RÉCOLTE ET COAGULATION
sira à obtenir d'excellents caoutchoucs. Les Sakalaves, qui n'opèrent cependant pas avec tout le soin nécessaire, ne préparent-ils pas, en effet, les caoutchoucs roses de Madagascar, qui sont des sortes assez appréciées, en ajoutant aux latex des Landolphia du jus de citron ou le suc des fruits de tamarinier. M. Chevalier dit, d'autre part, qu'avec certains sucs végétaux acides, comme celui des feuilles de Bauhinia reticulata, on prépare de beaux caoutchoucs de Landolphia Heudelotii. Enfin c'est depuis qu'ils emploient le suc des bossanga que les noirs du Congo ont, en quelques régions, amélioré la valeur de leurs caoutchoucs.
En résumé, après la coagulation par barattage ou parcentrifugation, sur laquelle nous avons fait une réserve uniquement due à la découverte trop récente du procédé, qui a été encore trop peu expérimenté, les meilleurs modes de coagulation semblent être, par ordre de valeur, l'enfumage, l'ébullition lente et les acides. Beaucoup moins rccommandables sont la coagulation par évaporation sur une surface plane et la coagulation par les sels ; et on peut d'autant plus facilement abandonner ces deux dernières méthodes que tout lait sera toujours coagulablc par l'une ou l'autre des trois précédentes.
Beaucoup de plantes peuvent donner du caoutchouc.
Un chimiste allemand, M. Kassner, prétend même en avoir retiré de notre Sonchus oleraceus L., le laiteron, cette petite Composée si commune le long de nos chemins et parmi les décombres. En épurant la plante par le sulfure de carbone et en faisant bouillir le résidu par l'alcool, on obtiendrait une substance élastique, soluble dans le sulfure de carbone et le chloroforme, et ayant les principaux caractères du caoutchouc
Il serait puéril de donner de l'importance à ce fait, qui n'a qu'un intérêt théorique, mais nous le rappelons pour bien montrer combien peuvent être variées les espèces caoutchoutifères, et qu'il n'y a pas lieu, dès lors, de s'étonner de trouver quelquefois signalées comme telles des plantes appartenant à d'autres familles que Tune des quatre que nous allons citer plus bas.
Ainsi on a pu voir, dit-on, il y a une trentaine d'années, à une exposition de Philadelphie, une substance élastique étiquetée sous le nom de caoutchouc de Durango, et qui provenait d'une Composée. Il semble également certain qu'on peut retirer un bon caoutchouc de diverses espèces du genre Siphocampylus qui appartient à la famille des Lobeliacées, plantes dans lesquelles les laticifères sont anastomosés en réseau comme chez les Composées Liguliflores. Les deux espèces depuis longtemps citées à cet égard sont le Siphocampylus
LES PLANTES A CAl"MVr<;il"l C
Caoutchouc Don, delà Colombie, et ta Siphncmn^t/his Jamemni&nvê D C, de l'Equateur; et nous nous gardons d'autant plus de mettre en doute cette assertion déjà ancienne que nous avons, nous-même, reçu tout dernièrement de notre correspondant tir (ruavaquil, M. v;m Isschot, des échantillons botaniques d'une piaule ■ dont les cami'iiux et. les feuilles donnent
un excellenl caoatohouc »>, et oui est le Siphoc&mpulus gigtnUut Don. La plante, connue de longue date ilans la région de Quito et dans celle de Bogota, a été trouvée par M. van [sschot dans les Andes de l'Equateur entre 3*000 et 3,500 mètres d'altitude, Notre correspondant ajoute, il est vrai, oue ce n'est qu'en la traitant en grand qu'on pourrait obtenir même an échantillon pour analyse — ce qui indiquerait que ces espèces sont à bien faible rendement et sont encore des plantes sans importance pratique — , mais il n V a pas moins lieu de retenir le faii même que quelques Lobéliacées contiennenl vraiment un latex à caoutchouc.
Cwî dit, les quatre familles dont nous allons nous occuper exclusivement maintenant, pane que ce sont les seules qui renferment des espèces exploitées el exploitables, sont les Euphorbiaoées, les Axtocarpées, lea Apocynées el les A&clé-
piadees.
Il convient} d'ailleurs, de remarquer U>U( de suite que le
nombre dea espèces véritablement intéressantes, ai .^raud qu'il soit, ne l'est pas autant qu'on l'admet quelquefois, car
beaucoup de piaules Boni dites i ÔaOUtCnOUC, qui. en réalité, ne l'ont jamais été
Chez les Ki i-iioioii \i>:».s, quatre genres seulement sont
certainement oaoutchoutifères : les genres fZaoes, AfaniAof,
Smpiam et lùi/thorbid. IVul-ètrv faut-il y ajouter le gi Micr.uhir.i, dont l'espèce .Micr.tniha stphontohin Mûll. êirg.
\ . suivant quelques auteurs, exploitée au Brésil ; niais. a notre connaissait, e. .ou une donnée précise ne psjrmèl de l'atliiiner
î les quatre .m! \ senleiiieiit. 1rs //^rra
ailsaSaflWst, comprennent, jusqu'alors, plusieurs esp
Lr> n -i c <'•!
(exploitables, mi malheureusement, comme nous
allons le voir dans la suite, il soi! possible d'indiquer, pour l'un <t l'autre, le nombre exai I di
1/ \ianihot ne renferme, au contraire, qu'une seule
plante qui doive nous intéresser : c'esl 1<- Manihoi Glusiwu
Il -mi est <!«• même du genre Euphorbia, qyâ, pourtant, dans toutes [ea parties du monde, sons les climats chauds ou tempérés, compt nombreux représentants M
l.i. précisément, on de ces genres mu les Latea desquels actitudes <mt été dites, al pour lesquels oa a appelé caoutchouc ou fjutta des produits qui ne sont ni
l'un ni l';uil:
XJEuphorbia trigona Haw. [Euphorbia Cattimandoo EH. .
il)1 L'Inde, donne on produit dont les indigènes s.' Bcrvenl pour
: l.-s lames de couteaux dans leurs manches : mais il asl
friab ou el visqueux a chaud el n'esl donc pas «lu
utchouc.
I 'Euphorbia Caracaaana Boisa , «iu Vénéxuéla el de lu Colombie, fournit une substance brun pâle, longtemps molle, puis durcissant peu ;> peu, h qui, plastique <•! non adhésive entre loigta, devient visqueuse ;« chaud et en aucun cas n'est élastique.
V* Euphorbia Tirucalli Lin. Euphorbia rhipaaloidea Lera.), de 1 Inde uni/, hedge des Anglais, ianka sij eu bengali, srtnlh en hiudouslani, jemudu en telinga . donne un Lait i|ui n'esl guère utilisé qu'en médecine indigène <'l dont le -ilat. IViable el cassant ;i sec, plastique seulement dans L'eau chai peut recevoir el ne reçoit aucun emploi.
i peu plu t peut-être est le produit de V Eu-
phorbia rhipaaloides Welw., qui, sur la identale
d'Afrique, dans L'Angola, el particulièrement dans La province dès, donne lieu, sous le nom d'almêidine, a un commerce assez actif, puisqu'il en est exporté annuellement * itiill kilos environ, surtout ii destination de l'Au- On l'obtient en faisant bouillir, jusqu'à dessiccation e, le Liquide <\\ù a coulé des incisions faites aux it au soleil La masse restante, qu'on
débite en boulettes ressemblant, comme dimensions et comme couleur, aux pommes de terre [polato gum des Anglais). Mais si la substance, qui est cotée sur les marchés de Londres 0 fr. 80 à 0 fr. 90 le kilo, se prête à quelques applications spéciales, elle n'est nullement du caoutchouc et plutôt une faussegutta très résineuse.
Et, en définitive, on ne connaît, pour le moment, comme Euphorbe à véritable caoutchouc, que YEuphorbia Intisy Dr. d. Gast., du sud de Madagascar.
Parmi les Artogarpées, les deux genres comprenant des espèces caoutchoutifères sont les genres Ficus et Castilloa.
h'Artocarpus incisa Forst., ou arbre à pain, de l'Océanie, et YArlocarpus integrifolia Lin., ou jacquier, de l'Inde et de Malaisie, introduits l'un et l'autre dans beaucoup de pays chauds, ne donnent, par l'évaporation de leur lait, qu'une glu dont les indigènes se servent pour prendre les oiseaux.
Le lait du lirosimurn galactodendron (palo de vaca), des Guyanes, du Venezuela, de la Golombie et de l'Equateur, ne coagule, d'après les essais faits à Guayaquil par M. van Isschot, ni par les acides, ni par les alcalis, ni par la chaleur, ni par la présure ; et la substance qu'on obtient par évaporation n'est, d'après les études faites en Allemagne, qu'une matière malléable, sans ténacité ni élasticité, presque entièrement soluble dans l'acétone chaud. Il y a, au reste, longtemps que Houssingault a indiqué que ce lait est surtout composé de matières grasses.
Pour les Ficus et les (îastilloa, nous verrons, en étudiant ces genres, quelles sont les espèces intéressantes.
Chez les Asclépiadéks, nous ne pouvons, comme chez les Artocarpées, citer que deux genres dont l'intérêt soit certain : les (Iryplosteyia et les Marsdcnia. C'est sans être aussi affirmât if (jue nous ajouterons le genre Cynanchum.
On a attribué trop longtemps aux Calotropis une importance qu'ils n'ont à aucun degré. Le Cahdrupis gigantea R. Br., de l'Inde (mudaret akund en hindoustani, tella jilledu
>LANTKA i CJkOl i< ROI I
i, ycrcum en lamoul, etc et de la Malaisie, fournil. par évaporation da tait, une substa isâtre, friabl
Froid, pi iaud, in;iis jamais élastique, el esses
lemenl résineuse Le Culotropia procer* H. Br.a dont L'aire ; rophique s'étend <!<■ I [nd >te occidentale d'Afrique
./.// ouoloff, n'goyo en malinké, n'geà en bamba
pore «-a peulh, oathar des Vrabes), a un latex qui, d'après difficilement, <i ne donne, <lc même, «|u'" un produil grumeleux, ue possédant aucune des pxoloutchouc, »
■ ..luit du Periploca grajea Lin., d'une partie <lu bassin en, n'a pas plus uY valeur,
surtoul chez les ArocrsÉKs que les genres de plantes
toutchoue ^"ui nombreux. ' >n peut citer comme tels
- le moindre doute, les genres Ff&ncûrnit, L»\ndolphi&r
mua, Clitendra, Funtumiu^ UrceoU, Willughbeiat
flymenolophus . Ecdyaanthera . P&rameria, Siicnehitea,
nemurpha, Xylinabaria et Foraieroni*, qui i<>us ren-
nent au moins quelques fournissant une véritable
subslanee élastique.
L'intérêt ùi Tabcrnstmontana, Leuconotia el l/e/o-
dinus esi déjà moins cei tain
ta dît bien que, a San Thomé, le Tabernmmonlana atenù-
siphon Stpf . qui sérail le pao lin-, des indigènes, et une autre
xbernmmontana^ qui sérail te i </.< grande, donnent
du caoutchouc, mais ces indications restent vagues, Il en
même poui le Tabernamontana craaaa Benth., de
l;t i d'Afrique, qui serait le kpokpoka de
Léo t se ni il exploite dans cette région, ainsi qu'à
de l'Or Enfin on a également <iir. dans une tout
giou, te Tahernxmonlana Thurstoni H orne des tlea
une note «lu Hulletin </>• Kew de IN'.W reconnai!
qu'un spécimen tlu produit envoyé à Londres était dur,
semblable à de la gutla cl dépourvu d'élustici
.mu les Ijeaconotis nous n'en connaissons pas qui donnent i.n-iii bon caoutchouc Le Leuconotia euyerufotia 1"
de l'.-ll I
rois, donné, .d'après M. van Rom in mauvais prod
le Leuconotu ancep» Jack , de Sumatra, Fournit tu
Lance de Eaible valeui ; Le Latex du L
Boeii., de Bornéo, n'est employé «pu- pourfal
L- Leuconotu gig&ntea Buerl. donne une matière qui durcit rapidement.
Parmi les Melodintut, 1<- Melodinui orientait» \>\ Penang el de M tusse gutta, le Melodinu»
rhytidiphylluê Boerl., de Bornéo et de Sumatra, un produit inutilisable, le Helodinuê curcinervius Boerl., de substance risqui du Melodinu» palchi
Boerl., de Bornéo, n'esl utilise, d'après M. van rtomburgh, (jue pour les Falsifications, comme celui «lu Lein rn/ia-
veniê. Nous m: savons pas ce que donne le lait de Mmonùffynut Roxb., de L'Inde et «le Penang, mais il esl peu probable qu'il ^>ii plus Intéressant.
Si dune il v a quelques Melodinu no
seraient que des espèces encore indéterminées «lu nord riiulo-Oimc.
Enfin, parmi les genres qui font encore quelquefois partie de la liste <les piaules a caoutchouc, et qu'il laul pourtant vraisemblablement en éliminer, nous mentionnons encon Alslonia, Dyers, Diplorhynchat et Gerbera,
L Alxl'mi.i jdunuts. | I.aUill \ ce l<- 7 '
montuna Thurstoni, comme une des sources «lu caoutel des Fidji, mais nous n'en sommes nullement convaincu, la même espèce est indigène en Nouvelie-Gtlédonic el a jamais passé pour une plante exploitable. Ella n'a sans douta que l'intérêt de V AUtonia schol&ris Br.
Ce dernier, grand arbre de l'Ind l'Afrique tropicale, a un latex qui, concrète, esl I (ou l'un des p&l&y gums de l'Inde, substance ferme, tassante, plus on moins friable à froid, non visqueuse el plasli dans L'eau chaude. Comme telle elle entre, dit-on, quel, dans les mélanges «pie. comme nous le verrons plus I on fait subir aux diverses
indiquer, pal' li inniu- que Ce II esl pas Ul
PLANTES \ i.vii lu
m- remorque s'applique aux produits de I'.I/.n-M/jm
Mitj., de Sumatra et de Banka, du Dyera l&xiftora
.. t., <!(■ Malacca, <lu Dyera Lowii Hook. I.. de Bornéo
el de Sumatra, et du Dyer* eoêtuUt* Hook. I., de Bornéo
Sum. Moluques .1 d< Malacca. fous ces arbres donnent
\aget*h djeloetoeng, qui est, comme l'a établi M. Greshoff,
I di id Bon <t le ■■ bresk u des marchés anglais, Mais
tttère, i»"n élastique, soluble dans l'alcool bouillant, est bien plulM one fa tte.
1 mis la même catégorie de substances ' [ ■ u- rentre le
rulat du lait du Diphrkynchua mouamhictnaiB Ben th.,
<|ui est le mutumburi du Mozambique. Les échantillons que
m l'occasion d'examiner ont, I peu près, léa
lères que ceux provenant de VAlslonia tcholari».
Quant au Cerber* OdolUun Gaertn. [Cerhert H/fangKas 151 1,
i îles Mrs de l'Océanie, son produit concret —
qu'on peut obtenir par simple évaporatîon fi l'air — est une
matière très noire, qui reste pendant longtemps moll»- et
\is<j 1 qui, même plus lard, quand elle se dessèche et
devient Friable fi la surfac encore gluante à l'intérieur;
lie est, «'n tnul cas, toujours visqueuse dans l'eau chaude.
Nous avons toujours retrouvé ces caractères dans l"iis lea
que nous avons examinés, <-t qui, i> l'état de lait
OU :i I état concret, étaient de provenances diverses. On ne peut
évidemment tirer aucun parti d'une telle substance ; el ce qui,
dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres pour le I>ij>ln-
rhynchui moêêumbicenaitt, par exemple) a pu faire dire que
itière était du caoutchouc, c'est ce fait que, lorsqu'on la
-, boutade la cassure s'élirenl en fila très lins. Mais
SLs n'ont ni élasticité ni résistance.
Laissant donc de côté tous les végétaux qui donnent ces
visqueuses et non élastiques, et toutes
.ni tas, nous allons maintenant passer eu revue
tout' is que nous connaissons avec certitude comme
itchoutiferes, et qui appartiennent aux g que nous