POINSETTIA PULCHERRIMA
d'alîord, puis gradnclleniont un peu plus, à mesure que les nouvelles pousses font des progrès. Comme les belles rosettes de bractées rouges ne viennent qu'au sommet des branches , plus les branches seront nombreuses, plus l'effet produit sera grand. Si donc il ne se développait qu'un petit nombre de pousses, il faudrait les pincer de bonne heure, c'est-à-dire au-dessus de la troisième ou de la quatrième feuille, pour les obliger à se ramifier, mais il ne faudrait pas pratiquer l'opération sur des pousses déjà grandes, parce qu'on n'obtiendrait plus de floraison des faibles ramuscules qui pourraient encore se développer sur les tiges amputées. En même temps que la végétation se développe, on donne une direction convenable aux tiges, c'est-à-dire qu'on les tient écartées également les unes des autres, au moyen de tuteurs, de manière à leur faire faire la gerbe, et par là procurer à toutes une égale dose d air et de lumière, deux choses nécessaires ici pour ol>tenir de belles rosettes colorées. On arrose d'ailleurs en proportion de la croissance , et même, pour bien faire, on mêle de temps en temps de l'engrais liquide à l'eau des arrosages. Il est bon aussi de seringuer de temps à autre le feuillage, pour en faire tomber les" araignées rouges et autres insectes qui auraient pu s'y établir. Enfin lorsque le temps est chaud, on donne beaucoup d'air aux plantes. Toute cette culture a pour but de les renforcer, puisque, comme nous venons de le dire, elles sont d'autant plus lielles que leurs rosettes sont plus larges, plus fournies et plus vivement colorées.
La multiplication se fait au printemps, à l'aide de rameaux qu'on coupe au ras du vieux l)ois, et qu'on bouture en terre de bruyère, après les avoir laissés exposés à l'air pendant trois ou quatre jours pour perdre un peu de leur sève. Ces boutures se font à chaud (18 à 22° centigrades et se couvrent de cloches pour empêcher l'évaporation de leurs sucs ; de plus on les lient à l'abri des rayons du soleil. Lorsqu'elles sont reprises, on les empote à part, et on les traite bientôt comme les plantes faites. On peut aussi tirer des boutures des vieilles tiges qu'on coupe après la floraison, et dont les tronçons reprennent encore moyennant une certaine chaleur du sol ; mais ces boutures sont plus difficiles à gouverner que celles qu'on tire de rameaux plus jeunes.
MARAINTA. PARDINA.
MARANTA MOUCHETE, (pl. 32.
— • MARANTACÉES. —
Indigène de la Nouvelle-Grenade, eette belle plante a été introduite en Europe en 1855, par M. Linden, de Bruxelles. Elle est encore rare dans les collections, et même inconnue de beaucoup d'amateurs de feuilla<>es colorés.
Elle est vivace et de serre chaude, comme ses congénères. Ses feudles en ovale allongé, ont de 25 à 35 centimètres de long, sur 10 à 12 de large. Elles sont d'un vert léger, comme argenté, et présentent, de chaque côté de la nervure médiane, des sortes de macules quadrangulaires brunes ou presque noires. A ce caractère déjà singulier et très-recommandable, la plante ici en question ajoute l'avantage de produire un superbe épi de fleurs jaunes;
64 MARANTA PARDINA.
uiissl, sous ce dernier rapport, Temporte-t-elle sur loiiles les autres espèces de son genre.
En été, elle veut une chaleur de 22 à 28° centigrades; en hiver, de 15 à 20. Elle se plaît comme ses congénères dans une terre mélangée de terreau de feuilles et de sable sihceux, à laquelle on ajoute des fragments de charbon, pour favoriser la porosité du sol. On empote en mars, dans des pots un peu grands, mais avec la précaution de donner un fort drainage, attendu que rien ne nuit à ces plantes comme leau stagnante autour des racines. Les pots, autant que possible, sont plongés dans la tannée chaude, ce qui excite vivement la végétation. On arrose de plus en plus, à mesure que la plante fait des progrès, et, si on veut lavoir très-lbrte, on fait un second empotage en juin. Comme elle est sujette à être attaquée par l'araignée rouge, il est bon de la seringuer de temps en temps, et de la tenir dans un air un peu humide. Normalement, les Marantacées devraient se reposer en hiver; si cependant on tient à en jouir dans cette triste saison, on peut les force?-, en donnant une dose de chaleur plus grande que celle que nous avons indiquée plus haut, mais les plantes ainsi traitées ne valent jamais celles qui se sont reposées quelques mois. La période de repos devrait s'étendre du mois de décembre au mois de mars.
La propagation du Maranta pardina est facile, attendu qu'il drageonne assez abondamment du pied. On tâche d'enlever ces drageons avec quelques racines, en les coupant au ras de la souche avec la lame d'un canif. Le bouturage se fait à chaud et sous cloches, comme nous l'avons dit en pai'lant des plantes de même famille décrites dans les pages précédentes.
GKSNERA CINNABARIN
GESNERIA CINNABARINA.
GESNERIE ROUGE CINNABRE