Analyse de M. Seeligmann
Caoutchouc ...... 32 .
Matières organiques azotées putrescibles. ... 2.30
Sels à base de potasseet de chaux 9.70 '
Résine traces
Eau légèrement alcaline 55 . 56
Dans le lait de Castilloa eUstica, M. René Guérin signale, d'autre part, la présence de tanin, de matières albuminoïdes et de sels.
1. M. Seeligmann, dans le tableau résumant ses analyses, indique : « sels minéraux à base de soude et de chaux. » Mais dans le texte même il n'est plus question ensuite que de sels organiques a base de potasse et de soude.
Nous avons nous-même trouvé constamment dans les laits de Landolphia du Congo et de Madagascar que nous avons examinés des substances albuminoïdes. Nous n'y avons, par contre, jamais trouvé de sucres réducteurs ; mais, sur ce point, il faut bien remarquer que, malgré la bonne conservation apparente de ces laits, un commencement de fermentation avait pu se produire, qui avait amené la disparition de ces substances.
C'est dans des Landolphia des deux mêmes régions que jadis Aimé Girard a trouvé la dambonite et la matézite, principes cristallins, sucrés, volatils, qui sont les éthers méthyliques d'autres principes sucrés, le damboze et le matézo-dambose.
La dambonite est blanche, très soluble dans l'eau, soluble aisément dans l'alcool ordinaire, mais peu soluble dans l'alcool absolu. Klle ne réduit pas la liqueur de Fehling et ne subit de fermentation ni alcoolique ni lactique. Mais les hydracides concentrés, à froid, et mieux encore, à chaud, la dédoublent ; et, si l'opération a lieu en vase clos, on voit se former, au sein du liquide, des éthers nié thyliod hydrique ou méthylchlorhydrique (suivant l'acide employé), tandis que dans la liqueur acide reste en dissolution une matière nouvelle neutre, à saveur sucrée, non volatile, cristallisable, et offrant la composition d'un glucose desséché, le du mitose. La dambonite a été extraite d'un n'djemho, qui est un des Landolphia du Gabon-Congo.
La matézite, qui est une substance analogue, a été extraite du lait du maleza (?) de Madagascar.
Ces principes ne sont pas d'ailleurs particuliers aux La ndolpliia, car A. Girard a encore retiré la hornésile du lait d'un Urccola (?■ de lîornen.
Quant aux composés organiques azotés, dout la présence est constante dans les laits à caoutchouc, ils sont de nature encore mal déterminée : il y aurait cependant d'autant plus intérêt à les connaître que c'est leur facile fermentation qui est une des principales causes de l'altérabilité «les caoutchoucs bruts, et del'odeurnauséabonde que dégagent les produits mal préparés.
Malheureusement c'est aussi cette facile fermentation qui,
Il 1 \ll.\
par l'altération qui en résulte, rend impossible une analyse
i complète des bits qui nous parviennent en Europe,
*>i 1>i .-i t conservés t [ u'ils puissent être, De telles analyses ne
pou tre utilement faites que sur place, et les recherches
fait* iiiiliiiniis sont encore peu nombreuses. Celles
qui ont été tentées jusqu'alors dénotent seulement la pré-
Uquides examinés, d'albumine, <!<• globultne
et de peptone. Ainsi, d'après M. Milieu, le latex du Munihoi
ntient une globuline qui çule .< le chaleur
vers 74' % 7t'." <;. ; ]<• latex <lu Caêtillo* el&stica contient
albumine acide, qui forme, par neutralisation, un précipité
lîneux. Nuits verrons plus Loin le rôle que l'auteur
'ils fait jouei ;■ ces albuminoïdes dans la coagulation des
Commi its minéraux, le sérum contient surtout de la
le la potasse, de la soude, de la magnésie <•( du fer, -vont combinés ^mt avec des acides minéraux, soit avec organiques, 1>.<us le latex des llcii.i. par exemple, M - nna reconnu la présence de sels organiques de
chaux i I dépotasse. Dans le lait du Finis pIhsùi-h. Adriani a trouvé, en outre, des sels magnésiens, qui manquent dans le ut.
Dans le lait des Landolphia} potasse et chaux sont oombin .1 l acide < > x .- 1 1 ï ( ( i ;
Enfin voici l'analyse plus . i i faite récemment, au
de chimie de Guatemala, M. René Guérin, sur un lait de Caêlilloa slsstica provenant de Mazatenango. Les lies, qui représentent I ï- " ., de ce lait, contiennent
Silice .. :».!■.:
Acide phosphorique . . . .1 .08
\rirlr Bulfurique i ,5 \
Calcium. . 2.80
Magnésie. . <».;r.?
Potas mu .i l'i (.il (le chlorures 18.80
M ' dans le même lait la présence
Mais nous répétons, au sujet de ces analyses, la remarque que nous avons déjà faite plus haut pour les dimensions des globules : il peut y avoir de notables différences, au point de vue de la qualité comme de la quantité, non seulement entre espèces, mais même, pour une seule espèce, suivant la saison, comme suivant l'âge du végétal producteur et la partie de ce végétal sur laquelle le liquide a été recueilli.
Dès 1851, Adriani, en opérant sur un Ficus elasfica de 2 mètres 23 de hauteur, avait reconnu que le lait est d'autant moins riche qu'il provient d'une partie plus élevée, et, par suite, plus jeune, de l'arbre ; car il avait retiré des latex obtenus à diverses hauteurs :
à 0m, 30 25.15 •/„ de matière solide.
La richesse du latex diminue donc sensiblement au fur et à mesure que l'arbre ou les parties de l'arbre sont plus jeunes. Et il semble qu'il en soit de même généralement pour la valeur du produit.
Le fait fut constaté pour la première fois en 1835, à Heidelberg, par Nées von Esenbeck et Clamor Macquart. En incisant un Ficus elastica, âgé de douze à quinze ans, qui poussait au Jardin botanique de la Ville, et en examinant le produit de la coagulation du latex, ces deux expérimentateurs reconnurent que les jeunes branches ne donnaient qu'une substance gluante et résineuse, qu'ils appelèrent viscine K Le tronc seul fournit une matière élastique analogue au caoutchouc.
On pouvait, il est vrai, objecter que le Ficus étudié poussait à Heidelberg, c'est-à-dire sous un climat tempéré, et qu'il n'y avait pas lieu, dès lors, de trop s'étonner que le produit fût mauvais.
i. C'était le nom qu'avait déjà donné Macnirc à une substance analogue qui découle de l'involucre du Carlina gummifera Less.
pendant il était aussi pe a de répondre que le Eut
1 pas moins que, toutes conditions égales, il peut •. avoir une différence décomposition entre !<■ lait des ■ lui ilu tronc. Des obsen alions • nns l;i /.«■ne tropicale, prouvent, en effet, que c'eal I>k-ii ee qui a lieu généralement, même dans les pava d'orioa les plus dn ci m osi, s la fin de 1899 M. Parkin publiai! un long et iut<-sur la culture des plantes ■ caoutchouc a reanl précîaémenl cette question de savoir sur quelle partie des arbres il est le plus avantageux de Faire porter les incisions, il concluait que seul le tronc doit
I les feuilles » ne contiennenl pas aoutchouc parlait, mais plutôt une substance qui pour* e sppelée viscine. »
Les . xpériences de M. Parkin uni été Faites sur les //<
s Custilloa.
Pour les Hevea, <lil L'auteur anglais '. * le caoutchouc i tirait jeunes tiges el des Feuilles n'a pus les mêmes propriétés
li extrait du tronc adulte. En l'ail, 1rs qualités esst-n-
t îeU mtebouc ne sont goère représentées dans ce caout"
k; des parties jeunes de l'arbre Les mêmes observations n'appliquent au caoutchouc tiré des capsules, avant la maturité quelles soient particulièrement a latex dans leur couche externe. Nous n avons pu non . d'une manière définitive, si le défaut tienl au ouc même ou a la présence simultanée, dans le latex, luelque substance qui lf déprécie; cependant il est plus probable qu'il 3 ■■< des différences dans la nature chimique des irloliuli s de caoutchouc mêmes. En faisant Imuillirun peu de atex jeune avec de l'alcool, et en filtrant ensuite, ou ni un filtrat limpide, qui, additionné d'eau, se trouble à <pii indique qu'il n'y a que des traces do résine, des parties adultes se comporte de même, ne oon- It-iiaul, lui aussi, que des traces de résine. 11 ne semble
I 1 «le !.. th'iiif ihn Culture» ruloniule» 5 mai tUOO .
^i LES PLATES A CAOUTCHOUC
donc pas que l'infériorité de ce caoutchouc des jeunes pousses puisse être attribuée à une plus grande proportion, dans les organes jeunes, de résine ou de quelque antre matière soluble dans l'alcool. En admettant, comme nous le
faisons, que les globules de et- lale\ lie soient pas constitués par du OaOUtchoUC Véritable, il n'v a pas de ilissi >l\ aiil (pu
puisse faire espérer d'extraire de cette source du caoutchouc marchand acceptable. Conséquemment, à notre avis, l'extrac-
t lu caoutchouc des jeunes pousses d7/erc< esl ehoee
irréalisable. »
« l'our ce qui esl du CastiUoU, écrit ensuite M. Parkin. le latex des pousses fouillées et des feuilles tnéiucs, frotté entre le pottce cl l'index, s'u«ff*loinère en une substance très vis-
qneuse, totalement dissemblable de ce que donne le latex oaoutohoutifere <lu tronc adulte.
NOUS en tvona recueilli un peu dans des tulies a essai el nous l'aVOnS mélangé avec de l'eau : les particules solides
tombèrent au fond, en petite grumeaux, au lieu de snrnag Apres les avoir séparées de l'eau et séchées sur une surface poreuse, nous obtînmes une matière fragile, ni élastique ni extensible, devenant visqueuse dès qu'on la chauffait tant soit peu . d suffisait môme simplement de la frotter entre le pouce et l'index, Nous ,i\oiis I,,, t i., comparaison de la solubilité
dans l'alcool bouillant de cette matière et du produit normal
lire du li"i" . telle expérience nous ,. appris que le produit
jeunes pousses contient, en plus grande quantité que
l'autre, uno KclusivemesH soluble dans l'alcool chaud.
Il app.u.nl donc que, dans les jeunes pousses, le caoutchouc
smplaoé, an premier heu. par cette substance que nous
RVOI ', et qui est iinuue dans d'autres
plantée < laies : que. an plus, jusque un certain point, les
disputent U place » BJ * iv inc même.
Nous .(\ous également etudo -- . BSent la qualité du
atchoui de lieras de CeaftVIea aérant de 12 à 2-" centimètres
■ -■' a * pts par
1 1 ^vm> r« ( SI J [*r v
m i \ri \
oco en mélangeant le !al<-\ pecueUK avec de l'eau, les particules solides Burnagèrent en Formant une sorte de
i ïelle-d fui enlevée, de nouveau mélangea w\ !<•
l'eau, puis écrémée, enfin séchée sur une surface poreuse Le
insi obtenue était légèrement via- [uail 'I élasticité ei de Force : !<• caoutchouc mais peu élastique; dilaté, il ne revenait ni .1 sa première l'orme. Le produit ressemble ■ h «1rs poussée â'IIevêa : il est intermédiaire entre le caoutchouc fie Castillou provenant dea troncs adultes et des s ■!'• premiei ordre, d'une part, •■( celui des pou de la même espèce, d'autre part.
Tout ceci est de l-'i première importance; et la conclusion lle-ci le C&MtUloê ne peut en aucune manière le bonne qualité tant que le tronc pas atteint une \xt relativement Forte. Quant ans
Feuillées, elles ne peuvent fournir >\> caoutchouc irle, car elles n'en contiennent pas ; elles contiennent ' la place, un corps visqueux, absolument dénué propriétés qui déterminent les applications industrielles du caoutchouc. »>
aient déjà observé autrefois Nées von Ëaen-
Macquaii pour le Ficus elaâtica serait vrai également
i dea Castilloa. Deux autres observations <[u<-
nous allons encore citer étendent les mêmes conclusiona ;i
L nu >i dur- ,;. M Schlechter, *\w le » Kolonial wtrtschaB
ps Komitoc »de Berlin n I Sï*î*- 1 *.M>t>, il'uno mis-
sur la < lentale d'Afrique, au Cameroun et dans le
• «In Congo. En incisant des Landolphia et des Funtamia^
on du Ngoko, cet explorateur reconnut, lui aussi,
iju il h \ ,i\;ut pas de caoutchouc dans les jeunes feuilles ni les
mais une substance poisseuse inutili-
in que nous mentionnerons a été faite s zélés i on espondants, dunt le ■ plusieurs repris» s, dans le cours de cet ouvrage, M. Perrier de la Bathie.
Une première fois, M. de la Bathie nous avait adressé de Suberbieville des échantillons botaniques du Cryptoslegia madagascariensis, qui est le lombiro des Sakalaves, en nous indiquant que « le latex de la plante ne lui avait jamais donné qu'un produit visqueux et inutilisable. »
Et, en effet, un peu plus tard, nous recevions d'un autre correspondant, sous le nom de caoutchouc de lombiro, des fragments d'une résine brunâtre et cassante, dépourvue de toute élasticité. L'observation de M. de la Bathie semblait donc confirmée lorsque, de nouveau, sous le même nom de lombiro, nous parvint un lait qui, cette fois, nous fournit un véritable caoutchouc ; et , presque en même temps , M. de la Bathie nous annonçait, dans une lettre, qu'il avait, de son côté, obtenu un bon échantillon de la même sorte. A quelle cause fallait-il donc attribuer ces différences ? Notre correspondant pensa successivement à une influence de la saison, puis de la station ; mais, le 6 mars 1901, il nous écrivait : « J'ai enlin élucidé, de façon certaine, la question du lombiro. Je viens de remarquer que toutes les parties jeunes de la plante, et même celle-ci tout entière, lorsqu'elle n'est pas très âgée, ne donnent jamais, en aucune saison, de caoutchouc, qu'il s'agisse de la forme liane ou delà forme arbuste. Toutes les plantes que, après cette remarque faite, j'ai saignées au bas de la tige, m'ont donné du caoutchouc. »
Il ne reste donc, en délinitive, aucun doute, non seulement sur le fait même, niais aussi sur sa fréquence : souvent les parties jeunes des plantes ou les plantes entières trop jeunes ne fournissent pas de caoutchouc, mais une substance visqueuse et résineuse.
Hâtons-nous d'ajouter, néanmoins, que nous n'entendons pas, non plus, pousser trop vite cette conclusion à l'extrême, ni trop rapidement généraliser; il est bien possible que le fait, si fréquent qu'il soit, ne soit pas constant. M. Preyer, par exemple, à rencontre de M. Parkin, dit avoir retiré, à Ceylan également, un bon caoutchouc des feuilles d'IIevea, alors qu'il n'a extrait qu'un produit visqueux et sans élasticité de celles
(le W.ihih*
\lphia h'n/.n - ne voulons pas dire davantage qu'il vaudra toujours mieux, but on arbre ou une liane, inciser le tronc qui
branches, Il fùul tenu corni si, évidemment,
delà plante; et l'observation suivante, que noua
ni rapport d'un administrateur «Ut
ita-Djalon rapport publié par la Dépêche coloniale du
I I octobre 1900 semble en faire f"i.
huis la cour de ta terme de Timbo, esl une Liane
i le tronc a M m. m de diamètre, el qui soutîenl ses
rameaux sur un Combretom^ qu'elle enveloppe complètement.
Quel âge ;i cette liane*? Elle doit être très vieille car les plus
rimbo disent l'avoir toujours vue ainsi.
\ trois reprises, en une période de neuf mois, nous avons
f;iit pratiquer sur < ette li nées h [a mode indigène.
A < baque saignée, I bomme chargé du travail se contenta de
ueillir une boule de 100 grammes. J'ai remarqué que cet
ill-i le tronc, el qu'il s'adressait de
n jeune Imus a une observation «!<• ma part, il
répondit que le tronc, étant trop vieux, ne fournirait presque
Pour ionvaincre, il pratiqua une incision buc
n effet, quelques gouttes seulement de latex affluèrent. Le même individu m'assura que ce ne sont pas les tes qui donnent le plus de caoutchouc; celles dont esj tendre produisent dnvanl
donc bien surtout établi, el ce qu'il importe <lc ne
c'esl <[ii".' Les jeunes plantes, l<-s jeunes rameaux
••I l<s feuilles peuvent, tout au moins dans certains cas et
donner »K caoutchouc et ne
fournir qu'un produit sans valeur Nous .liions voir plus
ii porta ace qu'a cette remarque ■< l'heure actuelle, étant
tics nouvelles méthodes proposées pour la culture
et l'exploitation des plantes i caoutchouc.