CHAPITRE IV. — SATELLITES UE SATURNE. lOj
Diamètre équivalent
Différences ^ — ^- — ■ ^
avec le globe en diamètre en kilo-
Noms, de Saturne. de Saturne. mètres.
Mimas i')*)! o,oo4i 47o
Enceiacie ( ' , 'io o,oo5'2 Ô94
Thétys 10,46 0,0081 ^ 916
Dioné "J^^T 0,0077 871
Rhéa 9j^8 0,0106 1197
Titan 8,Jo 0,0200 '2259
Hypéi-ion i2,<Si 0,0027 3 10
Japet 10, Ho 0,0069 7^3
OuanL aux variations d'éclat, celui-ci a été trouvé pour tous, sauf pour le plus éloigné Japet, absolument indépendant de la position du satellite sur son orbite; l'éclat de ce dernier présente une variation périoditjue dont l'amplitude est d'une grandeur et demie, et dont le maximum (11^,'^) et le minimum (io''?,3) se produisent très approximativement aux deux points diamétralement opposés de l'orbite qu'avait indiqués W. Herschel ((3o" et 23o" de longitude) (').
Un satellite tournant nécessairement sur lui-même en même temps c(u"il se transporte autour de la planète, on est tout naturellement porté à attribuer ces variations à la rotation elle-même. C'est ce que lit Herscliel. Pour lui, Japet eft'ectuerait, comme la Lune, sa rotation axiale dans le temps même de sa révolution et autour d'un axe sensiblement perpendiculaire au [)lan de son orbite, de façon à tourner toujours la même face vers Saturne; en outre, cet astre serait partagé en deux parties d'albedos différents.
Pour juger cette hjpotlièse, plaçons-nous dans un cas extrême devant donner la variation d'éclat inaMimim, celui où Japet serail partagé par un de ses méridiens en deux liémispbères, chacun siiperliciellement homogène, mais d'albedos ditl'érents , et supposons l inclinaison du plan de l'orbite sur Técliptique telle que l'axe de rotation puisse à un moment donné se confondre avec notre ligne de visée et à un autre lui être perpendiculaire; dans le premier cas, l'éclat sera constant et moyen, dans le second il sera variable et l'amplitude de sa variation sera iiiaximiun; d'après les mesures de Pickering, les deux éclats extrêmes devraient être dans le rapport de 4
(') l'iclvcring disposait de jo nuil> d'ulj?fi\<ili(in en 1^77 et de joi en 1878.
2o6 SECONDE PARTIE. — SATELLITES.
à 1. Ce sont des conditions d'inégalité déjà bien difficiles à admettre pour un corps dont on doit croire tout au moins la surface complètement solidifiée, et cependant les différences de constitution des diverses parties de cette surface devraient être bien plus grandes pour tout autre mode de distribution que celui de cette hypothèse simple.
Aussi a-t-on pensé à faire intervenir la forme forcément ellipsoïdale du satellite; mais alors l'albedo étant en moyenne le même sur toute sa surface, le rapport des diamètres polaire et équatorial devrait être voisin de 3 à 4, aplatissement hors de proportion avec tout ce que nous connaissons dans le système solaire.
En résumé, les variations d'éclat de Japet sont certaines, mais nous ne pouvons pas les expliquer.