AMARANTE TRICOLORE. BICOLORE, VERSICOLORE, ETC. (PL
— AMARANTACÉES. —
J /uarantos^soTle à' Immortel/e chez les Grecs: nom appliqué par Linné à toutes autres sortes de plantes, mais exprimant aussi une qualité qui leur est propre, celle de ne changer presque pas de couleur en se desséchant.
L'introduction de celte plante exotique dans nos jardins a été une bonne fortune; nulle, plus quelle, en raison des couleurs si diverses, si opposées, si vives, qu'elle présente, soit réunies, soit séparées, n'est éminemment ornemenlale; nulle non plus n offre
54 AMARANTUS MELA>. CHOLICUS.
peut être un habitat plus étendu. Ainsi, selon Moquin-Tandon, on la trouve dans l'île de Ceylan, en Chine, au Japon, dans les îles de la Socie'té, dans la Guiane, au Brésil, en Perse, etc.
Elle est depuis assez longtemps déjà cultivée dans les jardins, mais l'époque de son introduction est encore inconnue. Sa tige est herbacée, annuelle, assez robuste, ramifiée, sillonnée par la décurrence des bases des pétioles, glabre, verte ou pourprée, ou même colorée, comme les feuilles. Celles-ci sont nombreuses, assez amples, longuement péliolées , obtuses-échancrées au sommet. Les fleurs, réunies en petits paquets (glomérules) amplexicaules, sont insignifiantes, petites, verdâtres, ou participent légèrement des couleurs de la variété qui les porte.
On en distingue plusieurs variétés, à couleurs plus ou moins tranchées, et partageant plus ou moins le limbe foliaire, ou l'occupant presque entièrement ; ce sont le rouge brun, le rouge cramoisi ou clair, le violet, le jaune vif et le rose vif, etc., et tous nettement opposés au vert, lorsque celui-ci a un peu de place pour se montrer. Aussi les dit-on bi ou tricolores, selon qne deux ou trois couleurs sont plus dominantes que les autres. On voit tout de suite que le vciotmelancJwlicus, appliqué d'abord à l'espèce type par Linné, n'a guère raison d'être aujourd'hui.
Bien peu de plantes, parmi celles dites à feuillage panaché ou coloré, lui sont supérieures sous ce rapport, et aucune n'est aussi propre à former de jolies corbeilles, ou des groupes disséminés çà et là, et dont les vives couleurs réjouissent plus les yeux. Ses qualités sont inconnues ; mais il est vraisemblable qu'elle possède en parties celles de la plupart de ses alliées et congénères, c'est-àdire nutritives et émoUientes^
Comme elles sont annuelles, il faut en semer les graines de mars en avril sur couche tiède, et les repiquer en place au commence ment de mai, ou dès la fin d'avril, si la température est douce et (îhaude. Terre légère, mais bien fumée, arrosements fréquents pendant les chaleurs.
J. Eothschild, Editeur.
GYNERIUM ARGENTEUAI.
Var. Albo-lineatum.
XXA'TII
GYNERIUM ARGENTEUai, Vau. ALBO — LINEATUM. HERBE DES PAMPAS, HERBE A AIGRETTES D'ARGENT, ETC. (PL. 28.
— AGROSTACÉES. —
Du grec gjne, femelle et erion laine : allusion aux longs poils argentés qui enveloppent les fleurs : argenteum, rappelant les longues et magnifiques aigrettes argentées qui terminent les tiges (chaumes).
Le type de cette très-remarquable plante a été introduit dans nos jardins, il y a une quinzaine d'années. Elle croît au Bi csil, où elle occupe à peu près à elle seule des plaines immenses {pampas). On en doit rintroduction au botaniste, Moore, directeur du jardin