialilée. Ce progrès; fui réalisé jjar Hujgens(') et lui valut en i65,5, alors que Saturne était à peu près sans anneaux (//i?.8.'>), la découverte de Titan, le plus gros d'ailleurs des satellites de Saturne,

( ' ) La lunelte diluviens avait \"' de loyer ci i)™,ii d'ouverture : il la réiliiisail souvent à o'", ofi par un diapliiagine.

que Hujgens jugea plus gros que le plus gros satellite de Jupiter, et

dont Téclat est de 8*^ grandeur.

Fie. 83.

Saturne sans anneaux avec Titan.

Seize ans plus tard, i6^i et i6'-2, et, par suite, sensiblement dans les mêmes conditions d'aspect de Saturne, mais avec des lunettes plus puissantes (33'" et 45'" de foyer) que celles d'Huygens, J.-D. Cassini découvrit deux nouveaux compagnons à Saturne, Japet et Rhéa, etàla période suivante (i684) cet illustre astronome nous en fit connaître deux autres, Téthjs et J3ioné.

Après cette brillante moisson on parut abandonner l'étude du système de Saturne. C'est seulement un siècle plus tard, lors de la période sans anneaux de 178g, que W. Herschel la reprit avec son télescope géant de i3"' de foyer; deux nouveaux satellites, d'éclat beaucoup plus faible que les cinq déjà connus, Mimas et Encelade ('), vinrent alors s'ajouter à eux.

Cinquante ans plus tard (1848) et encore au cours d'une période sans anneaux, l'astronome américain G. -P. Bond, à l'aide de la lunette de o'",36 d'ouverture qu'il venait de faire construire pour l'Observatoire d'Harvard Collège, et qui était alors l'une des plus puissantes, parvint à découvrir entre les deux anciens satellites extrêmes, Titan et Japet, un huitième satellite, Hypérion, plus faible encore que les précédents et dont l'éclat est de i3^ grandeur.

(') Les noms sous lesquels nous désignons les satellites de Saturne leur ont été donnés en 1847 P*'' ^- Hersctiel, afin d'éviter la confusion qui résultait de ce que certains astronomes les désignaient par l'ordre chronologique de leur découverte et d'autres par ordre de distance au Soleil.

Page 1