VAR. A FEUILLES MACULÉES DE JAUNE AU MILIEU. (PL
— CRASSULACÉES. —
Introduit en Europe, vers 1836, par Von Siebold , le célèbre \oyageur botaniste au Japon, le Sedum SIeboldii a été tout aussitôt recherché et cultivé avec empressement dans tous les jardins, où SCS gracieuses touffes, ses jolis bouquets de fleurs roses font et feront toujours un effet justement apprécié.
Mais hélas! tout change ici-bas, le temps, les gens, la mode! et voici une nouvelle arrivée, simple variété, qui va lui disputer avec avantage la faveur du monde horticole. C'est bien la même plante : mais chez elle la plus grande partie de la surface des feuilles est occupée par une large et belle macule jaune, qui lui donne un aspect tout particulier et d'un grand effet ornemental. On en doit également l'introduction dans les jardins, au même voyageur, qui l'a rapportée lui-même de son dernier voyage.
52 SEDUM SIKBOLDII.
Nous devons, pour faire bien connaître le double mode de cul ture qui lui convient, en donner une courte description.
C'est une plante basse, suirrutescente,vlvace, glabre, formant une touffe compacte par la multiplicité de ses rameaux , simples ou à peine divisés, partant d'un centre commun, superposés, rayonnants en une épaisse et belle rosace tout à fait étalée. Ses feuilles arrondies, obsolètement dentées aux bords, charnues, concaves, sont disposées trois par trois et d'un vert glauque, relevé souvent et entouré d'un liséré rouge, sous l'influence solaire. Les fleurs, nous en avons dit le coloris, forment de jolis bouquets terminaux.
Le Sedum Sieboldii (type ou variété) se plie parfaitement à deux modes différents de culture : à demeure fixe en plein air, ou en pot dans la serre froide ou les appartements, dans lesquels sa présence fera un fort bel effet. Dans le premier cas, toutes les parties s'en montreront plus vivement colorées ; mais, inconvénient grave î il perdra en hiver toutes ses tiges, qui ne se remontreront qu'au printemps. En outre, comme sa rosace est nettement couchée sur le sol, si l'on ne veut lavoir salie de boue, ses fleurs surtout, par les pluies et les orages, il faut, comme on le fait pour ces jolies joubarbes {Sempervii'ujn), qui deviennent aussi à la mode, les exhausser audessus du sol, que l'on contiendra à l'entour par un double rang de petites pierres meulières ou, à leur défaut, de fragments de roche, le tout d'un aspect pittoresque.
Dans le second, un vase large, peu profond, bien drainé, rempli de bonne terre, un peu élevée au-dessus des bords, vase simple pour la serre ou le jardin, ornementé pour le salon. Là, la plante ne perdra point ses tiges, qui grandiront et s'épaissiront sans cesse, et produiront plus d'effet.
Dans des sujets ainsi cultivés, nous avons remarqué des touffes à rameaux innombraides, qui mesuraient jusqu'à 0,50-60 de diamètre.
Les Plantes il Feuillage.
J. Rothschild, Kditcur.