‹ Les plantes a feuillage coloré (volume 2)Chapitre 17 sur 41 · GYNERIUM ARGENTEUM · texte numérisé non relu

GYNERIUM ARGENTEUM

botanique de Ghisnevin (Ecosse). Elle forme d'énormes touffes dont les feuilles, absolument linéaires, atteignent dans leur pays natal au delà de trois mètres de longueur et du milieu desquelles s'élancent des chaumes de plusieurs mètres de hauteur qui sont terminés par d'immenses aigrettes (fleurs), d'un blanc d'argent.

Dans nos jardins, ses dimensions sont de moitié moindres. Elle s'est montrée rustique, même dans le Nord de l'Europe ; là ses touffes foliaires sont encore hautes d'un mètre et plus, formées d'innombrables feuilles de plus de deux mètres de longueur, sur un centimètre à peine de diamètre, qui finissent en une très-longue pointe et se recourbent d'une manière gracieuse jusqu'à terre. Il ne faut les toucher qu'avec précaution, car elles sont bordées de trèspetites dents en scie et très-acérées. La nervure médiane, verte ordinairement, est enfoncée en dessus en rigole , mais en dessous elle est très -saillante et rude. Comme au Brésil, de ces larges et épaisses touffes se dressent plusieurs liges ou chaumes, hauts encore d'un mètre et demi ou deux ; les aigrettes qui les terminent sont blanches, plus garnies et plus vivement colorées dans les individus femelles que dans les individus mâles et se montrent en septembre ou octobre.

Comme elle donne facilement des graines, de celles-ci, semées au premier printemps sur couche tiède, on obtient des variétés plus ou moins naines, ou robustes, plus rustiques, diversement colorées. C'est ainsi qu' a été trouvée, dans ces derniers temps, la jolie variété dont il s'agit et dont les fines nervures sont lignées de blanc.

La plante, qui à elle seule compose le genre, n'est pas difficile sur le choix du terrain; mais il lui faut une exposition chaude et sèche; outre le semis de ses graines, on peut la multiplier par la division de ses touffes , opérée à la fin de l'automne, ou mieux au premier printemps. Pendant les grands froids, il sera prudent dans le Nord, de garnir la base des touffes avec de la litière et se garder d'ailleurs d'en rabattre les vieilles feuilles, qui se dessèchent d'ellesmêmes et disparaissent bientôt sous les nouvelles.

J. Rothschild, Editeur.

ALOCASIA LOWII.

Var. Picta.

ALOCASIA LOWII. Var. PICT A.

ALOCASE DE LOW A FEUILLES BIGARRÉES, (pl. 29.)

— AROÏDÉES

Au sujet de l'histoire de cette plante, si ornementale par son magnifique feuillage bicolore, type et variété, l'auteur anglais, qui le premier les a décrits et figurés, ne nous donne que des renseignements incomplets : « ils ont été introduits récemment des îles de r Archipel malais, et notamment de Bornéo, chez MM. Hugh Low et fils, horticulteurs à Clapton près Londres). »

Nous ne devons nous occuper ici que de la variété dont précède l'appellation ci-dessus.

Comme dans la généralité des plantes de cette belle et intéres-

r,8 ALOCASIA LOWIl, Vvn. PICTA.

santé famille, le rhizome est un tubercule, ici cylindracé, allongé, et dont la partie au-dessus du sol (véritable caudex) est annelée par les vestiges des anciens pétioles, et n'en émettant qu'un à la fois, mais formant touffe, en raison des individus voisins. Ils sont cylindriques, hauts de 0,35-40 environ, d'un brun rougeâtre, finement maculés. Le limbe foliaire ovale et en forme de flèche, est aussi plus long que le pe'tiole, sur lequel il s'insère au point de la bifurcation des deux maîtresses nervures, ce qui le rend pelté ; diamètre moyen 0,12-14. La face inférieure est d'un violet sombre, où souvent les nervures reparaissent en rouge ferrugineux; la supérieure d'un vert foncé, luisant, bordée de blanchâtre, montre ses nervures principales, largement bordées de la même teinte ou de glauque.

Le scape sort d'une courte gaine à la base du pétiole, et est plus court que lui; les écailles foliacées qui l'enveloppent sont rapprochées, agréablement piquetées de rouge. La spathe d'un jaune pâle, lavée de rouge au sommet, d'un vert pâle à la partie convolutée,n'a rien, ainsi que son spadice, qui les différencie des congénères.

C'est donc, en somme, et nous le répétons volontiers, une charmante plante, dont la vue réjouira l'amateur.

Sous le rapport médical, ses propriétés, comme celles de la plupart des Aroïdées , sont fort suspectes ; on peut toutefois tirer de ces tubercules, préparés ad hoc, une farine ou arrow-root, qu'il est bien plus facile et moins dispendieux d'obtenir d'autres plantes.

Sa culture n'offre aucunes difficultés réelles; elle exige, comme l'indique son habitat, une assez grande somme de chaleur; la serre à orchidées indiennes lui convient donc parfaitement; ainsi qu'une terre légère, sablonneuse, mais assez riche en humus [détritus végétaux), et tenue fraîche, tout le temps de la végétation ; avec repos complet, après la cessation de celle-ci : c'est dire aussi : cessation alors presque absolue de la mouillure.

La multiplication ne peut guère avoir lieu sous nos climats que par la séparation des petits tubercules que le rhizome émet chaque année.

RHAPIS FLABFXLIFORMIS FOLIIS VARIEGAÏIS.

RHAPIDE A FEUILLES EN FORME D'ÉVENTAIL PANACHÉES. \pl. 30.

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