‹ Les plantes à caoutchouc et à guttaChapitre 22 sur 92 · MO · texte numérisé non relu

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4 fatigué.

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152e arbre 181

Ce tableau est un peu long, mais aucun document de ce genre n'a jamais été publié, et l'intérêt en excuse suffisamment la longueur. Il donne une idée nette de la répartition des Hevea en forêt et de leur espacement. On voit aussi comment procède un seringueiro prudent et soucieux de l'avenir, qui veut ménager son estrada et ne pas compromettre la vie de ses arbres : ce récolteur mettra 2 tigelas sur un tronc de 20 à 35 centimètres de diamètre, 3 sur un tronc de 35 à 50, 4 sur un tronc de 50 à 75 et en posera rarement plus de 5 sur les troncs plus forts, même sur ceux atteignant 1 mètre de diamètre. Ce sont, en effet, dans ce dernier cas, des arbres très âgés, qui, tout en étant encore très exploitables, commencent à s'épuiser.

I I > l'I . V.MI s \ ' \> 101 C

ilu caoutchouc. — On distingue dans la merce ir.iis sortes de caoutchoucs d'Hecc* \ la borrmehê //'»•<,

ifrefinu, ou demi-fine, el l<- sêrn&mby [ou negroheedt marchés anglais).

Mni.s le s, i ingueiro n'en confiait guère que deux : ta corna />>/.< t't le Mrnamby.

La borrûchê (inn est le caoutchouc préparé par enfumage, conformément s la description que noua en avons donnée plus liant.

Le srrn,<mh(i. au contraire, n'a pas été enfumé : il composé de tout le décliel qui se produit nécessairement au cours île Li récolte : pellicules formées sur les lèvres des incisions, bavures sur le trône, petits dépota spontanément

Coagulés il. ois le Tond OU sur les bords des tigelaS, du balde

le la baoia. Tous ces débris constituent la qualité la plus inférieure du caoutchouc d'£fevea.

C'estehe/. l'acheteur de Manaosoude Para que va se glisser, Ces deux sortes extrêmes, Yrnlrr(inn, ou tlrnu-fific. GeHela isi miiim préparée, d'après M. Bonnechanx, Deux hommes .irmes de crocheta saisissent par une extrémité chaque pain aoutchottC enfume qu'Us viennent de recevoir et le tirent nient a eux, en le maintenant a la hauteur de la eeinture. Un troisième individu tranche alors dans la région médiane, au moyeu d"un grand couteau, le pain étiré, et en examine minutieusement l'intérieur. Si l'une des coiielies est de eonuse. ou présente un aspect différent de l'aspe. I ordu st une indication que l'enfumage a été mal op

ou. plus souvent, (jue des laits étrangers, telfl que ceux de Âfimusops, onl été mélangés au lait tïllevea. Ce sont ces pains qui, misa pari, constitueront la plus grande partie delen/reflna. l'iie autre partie cependant pourra être encore fournie par du caoutchouc bien enfumé, mais qui provient de certaines es à'Hevea qui, comme la seringa torradn, ne donnent qu'une sorte moyenne [fina fraca).

Ce tri, avons-nous dit, est fait à Manaos et ii l'ara, les deux

villes o-i est centralisée la plus grande partie de la récolte de

nazone. On sait que, dans le commerce européen, ces deux

94 LKS PLANTES A CAOUTCHOUC

provenances restent distinctes, les sortes de Manaos étant plus fermes que celles de Para.

Le caoutchouc de Para est le Para Island ou soft cure.

Le caoutchouc de Manaos est le Para Upriver ou hard cure.

Et chacune de ces deux provenances se divise alors, à son tour, en ces trois catégories que nous avons établies : fine, demi-fine et sernamby.

A Liverpool, le 3 décembre 1901, les prix étaient les suivants * :

Para Upriver fin 10 fr. » à 10 fr. 80

Para Island lin 9 fr. 70

Negroheadt. (sernamby ) 5 fr. 70 à 7 fr. 60 2

i. A la même époque, le « Para blanc » valait 8 fr. 40 à 9 fr. 10, et le « Cameta » 6 fr. à 6 fr. 30. Nous avons déjà dit que le « Para blanc », préparé dans la province de Matto-Grosso, devait être aussi du caoutchouc d'IIevea, mais coagulé par un acide. Quant au « Cameta », qui est un negroheads, de couleur blanchâtre, récolté, comme le nom l'indique, non loin de Para, sur le rio Tocantins, nous ne sommes pas bien Gxés sur son origine botanique ni sur son mode de préparation. M. Ule dit qu'il proviendrait du tapuru, que nous décrivons plus loin ; mais M. Huber écrit de son côté : « Il est vrai que l'on connaît ici (à Para) une marque spéciale de caoutchouc de seconde qualité, appelée sernamby Je Cameta ou sernamby gortlo, mais qui n'est autre chose que du latex iVllevea brasiliensis, coagulé d'une manière spéciale. On fait actuellement aussi du sernamby de Cameta, dans d'autres endroits du Bas- Amazone, en laissant les godets collecteurs se remplir presque entièrement de latex, qui se coagule au fur et à mesure. Dans le sernamby préparé de cette façon on distingue encore des morceaux de caoutchouc qui ont conservé la forme des godets. »

2. Depuis le commencement de janvier 1902 tous ces prix ont sensiblement baissé ; et, le 30 avril, à Londres, le Para fin n'était coté que 8 fr. 50 à 9 fr. 25, les negroheads S fr. 65 à 5 fr. 85, le Mollendo 8 fr. 50 a 8 fr. 65, le Para blanc 7 fr. 60 à 7 fr. 75. et le Cameta 6 fr. 30 à 6 fr. 40. Mais il ne faut pas attacher une trop grande importance à cette baisse, qui a une cause tout accidentelle. Elle est due, en effet, surtout au krach d'une maison américaine, qui a jeté sur le marche 1 .000 à 1 .500 tonnes de caoutchouc de Para. Les prix normaux sont donc plutôt ceux que nous donnons dans le texte, pour la fin de Tannée 1901.

La demi-fine vaut, an m< un Erano de moins que

la Bne,

ta prix élevée du caoutchouc da Para — prix qui règlent itiiv des pourraient être certainement un peu

moindres aime noua 1 " ; • lait, plusieurs l'ois, remarquer

M. Bonnechaux, tehouo, avanl de parvenir au dernier

acheteur, ne passait en un aussi grand nombre de mains qu'à l'heure actuelle.

Dans lea riosde la région de Manaos, le caoutchouc n'était pavé, an effet, L'année dernière, que li francs la sorte Sue -i

M fr. *î0 le sernamhv.

Mais que d'intermédiaires entre le seringueiro producteur et l'industriel qui utilisera (e produit!

Nous allons en donnée une idée en indiquant rapidement

[toujours d'après les renseignements que mous a fournis

M. Bonneohaux) comment le caoutchouc, que nous avons vu

lier t"ui a l'heure dans l'estrade, est apporté à Manaos

ii ,i Para, d ou il est expédié ensuite en Europe,

•4 le dernier samedi de chaque mois que le seringueiro va

porter aa récolte au patron seringueiro. Il lui remei alors envi-

.i chaque voyage, 80 kilos de caoutehouc, Il a, en effet,

travaillé ;i peu près un jour sur deux, c'eat-s due qui

jours dans le cours du mois. Or nous avons vu que la récolta

de chaque jour est, en moyenne, de I kilos, les fi litres de

latex, enfumé ayant donné un pain qui. sur ta moment, pèse

7 kilos 150 a 7 kilos 500, mais dont le poids a diminué pm-

b jours suivants, jusqu'à tomber a la moitié du

poids primitif, ce qui correspond bien, à peu près, ii i kilos.

Aux 60 kilos du mois il faut, toutefois, ajouter encore

7 kilos 500 de Bernamby, a raison de 500 grammes par jour-

lit.

Donc n le dernier samedi de chaque mois, le seringueiro

BOU caoutchouc dans sa nn.n/.tri.i . petit canot plat, et,

fi chez, le patron li-. 10), lui remet s;i récolte • ■. Mais il

est rare qu'il rapporte à la case L'argent de son travail, car, dés

but de la saison, et avant d'avoir commencé l'exploitation

ada, il s'est presque toujours endetté chez ce

<Mi

n mu i

patron, qui lui b fait des en nourriture el en marchan-

i >r supposons, écrit M. Bonnechaux, que la dette

contractée soit de 3Q0 francs. S'il apporte 60 kilos deborracha

Une. valant 360 francs, et I kilo 500 de sernambv, valant 20 à

lu., h». — Cnso de patron seringucira,

2") francs, il lui sera redu environ 80 Francs. Mais le patron le tenter pai !• ■- étoffes, les armes, qui sont

pêle-mêle dans la barr.< et nuire homme ne s'en va

ralement pus suis «voir tait une nouvelle dette. Et si l'achat a été de 200 francs, sur lesquels le seringui redoit environ la moitié, le patron n'est exposé, en soin qu'à perdre son bénéfice, car ces 200 Erancs de mard .lisis ne valent guère, à prix d<- Eacture, plus de 100 \\

L'ouvrier Beringueiro est donc quelque peu exploité pareelui qui l'emploie Ne nous hâtons p;ts cependant île juger ce dernier

\ . \<>l ri llcl I

us approuver ses procédés, il

jusqu ;i un certain point, comme

\|>luiir .1 son tour par Vaviador qui va

maintenant l'intermédiaire entre lui »-t l'acheteur sur

îles ma rein - di Manaos nu de 1'

Oi.'lu- lit M. Hutuiei'lmux).

doupe l-i bateau, en service dans les rios, pour Lrauspoi 1er les d tacheter le caoutchouc,

l..i casa aviador possède une chaloupe à vapeur (fig, llj,t|ui,

toques fixes, descend les nos. C'est toujours sur les bords

es rios, et en des endroits où le bateau peut facilement

oster, que sont établies li s barrac&s des patrons serin-

\u jour fixé, 'ii il encore M. Bonnechaux, la chaloupe laine remet les marchandises qui lui onl eomman lent, et embarque ensuite la

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borracha fine et le sernamby, dont les quantités sont marquées sur le connaissement qui lui est remis, et qu'il transcrira sur le manifeste du bord.

Puis le vapeur continue ainsi sa route, tout le long du fleuve, s 'arrêtant indistinctement chez ses freguezes, ou clients ordinaires, et chez ceux des maisons concurrentes » .

La tournée terminée, la chaloupe rentre à Manaos et remet son manifeste à la douane (alfendega). Immédiatement, chaque maison d'exportation — nouvel intermédiaire — envoie un de ses employés, qui est chargé de prendre connaissance du manifeste déposé et de voir à quelle casa aviador appartient tel ou tel lot.

Si les achats de la veille étaient au coure de 7 fr. la horracha fina et 6 fr. le sernamby, ce sera le prix officiel qui sera généralement offert à Yaviador. Rarement certains acheteurs proposeront un, deux ou trois centimes de plus par kilo.

Voilà donc le caoutchouc chez l'exportateur. Mais, d'une part, la casa aviador, qui a avancé au patron seringueiro les provisions et les divers objets que celui-ci revend à l'ouvrier, lui compte des intérêts tellement énormes que ce patron est généralement endetté, et, d'autre part, Yaviador lui-même a un gain si faible sur le caoutchouc que lui achète l'exportateur, que, en définitive, c'est ce dernier seul qui réalise de sérieux bénéfices. C'est là l'excuse que pourrait invoquer le patron seringueiro, comme pourrait l'invoquer, à son tour, la casa aviador.

Quoi qu'il en soit, lorsque, dans la maison d'exportation, les trois sortes que nous connaissons ont été bien triées, elles sont emballées. Les caisses d'expédition sont en bois de sapin1. Elles sont parallélipédiques, de 1 m. 25 de longueur, 70 centimètres de largeur et 40 centimètres de hauteur, et peuvent contenir 160 à 170 kilos de caoutchouc fin et ISO à 160 kilos de sernamby. L'exportateur les paye de 11 à 13 francs.

Les caisses pleines sont transportées au trapiche (magasin)

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