‹ Les planètes et leur origineChapitre 9 sur 139 · CHAPITRE I. — MERCIRE ET \ ÉM S. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — MERCIRE ET \ ÉM S. l

analogue à celui de nos aurores boréales, et cette hypothèse, défendue plus tard par l'illustre Bessel, et rej)rise ensuite par Schiaparelli et Perrotin, leur a servi d'argument en faveur de la durée de rotation qu'ils préconisaient pour Vénus.

Beaucoup d'astronomes et parmi eux Zenger y voient au contraire le résultat de l'illumination jjar diffusion de l'atmosphère épaisse qui entoure la planète.

Etant données les différences d'aspect qu'ont signalées les di\ers observateurs, il est bien difficile de se décider en fa^eur de l'une ou l'autre de ces explications. Il convient cependant de remarquer que la seconde, qui rend compte également de l'anneau observé parZenger, est universellement admise pour d'autres phénomènes analogues que nous allons décrire.

Aspect de Vénus lors de ses passages sur le Soleil. Mouchez, Vessey. — Lors de certaines de leurs conjonctions inférieures, Vénus ou Mercure, se trouvant à une distance angulaire de l'écliptique moindre que le demi-diamètre apparent du Soleil, sont vus par une certaine portion de la surface de notre glol)e comme traversant le disque solaire suivant des cordes plus ou moins distantes de s(»n centre : c'est ce que l'on appelle un passage de la planète sur le Soleil.

Pour les observateurs de cette portion du globe, ces deux planètes, au fur et à mesure de leur rapprochement angulaire de l'astre radieux, se plongent progressivement dans ses rayons; et si elles sont entourées d'une atmosphère un peu dense, il semjjle probable que son existence doit se manifester par des apparences lumineuses se superposant à l'aspect géométrique que présenterait le passage d'un disque obscur de petit rayon sur un disque lumineux beaucoup plus grand .

C'est, en effet, ce qu'ont signalé un certain nombre d'observateurs lors des passages de Vénus de 18^4 et de 1882.

Voici, par exemple, ce qui résulte du Rapport de Mouchez sur son observation faite à T île Saint-Paul en 18-4 (objectif de o"', 24).

19 minutes avant le premier contact interne, Mouchez aperçoit subitement le disque entier de Vénus dont la moitié environ, encore hors du Soleil, est dessinée et rendue visible par une pâle auréole plus brillante |)rès du Soleil, surtout du coté droit, que vers

le sommet de la planète et qui persiste jusqu'au contact autour de la partie du disque de Vénus extérieure au Soleil. De même, après le second contact interne, cette portion extérieure devient également visible par une apparence lumineuse absolument analogue.

Cette auréole, qui se montre ainsi à 20" environ du bord du Soleil, lui a paru formée de deux parties distinctes : une lueur pâle ayant environ de 2" à 4" de largeur, difficile à bien mesurer parce qu'elle se fondait par dégradation insensible dans l'atmosphère solaire, et ensuite une ligne brillante excessivement fine, bordant directement la planète. Cette ligne était sensiblement plus brillante que ne le comportait l'augmentation progressive de la lumière de l'auréole, en allant de la circonférence vers le centre, elle était aussi sensiblement plus brillante près du Soleil qu'au sommet de la planète; mais le petit reflet brillant avait si peu d'épaisseur qu'il n'a pas été possible de le rendre visible dans les figures 5 et 6, qui représentent ces apparences à deux instants diff'érents de l'entrée de la planète.

VU

Pour M. Vessej qui observait (objectif de o'", i 1 ) le même passage à Woodford, dans les montagnes Bleues (Nouvelle-Galles du Sud), les apparences se réduisent à ce filet lumineux.

18 minutes avant le premier contact interne, « le limbe de Vénus était défini par une ligne fine de lumière, portion d'un véritable anneau de lumière beaucoup plus brillant du coté nord. Cette ligne lumineuse était très distincte, Vénus formant un cercle com- P'et» (/s- 7).

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