LES ARBRES A GUTTA-PERCHA
Parmi les nombreux noms que porte l'arbre, dans ces diverses régions, les principaux sont les suivants :
getah seundek dans la péninsule malaise ;
balam soentei à Riouw ;
koelan à Bangka ;
kolan à Kophiang (Bornéo occidental) ;
bringin * à Teloek Kemarin (Bornéo occidental) ;
bringin à Moeara Teweh (Bornéo occidental) ;
poeting en d'autres localités de l'ouest de Bornéo ;
balam socndai à Padang (Sumatra) ;
balam pipis à Padang (Sumatra) ;
balam tandjong à Palembang (Sumatra) ;
balam tjabé à Palembang (Sumatra) ;
balam tandoek à Palembang (Sumatra) ;
kalimangoeng à Lampong (Sumatra).
L'arbre acquiert, comme les Palaquium, une assez grande taille. A Tjipetir, des pieds de onze à douze ans ont atteint 13 mètres de hauteur. M. van Romburgh cite un pied du Jardin botanique de Buitenzorg qui a 20 m. 50 de hauteur et 80 centimètres de circonférence.
Les branches sont cylindriques, blanc cendré, un peu épaissies aux nœuds ; les jeunes rameaux portent des poils roussâtres.
Les feuilles (fig. 55) ont des pétioles de 5 à 7 millimètres de longueur, qui sont d'abord légèrement velus, puis glabres. Le limbe, aigu à la base, plus ou moins brusquement atténué au sommet en un assez long acumen, est ovale ou ovale-oblong, légèrement coriace, à bords ondulés, glabre, à face supérieure brillante. 11 a 5 à 10 centimètres de longueur, sur 2 centim. 1/2 à 4 centimètres de largeur. Les nervures secondaires, très nombreuses, non proéminentes, s'anastomosent sur le bord par leurs extrémités incurvées.
1. Ce nom de bringin rappelle la ressemblance de la feuille avec celle du Ficus Benjamina Miq., qui est le waringin, ou baringin, ou bringin, des indigènes.
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La flo de 7 .m- l
ont de petits faisceaux •! huit 11*
vers la partie terminale de courts rtiniei soi il l'aisselle d'une cicati ice l"
bouquets simule une panicule de petit petits - or) Mil-
Fie. 55. — Payena Leerit Burck, — I. Hameau avec fruil
Les fleurs sont blanches, de •"> .i li milli guenr. Les lobes du calice sont o^ i ouverts d
pubescence rousse, coriaces, il«- ^i millimètres de longueur*
Lii corolle, environ deux Pois plus longue que cecali glabre en dehors el en dedans; If tube, de 2 inillim longiuuir, est surmonté de huit lobes lancéolés, obi
Il y ii 16 étamines; 1rs filets oui. ii peu près, môme lou-
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gueur que les anthères, qui sont ovales, à base cordée, et dépassées par un connectif pubescent.
L'ovaire est conique, très velu, avec dix à douze loges.
La baie (fig. 53} est également conique, terminée par le reste du style ; elle a 3 à 4 centimètres de longueur, et est à tégument brun et brillant, avec hile latérale oblong.
Le latex du Payena Leerii est plus fluide que celui des bons Palaquium et se coagule moins rapidement. C'est donc ce lait qu'on recueille.
Lorsque l'arbre est abattu, le récolteur fait sur le tronc, suivant la méthode ordinaire, des entailles circulaires ; mais au-dessous de chaque incision il place un récipient, dans lequel le lait s'écoule.
Ce lait est ensuite versé dans une marmite, où il est chauffé à feu doux, et remué avec une spatule, jusqu'à ce que toute l'eau soit évaporée. Le produit solide restant est traité comme la gutta du Palaquium : il est jeté dans l'eau chaude, pétri et mis en pains. Il représente, d'après M. van Romburgh, 43 °/o au latex.
Cette gutta de Payena Leerii est généralement plus blanche que celle des Palaquium ; et la cause en est que le latex qui la donne est recueilli, au lieu de se coaguler sur l'arbre. Elle n'est donc pas mélangée de ces débris d'écorce dont les substances colorantes communiquent leur teinte à la gutta-percha ordinaire.
Toutefois, après un certain temps d'exposition à l'air, la substance jaunit plus ou moins.
Elle n'a pas, d'ailleurs, tout à fait la même composition que les bonnes guttas du genre précédent ; elle est beaucoup plus résineuse. Obach indique comme composition la suivante :
1° Pour le produit brut :
Gutta 43,9
Résines 37,6
Substances étrangères 5,1
Eau 13,4
2° Pour le produit purifie :
Gutta (rose clair) 53,9
Résines (jaune pâle et presque liquides) 46,1
11 paraît cependant que, malgré sa forte teneur en résines , cette gutta de Payena Leerii est assez estimée commercialement. Elle est mélangée avec les autres guttas; et, comme telle, et en raison surtout de sa grande plasticité, elle atteint d'assez hauts prix à Singapore.
Et sa valeur est, en fait, suffisante pour que. à Java, on juge à propos de cultiver le Payena Leerii, à côté des Palai/uium Gutta, ohlongifolium et borneense.
La méthode de culture est, dans l'ensemble, celle de ces Palat/uium, et est relativement facile.
L'espèce pousse bien; et ses plantations se ferment assez rapidement. A Tjipetir, un jardin de 11 à 12 ans forme un bois assez épais et sombre, sous lequel a, a peu pi*ès, disparu toute végétation étrangère. M. van Romburgh estime que. pendant 7 ou 8 ans, il faut nettoyer le sol quatre fois par. an. puis, pendant chacune des deux années suivantes, une fois. A partir de ce moment, tout entretien devient inutile.
On dit que. à Tjipetir, dans une plantation de •'! ans, <>ù les intervalles conservés étaient de 2 mètres, on avait planté dos érythrines comme arbres à ombre, mais que ces arbres ont été ensuite peu à peu enlevés, parce que l'ombrage n'était plus nécessaire.
Les espacements doivent être les mêmes que pour les PnlaifitiuiH, le Pni/cn.i Leerii paraissant même plutôt exiger moins d'espace que ces Palaquium,
L'exploitation n'est malheureusement pas plus possible sur pied que pour le genre précédent.
M. van Romburgh a, en ellet, tenté, sur cette espèce, «les expériences analogues à celles que nous avons citées plus haut (page {<>*>) pour les Pulaquium. Il a incisé des exemplaires vivants et a obtenu les quantités suivantes de substance solide :