CHAPITRE IV. — SATELLITES DE SATURNE. 20i
Depuis Bond, l'observation directe la plus attentive n'a rien ajouté au monde déjà si riche que constitue cette magnifique planète. Mais tout récemment la photographie pei'mit à W. Pickering de découvrir deux satellites nouveaux; nous en parlerons plus loin.
Relation entre les durées de révolution des quatre premiers satellites. — 11 existe entre les quatre premiers satellites une relation analogue à celle qui lie les trois premiers satellites de Jupiter :
1° La durée de révolution du troisième satellite, Téthvs, est double de celle du premier, Mimas; de même la durée de révolution du quatrième, Dioné, est double de celle du second, Encelade (cette remarque est due à W. Herschel);
1° Il J a le même rapport, i, ^z>, entre les durées de révolution du second et du premier satellite qu'entre celles du quatrième et du troisième ( ' ).
Jl y a donc entre les quatre premiers satellites un lien spécial et plus étroit, qui n'existe pas pour les quatre derniers.
Quelques détails sur les satellites. Rétrogradation des nœuds de Titan. Bessel.
Les sept satellites intérieurs se meuvent sensiblement dans un même plan, celui de l'anneau, faisant avec le plan de l'orbite de la planète un angle d'environ 3o° : Torbite de Japet fait avec lui un angle moitié moindre.
I^e plus connu de ces satellites est le plus gros, Titan, que Bessel a si soigneusement étudié en i838; cet illustre astronome a démontré que, comme pour notre Lune, mais beaucoup plus lentement, les nœuds de son orbite rétrogradent constamment. Cette rétrogradation qui n'atteint que 24' 29" par siècle, à peu près i5" par an et qui indique une rotation conique de l'axe de ce plan en 86400 ans, est due à rintluence attractive de l'anneau de Saturne.
(') On conclut de ces relations, combinées avec le mouveinenl de la planète autour du Soleil, qu'au bout de (65J, i8 ces quatre satellites se retrouvent, ainsi que l'a remarqué fl'Arresl, dans les mêmes positions relatives aussi bien entre eux qu'avec le Soleil et la IManéte.
2o4 SECONDE PARTIE. — SATELLITES.
Diamètre de Titan. Barnard. — Dans ces dernières années, et avec la lunette de o'",gi d'oiiverliire de TObservatoire Lick, M. Barnard a pu mesurer le diamètre apparent de Titan : il Ta trouvé égal à o",6, le diamètre équatorial de Saturne étant de i"", 7. Ceci correspond pour le satellite à un diamètre linéaire de 365o''"', sensiblement égal à ceux de la Lune et du premier satellite de Jupiter.
Gt>mbinées avec la masse 0,0002, ces dimensions conduisent à une densité (o,64o) cinq lois plus forte que celle de Saturne et sensiblement égale à celle de noire Lune.
De même, dans le monde de Jupiter, Europe, son second satellite, a une densité deux fois plus forte que la sienne, tandis que la densité de la Lune n'est, au contraire, que les deux tiers de celle de la Terre.
Eclats des satellites. Leurs variations. — D'après W. Herschel l'éclat de Japet varierait périodiquement dans le cours d'une Jrévolution; il serait maximum vers 70^' de longitude et minimum en un point diamétralement opposé, et leur différence serait de trois grandeurs stellaires. Plus tard, Schrœter annonçait des variations analogues, quoique beaucoup plus faibles dans les éclats de Thétjs, Dioné et Rhéa.
En vue de contrôler et préciser ces affirmations, M. E. Pickering fit à l'Observatoire Harvard, de 1877 à 1878, une série de mesures photométriques dans laquelle il comparait les éclats des satellites entre eux, et aussi à celui de Saturne pris comme étalon (').
Voici les résultats obtenus par lui pour les éclats estimés en diftérences de grandeurs stellaires avec le globe de Saturne et les diamètres équivalents ([ui s'en déduisent, en supposant à la planète et à ses satellites le même albedo.
(') Le ^4 novembre 187S il put comparer les huit sateliites.il observait aisément, dit-il, Hypérion, même par la pleine Lune.