‹ Les plantes a feuillage coloréChapitre 18 sur 35 · DRA&ONNIER ROUILLÉ. ( PL · texte numérisé non relu

DRA&ONNIER ROUILLÉ. ( PL

LILIACÉES

Grand arbuste monocolylédoné, de la Chine méridionale, d'où il a été rapporté en 1771. Il s'élève droit sur une seule tige, ne se ramifiant que très-peu à la partie supérieure. Ses fleurs sont en panicules terminales, petites, blanches, insignifiantes. Leviai mérite

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(le la plante est dans ses feuilles d'un pourpre foncé, sur les deux faces, ce qui en fait un objet remarquable dans une collection.

Ce Dragonnior est de serre chaude. Il s'accommode d'une température de 22 à 26° centigrades en été, de 16 à 20 en hiver.

Tous les bonnes terres lui conviennent, mais, à cause de la nécessité de le tenir en pots, dans les serres, on est obligé de lui donner un compost de terre franche, pour trois parties, et de terre très-siliceuse (de bruyère, par exemple), ou de sable pur pour une partie, le tout bien mélangé et additionné de charbon concassé. Les pots doivent être en outre drainés par une couche épaisse de tessons superposés, recouverte d'un lit de mousse de quelques millimètres d'épaisseur. On empote tous les ans au printemps, sans trop froisser les racines, tout en enlevant la vieille terre; après la reprise, on met la plante en plein soleil, pour que la lumière donne de la vivacité au coloris de ses feuilles.

Une plante qui se ramifie si peu, ou qui même ne se ramifie pas du tout, ne saurait être multipliée de pousses latérales, comme beaucoup d'autres ; il faut aviser ici à un autre moyen. Ce moyen consiste à couper la tige d'une plante adulte à 1 ou 2 centimètres de terre, puis à diviser cette tige en tronçons de 4 à 5 centimètres, qu'on plante dans de la terre de bruyère, en terrines ou en pots. Ces morceaux, plantés debout, sont recouverts d'environ 1 centimètre de terre, puis on aiTose légèrement. Le vase est ensuite porté sur la couche de tannée, et enterré jusqu'au bord. Stimulés par une chaleur de 25 ou 26" centigrades, les tronçons ne tardent pas à émettre des racines, puis un bourgeon. On procède alors à leur cmpotage, dans des pots séparés, et remplis de terre substantielle ; on les couvre d'une cloche et on continue à les chauffer à la même température. Après leur reprise, on les découvre peu à peu, pour les habituer au contact de l'air. La sommité de la plante tronçonnée peut aussi aevMv de bouture ; on la plante dans un pot rempli de terre de bruyère, et on la recouvre immédiatement d'une cloche. Une fois reprise, on agit avec elle comme nous venons de le dire ci-dessus.

ANŒCTOCHILUS STHIATUS.

ANŒCTOCHILUS STRIATUS.

ANŒCTOCHILE STRIÉ, (pl. 30)

— ORCHIDÉES

Nous connaissons déjà ce curieux genre d'Orchidées, où toute la beauté de la plante se concentre sur les feuilles. Celle qui l'ait le sujet de cet article est originaire de Geylan et de Bornéo, d'où elfe a été importée en Angleterre en 1840.

Malgré l'étroitesse de ses feuilles lancéolées, si on les compare à celles des JiiœctocJnlus sctaceus et xanthophyllus dont il a été question plus haut, cette jolie miniature ne leur est nullement inférieure; elle a même sur la plupart de ses congénères l'aTantage d'être trèsdistincte de toutes, comme espèce. Ses feuilles sont d'ini vert bronzé, finement réticulées de nervures entrecroisées, et parcourues dans toute leur longueur, sur la ligne médiane, d'une bande jaune, nettement tranchée, qui contraste vivement avec le fond du coloris. La plante reste toujours assez petite, et sa tige a une tendance prononcée à rester simple.

11 est presque inutile de répéter pour cette plante ce que nous avons dit de la culture de ses deux congénères citées tout à l'heure. Rappelons sommairement que toutes ces plantes des forêts ombreuses de la région équatoriale vivant plus de l'humidité de l'air que de ce qu'elles tiient du sol, il faut leur donner une terre sdiceuse très-pauvre, très-légère, très-perméable à l'humidité, propriété qu'on accroît en la mêlant de mousse de marais [Sphagnum^; hachée menu. Les pots doivent en outre être fortement drainés, parce que, pour peu que l'eau y reste stagnante, ces plantes péris-

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sent. Endn rappelons encore que, poui' assurer autour d'elles l'air humide et calme dont elles ont besoin, on les tient habituellement à demi enfermées dans des caisses de verre, dans un endroit de la seire qui soit faiblement éclairé. Comme nous l'avons dit déjà, les conditions de leur culture sont identiques avec celles qui conviennent aux Fougères des pays chauds.

La multiplication se fait à l'aide des rejets peu nombreux que la plante pousse du pied. Un moyen de hâter un peu la propagation consiste à coucher la tige sur le sol, en l'y maintenant à l'aide de crampons, ce qui lui fait pousser des racines à tous les nœuds en contact avec la terre, et, à chacun de ces nœuds, un bourgeon, dont on fera une plante distincte en tronçonnant la tige entre les nœuds. La sommité feuillée sert elle-même de bouture, et s'enracine sans grande difficulté, si on la tient dans les conditions de chaleur, d'humidité, et de demi-ombre que nous avons fl^jà indiquées. Il va de soi qu'on doit la recouvrir d'une petite cloche pour hâter et faciliter sa reprise.

On a observé, il y a quelques années, en Angleterre, un fait curieux, qui démontre que les idées que nous nous faisons du tempérament des plantes tropicales ne sont pas toujours justes. Un amateur ayant reçu, en septembre 1859, un pied àiAnœctochiius xanthophyllus , et n'ayant pas de serre chaude pour le loger, se contenta de le mettre dans une orangerie, simplement recouvert d'une feuille de papier dressée autour et au-dessus de la plante en forme de tente. La température y descendit plusieurs fois, en novembre et en décembre, à 1 et demi degré centigrade au-dessus de zéro, c'est-à-dire presque au point de congélation , et, cependant, cette plante jugée si tendre n'en fut nullement endommagée. Ce fait, au surplus, rentre dans la catégorie de ceux dont on a récemment parle, de la demi-rusticité d'une multitude d'Orchidées qu'on a jusqu'à ce jour cultivées en serre chaude, et qu'on réussit très-bien à faire fleurir sans autre chaleur que celle de nos cHmats, à la seule condition de les mettre à l'abri de la gelée pendant l'hiver.

POINSETTIA PULCHERRIMA.

POINSETTIA PULCHERRIAIA (KUPFIORBIA PULCHERRIMA). POINSETTIE MAGNIFIQUE. (PL. 31.)

E'JPHORBIACEES.

Celte remarquable Euphorbiacée, dont le nom fait déjà supposer la beauté, existe en Europe depuis une trentaine d'années. C'est un voyaj^eur français, M. Poinselte, qui Ta importée du Mexique, en 1834, ce qui bii a valu l'honneur de la dédicace de ce nouveau genre par le botaniste qui en a fait la description.

Le Poinsettia est un sous-arbuste rameux , à branches un peu divariquées, à feuilles ovales , plus ou moins lobées, dont les sommités florifères sont entourées d'une épaisse couronne de bractées du rouge le plus vif, qui , ici , tiennent en quelque sorte lieu de corolle. Au premier abord, on croirait voir une énorme fleur louge, car cette couronne a quelquefois jusqu'à 30 ou 35 centimètres de large. Elle a toutefois un immense avantage sur les fleurs proprement dites, en ce qu'elle dure plusieui's mois, ce qui ne doit pas surprendre, puisque les bractées colorées sont au fond de véritables feuilles. On en cultive d'immenses quantités en Angleterre, où elle se vend sur les marchés aux fleurs de la capitale. Il en existe une variété à bractées blanches, c'est-à-dire décolorées, qui est trèsbelle la nuit, à la lumière.

Son origine mexicaine en fait naturellement une plante de serre sous nos climats. Elle se plaît, pendant l'été, à une température de 16 à 20" centigrades, en hiver de 10 à 14; mais, comme elle peut endurer momentanément des températures beaucoup plus basses, elle s'accommode assez bien du climat de l'Europe méridionale , partout du moins où la gelée ne se fait que rarement sentir en hiver.

Le Poinsettia réussit dans la terre franche mélangée par tiers de terreau de feuilles et de terre siliceuse. Après la floraison, on rabat toutes les branches à 15 centimètres de terre , et on tient la plante, pendant environ deux mois, dans un endroit sec et frais. Au boni de ce temps, on la lempote dans de la terre neuve ; et on la soumet à une température plus élevée , en l'arrosant légèrement

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