CHAPITRE VIII. — MASSES DES PLANETES ET DE LEURS SATELLITES
passée fort près de Jupiter de façon à être 58o fois plus rapprochée de cet astre que du Soleil. L'action de Jupiter devenue prépondérante avait modifié la durée de sa révolution, qui auparavant. était beaucoup plus grande, et en avait fait une comète à courte période.
Mais, fait bien curieux encore, cette comète de Lexell on ne l'a pas revue depuis 1770 : après cette courte apparition elle semble avoir disparu complètement. La raison en est qu'en 1779 la comète s'est encore trouvée très près de Jupiter, beaucoup pkis près même qu'en 1769, puisque très probablement elle a alors traversé le système jovien entre la planète et ses satellites. Il en est résulté une perturbation considérable et telle que la vitesse de la comète par rapport au Soleil a été assez grande pour transformer son orbite en une autre très allongée ou peut-être parabolique.
Le petit nombre des observations de cette comète dont on disposait ne permit pas d'ailleurs d'en déduire des données relatives à la masse de Jupiter.
Comète de Winnecke. — Heureusement son cas n'est pas unique : d'autres comètes ont été ainsi saisies par Jupiter et ont pu être ensuite suivies assidûment. Telle est la comète de Winnecke, dont la période est de 5,8 ans et qui éprouve du fait de Jupiter des perturbations considéi'ables. On les a calculées avec soin et Ton en a déduit la valeur
- — ; pour la masse de Jupiter : de même l'étude des mouvements
de la comète de Faye a conduit au nombre — ^— identique à celui •^ 1047,2 ■*
que Schur a déduit de l'ensemble des quatre anciens satellites.
Emploi des astéroïdes. — Ceux des astéroïdes dont l'orbite est très excentrique, peuvent parfois s'approcher de Jupiter à une distance huit ou dix fois moindre que celle qui les sépare alors du Soleil et subir de la part de cette planète de fortes perturbations. Nous citerons en particulier l'astéroïde Thétys (7^ dont les perturbations ont été fort bien
étudiées et ont donné le nombre — - — ^ pour la masse de Jupiter.
Remarque. — L'accord des valeurs auxquelles conduisent, pour la masse de Jupiter, son attraction sur des corps aussi denses que les satellites et les astéroïdes et au contraire sur des corps d'une ténuité
IlS DEUXIÈME PARTIE. — SATELLITES.
extrême comme les comètes, est un fait très important. 11 constitue l'une des belles vérifications expérimentales de la loi de Newton. L'attraction de Vunité-de masse de Jupiter sur l'unité de masse de Vun quelconque de ces corps est toujours rigoureusement la même.
Masse de la Terre en kilogrammes. — Il nous reste à exprimer toutes ces masses au moyen de celle que nous prenons pour unité à la surface de la Terre; il suffit évidemment, pour cela, de savoir combien la masse de la Terre contient de fois l'unité choisie. Tel était le but du travail par lequel Gavendish réussit non seulement à mettre en évidence l'attraction infinitésimale exercée par une sphère de plomb pesant i58''^ sur une petite balle de plomb placée à son voisinage, mais aussi de la mesurer. En comparant cette attraction au poids de la balle, qui représente à fort peu près l'action attractive de la Terre, il put dire combien la masse de la Terre renferme de fois la masse de la sphère de plomb et par conséquent combien la Terre pèse de kilogrammes. Ce nombre est sensiblement i58''8 X lo-'' ; il est tellement énorme qu'il ne représente rien à l'esprit. Aussi on l'exprime autrement : on connaît le volume de la Terre et, supposant une distribution fictive uniforme de la matière dans toute son étendue, on peut de la combinaison de ces deux nombres obtenir la densité moyenne de notre globe; on la trouve ainsi égale à 5,38, c'est-à-dire qu'un centimètre cube de cette matière fictive pèse 5,38 fois le poids d'un centimètre cube d'eau (').