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CULTURE ‘ EN’ POTS

Si, enfin, l'espèce est assez traçcante par ses tiges radicantes, ou que ses parties souterraines émettent facilement des bourgeons, exemples: Gypsophila repens, Cerastium divers, et autres Caryophyllées vivaces, on peut couper ses tiges ou ses racines en fragments peu volumineux qu'on plante soit isolément, soit réunis en petits faisceaux, comme s’il s'agissait d'individus complets. Pour quelques espèces à tiges étalées et radicantes telle que la Véronique d’Allioni, la plantation se fera en plaçari les tiges à plat, de manière qu’elles soient alternativement émergées et enterrées sur plusieurs points de leur longueur. Nous employons, pour conserver l’importante collection

de plantes alpines cultivées au Muséum, un mode de plantation que nous devons d'autant plus recommander qu'il donne les meilleurs résultats. Il est simple. Voici en quoi il consiste : au lieu de placer, comme on le fait le plus souvent, les plantes cespiteuses ou gazonnantes plus ou moins verticalement dans le milieu des pots, nous les mettons obliquement, soit entières, soit divisées en fragments enracinés, ou pouvant le devenir, dans la partie la plus rapprochée des parois du pot. Un Hieractum subnivale, H.saxatile, où toute autre plante présentant leur mode de végétation, est-elle à planter? Voici comment nous procédons : d’abord le drainage recommandé est fait avec toute l’attention possible; on emplit le pot de terre de bruyère sans la fouler n1 la tasser, puis, avec l’aide des deux mains, on procède au tassement de cette terre en ménageant dans la partie centrale du pot une cuvette qui sera d’autant plus large et plus profonde qu’on aura affaire à une espèce à souche ou aracines plus ou moins allongées. On dispose alors sur la terre ainsi inclinée, et à une distance variable selon la nature des plantes ou leur volume, 5,8 ou 10 pieds préalablement préparés, en veillant à ce que leur collet affleure le niveau du sol; puis on emplit de terre, toujours grossièrement concassée, puisque c’est la plus convenable, la partie évidée ou centrale du pot.

C'est du reste, mais portée à un plus haut degré, la méthode employée lorsqu'il s’agit de planter soigneusement un exem— plaire d’une plante à tige radicante. Dans ce cas, en effet, si, dans un pot, la vraie place d’une touffe de CÆrysanthemunmr alpinum où d’Artemisia glacialis, par exemple, doit être à son centre même, les tiges devront être délicatement dirigées vers les parois du pot, en plongeant sur presque toute l’étendue, leur extrémité seule exceptée, dans des petites mottes de terre de bruyere.

En définitive, ici, et plus encore qu'ailleurs, le sueces dépend :1° du drainage qui devra toujours être excellent; 2° de l'emploi d’un sol convenable; 3° des soins apportés dans la plantation, et aussi, comme nous le verrons plus loin, de ceux qui doivent être appliqués ultérieurement. On peut dire que c’est surtout dans la culture et la conservation des plantes alpines que le jardinier doit faire appel à l’emploi de soins assidus, comme aussi à la pratique intelligente de ses con-— naissances.

On se sert souvent, pour cultiver les plantes alpines trestracantes, rampantes et même cespiteuses, c’est-à-dire toutes celles qui peuvent donner des bourgeons axillaires plus ou moins allongés et radicants, de terrines de diverses grandeurs. Ces terrines sont des vases dont la largeur excède de beau coup la profondeur et dont le fond est percé d’un grand nombre de trous. Il y en a de toutes dimensions. Les plus convenables mesurent 15 à 25 centimètres de diamètre, souvent plus même, et doivent être, comme les pots, en terre bien cuite, et présenter des parois peu épaisses. Ces terrines, quon peut parfois remplacer par des caisses en bois plus ou moins grandes et peu profondes (6 ou 8 centimètres seulement, et même moins), sont surtout très-convenables pour cultiver les Sene acaulis et erscapa, V'Aretia Vitaliana, les

Saules herbacés, fruticuleux et rampants, le Loiseleuria pro-

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