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Fig. 28. — Couvent de la Grande-Chartreuse.

l’'Orchis globosa, à fleurs rose vineux, la Campanule à feuilles rhomboïdales, la Renouée vivipare, le Géranium des bois, le Bluet vivace ou Centaurée des montagnes, la Globulaire nudicaule, le 7rifolium montanum, la Grande Gentiane, le Varaire blanc, la Pédiculaire feuillue, ete.

Un peu plus haut, à l'ombre de quelques Sapins mélangés de grands Épicéas, sur les vieilles branches desquels se suspandent capricieusement les Usnées, nous verrons les :

Polygonatum verticillatum, Lysimachia nemorum, Luzula nivea, Lonicera nigra, Pirola secundu, Rosa alpina.

Des Hètres plus que séculaires, quelques Ifs et Pins silvestres, des Bouleaux et de rares Saules Marceau, forment, avec le Sapin de Normandie et l'Épicéa, le fond de la forêt.

Un étroit sentier nous conduit, dans la direction de l’est, à une petite éclaircie où subsiste encore la chapelle de Notre- Dame-de-Casalibus, et, un peu plus haut, celle de Saint- 3runo. C’est là que fut construit, vers le onzième siecle, le couvent des Chartreux, et ce n’est que six siècles après qu'il dut être, par suite des avalanches entraînant des Sapins ou des blocs énormes détachés de la montagne qui l'anéantirent plusieurs fois, rebâti sur l'emplacement qu'il occupe actuellement.

Les environs de la chapelle de Saint-Bruno (alt., environ 1,180 mêtres) sont très-pittoresques. Au milieu de débris d'arbres et de rochers précipités des sommités voisines par les avalanches ou les éboulements, on trouve beaucoup de plantes appartenant aux régions alpestres boisées et humides. Tels

sont les :

Deutaria digitatu, Anthriseus abortivus, Epilobium trigonum, Poa sudetica, Veronica montana, Vicia dumetorum, Adenostyles albifrons, Ranunculus aconitifolius, — alpina, Aria Chamæmespilus, Campanula latifolia, Hypericum delphinense.

xeprenons dans la forêt le sentier qui conduit directement à Bovinant, où nous arriverons dans une heure, et cueillons, chemin faisant, les Ranunculus lanuginosus, Stellaria nemorum, Phyteuma Spicatum qui est toujours à fleurs bleues dans nos montagnes, tandis qu'aux environs de Paris on ne le rencontre jamais qu’à fleurs blanches ; puis les :

Spiræa Aruncus, Ranunculus platanifolius, Arabis alpina, Galium anisophyllon, Ptarmica macrophylla, Cerinthe minor,

Aconitum Anthora, Viola biflora.

Plus nous nous élevons, plus les arbres décroissent en nombre et en hauteur; le sol devient aussi plus abrupte et plus pierreux, et la végétation arborescente n’est guère représentée que par quelques individus isolés et rabougris des espèces déjà rencontrées ; ajoutons cependant les Sorbus Mougeoti et le Juniperus communis. Par contre, la quantité des espèces herbacées s'accroît, mais moins par le nombre que par la qualité.

Citons, parmi ces dernières, les espèces suivantes, qui, par leur humble taille et le mode de végétation, appartiennent décidément aux plantes alpines :

Alchimilla alpina, Calamintha alpine, Veronica aphylla, Plantago montana, Hypericum nummularium, Erinus alpinus, Arenaria ciliata, Viola calcarata, Sedum atratum, Primula Auricula, Saxifraga muscoides, Kernera saxatilis, Vaccunium vitis-ideæu, Betonica Alopeeuros,

que nous retrouverons plus abondant en gravissant les pentes du Grand-Som.

Nous atteignons enfin le sommet de la montée rapide, et nous arrivons aux vertes prairies avoisinant le col qui sépare les rochers abruptes d’Aliénard de ceux non moins escarpés du Grand-Som.

Nous trouvons là le chalet de Bovinant (alt., environ 1,812 mètres). En face de lui, sur l’autre versant, se trouve le commencement de la vallée des Éparres, qui conduit à Saint-Pierre-d’Entremont. Prenons, dans les pâturages qui commencent l’entrée de cette vallée, les Ranunculus spretus, Myosotis alpestris et Trifolium Thaliü, et dirigeons-nous, à gauche, sur les pentes rocailleuses et plus où moins herbeuses. Nous y trouverons: le Geum montanum et le Globularia cordifolia; deux charmantes fougères : Lastrea rigida et Cystopteris alpina ; puis : le Sedum Rhodiola, V'une des espèces du

genre les plus difficiles à cultiver; le Plantago alpina, le Bartsia alpina que le parasitisme à peu près certain rend incultivable ; le Va/eriana montana, Yune de nos plantes à bordures les plus recherchées pour lélégance de ses fleurs, la précocité et la durée de sa floraison, l'Orchis noir, etc.; enfin deux espèces arbustives: le Juniperus nana et le Rhododendron ferrugineum.

Revenons sur nos pas etexplorons les rochers situés à droite de l’ouverture de la vallée des Eparres ; là nous trouverons, dans le terreau qui se forme dans les fissures ou dans les débris à pente très-rapide de ces rochers, les : Ranunculus alpestris et Potentilla nitida, charmantes plantes à fleurs blanc pur, mais qu'on ne peut, quoi qu’on fasse, conserver longtemps dans les cultures ; puis les :

Hieracium villosum, Astrantia minor, Bellidiastrum Michelii, Primula Auricula, Salix retusa, Draba aizoides, Saxifraga oppositifolia, Silene bryoides,

— Aizoon, Vaccinium vitis-idæu.

Gentiana angustifolia,

Ne nous arrêtons pas trop longtemps sur ces rochers, malgré les bonnes plantes qu’ils peuvent nous offrir, et dirigeons-nous sur leur droite; nous trouverons, à environ 150 mètres, trois sentiers qui font face au chälet de Bovinant et qui tous peuvent conduire au Grand-Som. C’est celui du milieu qui est le plus fréquenté; celui de gauche est des plus dangereux, à cause des précipices qu’il longe, et celui de droite, situé en face d’une fontaine, tourne la montagne en suivant constamment les pâturages ; 1l n'offre aucun danger et est fréquenté par de nombreux troupeaux, mais il est plus long que celui du milieu: aussi lui préférons-nous ce dernier.

Le chemin, ou plutôt le sentier dans lequel nous nous engageons, est très-sinueux et étroit; il longe, au nord-ouest,

des rochers et borde des précipices d’une effrayante profon-deur. On arrive, après une heure et demie de marche, au sommet du Grand-Som(alt., environ 2,048 metres), où setrouve une croix, et d’où, par un temps clair, on peut voir le cours du Rhône, Lyon, le lac du Bourget, le mont Blanc, les grandes Alpes, avec leurs pics formidables et leurs glaciers étincelants, et les montagnes du Forez et du Vivarais.

Le long de ce sentier escarpé, où par mesure de sûreté les R. P. Chartreux ont fait, en certains endroits, sceller une barre de fer pour servir de point d’appui, on rencontre les espèces suivantes :

Ranunculus alpestris, Dianthus cϾsius,

Primula Auricula, Hyperieum nummulartum, Potentilla nitida, Buplevrum ranuneuloides, Silene bryoides, Aster alpinus.

Puis quelques pieds rabougris des Pinus uncinata et silvestris. C’est aussi là qu’on trouve l’Orytropis Jacquini décrit par Pillustre Bunge dans les Mémorres des savants étrangers de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (t. VII, année 1851, sous le n° 333), et qui a pour synonymes l’'Oxytropis montana, Gaud., et l’Asfragalus montanus, Jacq., Flor. austr. C’est une plante intéressante confondue dans les flores francaises les plus récentes avec une espèce très-voisine, il est vrai, mais moins élevée, beaucoup plus velue, à fruits moins enflés, et surtout à fleurs bleu-violacé et non roses, caractères qui appartiennent au vrai O. montana, DC. qui croit plus particuliérement dans des localités moins froides, tels que les environs de Gap, le mont Ventoux, etc.

Arrivé sur le sommet du Grand-Som, qui forme un plateau assez large, on trouve dans les environs mêmes de la croix les :

Arenaria ciliata, Viola calcarata, Pedicularis gyroflexa, Soldanella alpina, Bartsia alpina. Geum montanum,

Ranunculus montanus, Sedum Rhodiola,

ni LES PLANTES ALPINES

et, dans les fissures des rochers, les Saxifraga muscoides eï opposihfolia, Thalictrum calcareum, etc.

Pour revenir du Grand-Som à Bovinant par un chemin autre que celui de laller, il faut se diriger un peu au sud, et l’on trouve bientôt l’amorce du sentier dont nous avons parlé, et que suivent les troupeaux. Chemin faisant, on franchit plusieurs petits vallons gazonnés, bordés de roches ou parsemés de débris rocailleux, sur lesquels on peut recueillir les :

Gentiana punctata, Saxifraga Aizoon, Var. micro- Aronicum scorpioides, phylla,

Lastrea rigida, Hypericum Richeri,

Astrantit minor, Sorbus Mougeoti.

Les lieux plus ou moins herbeux, ou plutôt les pâturages, surtout dans les parties où la neige séjourne le plus longtemps, offrent les Crocus vernus, Gagea Liottardi et Viola calcarata; la Soldanelle des Alpes, cette messagère du printemps, croit aussi dans les mêmes localités, où le plus souvent ses hampes percent la mince couche de neige qui les recouvre: pour épanouir leurs fleurs à sa surface. Les rochers ou débris. de roches exposés au nord sont remplis de nombreux buissons de Rhododendron ferrugineum aux tiges âgées et tout couverts de Mousses humides. C’est à la base de ces rosages qu'il faut chercher la Pinguicule des Alpes ainsi que l'H0mogyne alpina, auxquels s'associent le plus souvent la Pàquerette de Micheli.

Pour revenir à la Grande-Chartreuse par le Sappey, om doit prendre, en quittant le couvent, un chemin de voiture. situé à gauche, et on arrive, après vingt minutes de marche, à la Courrerie, formée d'anciens bâtiments assez spacieux dépendant du couvent et où se trouvent notamment l'hôpital, la lingerie, la pharmacie, et, au-dessous des bâtiments, un vaste. fardin potager. En suivant toujours le même chemin, on traverse bientôt une forêt, puis le pont dit du Grand-Logis,

sous lequel passe le Guiers-Mort. Ce pont forme l'entrée du Désert du côté du Sappey. De ce point, on suit la même voie pendant environ trois quarts d'heure, et on arrive au hameau de Morina, puis à une scierie. Là, l'horizon s’élargit et l’on découvre au midi, et situé au pied même du Grand-Som, le village de Saint-Pierre de Chartreuse, dont dépend le couvent de la Grande-Chartreuse.

Le chemin du Sappey ne traverse pas ce village. Près d'un second pont on passe encore le Guiers-Mort. Ici le chemin se bifurque : celui de gauche conduit à Saint-Pierre, telui de droite se dirige sur le Sappey en passant aux Bargettes, puis sur le plateau de Morina. On peut arriver en deux heures de marche à la forêt de Portes, après avoir franchi les parties basses des hameaux des Guillets et des Cottaves. Le parcours, depuis le Grand-Logis jusqu'à la forêt de Portes, est peu intéressant au point de vue botanique. On longe des champs cultivés, des prairies naturelles, des pelouses, etc. À peu près à égale distance de la Chartreuse à la forêt de Portes, on voit, sur la droite, la montagne de Charmanson. C'est là que croissent deux plantes intéressantes et rares en Dauphiné : les Potentillu delphinensis et Sarifraga mutata.

Si on a quitté le couvent de bon matin, on peut arriver à la forêt de Portes dans la matinée; ce qui permet, si l’on est bon marcheur, de faire l'ascension de Chamechaude (environ 2,089 mètres d’alt.), qui setrouve à gauche de la route. C’est une montagne assez riche en plantes peu communes. On explorera successivement des bois taillis, les gazons qui leur succèdent, puis des rochers, et enfin, tout à fait à la partie supérieure, qui est fortement inclinée, des débris de rochers. Dans les bois on recueillera quelques belles espèces, entre autres les Ranunculus lanuginosus et platanifolius ; — ce dernier est plus beau et moins difficile à cultiver que son voisin le À. aconitifolius; —1e Chœrophylhum aureum , ete. On trouve là de véri-

tables parterres d'Epilobium spicatum, depuis longtemps tribu taire de nos jardins, ainsi que les Pérola minor et secunda, Rosa Reuteri et omissa, Arnica montana, Aconitum Lycoctonum et Anthora, Poa Chairi, Pinquicula vulgaris, le splendide Orchis pallens, etc.

Sur les rochers qui font suite aux bois et dans des lieux arides, on trouve les :

Trifolium Thalit, Arenaria cilata, Sideritis hyssopifolia, Calamintha alpina, Poa alpina, Adenostyles alpina, Linum salsoloides, Phleum Micheli, Hieracium cymosum, Primula Auricula,

Salix retusa, rio 9 — Frvan A aehro ‘11 + = Fig. 29. — Erysimum ochroleucum. Silene quadrifidu.

Dans les prairies alpines qui succèdent, dans les rochers du sommet de Chamechaude, comme aussi dans les débris mouvants qui les précédent, on peut recueillir :

Leontodon pyrendaicus, Rhododendron ferrugineum, Anemone alpü, Silene bryoides,

Potentilla cu'eux, Coronilla vaginalis,

Orchis globosa, Oxytropis montan«x,

— «lbida, Thlaspi rotundifolium, Nigritella angustifolia, Petrocallis pyrenaica, Pedicularis gyroflexu«, Saxifraga muscoides, Aster alpinus, Potentilla nitida,

Senecio Doronicum, Erysimum ochroleucum (fig. 29), Buplecrum longifolium, Galium anisophyllon,

Alnus viridis, Linaria alpina,

Paradisia Liliastrum, Saxifraga oppositifolia, Ranunculus montanus, Ranunculus Seguieri, Campanula thyrsoides, Poa distichophylla.

Ces récoltes faites, on descend à la forêt de Portes, c'est-àdire à la base de Chamechaude, et on se dirige sur le Sappey (en

viron 989 métres d’alt.), qui en est peu éloigné. Une distance de 12 kilomètres sépare ce village de Grenoble, eton peut la franchir en une couple d'heures. La route est belle, d'ailleurs, surtout au point où l’on aperçoit

la magnifique vallée EUR

de l'Isère. Cueillons à | droite de la route, sur le versant qui longe la base du Saint-Eynard, le Daphne Verloti, et gagnons rapidement Montfleury, d’où nous rejoindrons bientôt la

route de Grenoble à Chambéry. Nous tra Fig. 30. — Linaria origanifolia. verserons la Tronche

où, sur les murs, nous aurons sans doute la bonne fortune de récolter le Linaria origanifolia (fig. 30).

ÉPANMONT-- CENTS

Le lieu le plus rapproché du mont Cenis que nous choisirons comme le point de départ de notre excursion, sera Lans-le-Bourg, où l’on peut se rendre de Chambéry par la voie ferrée. Mieux vaut, étant à Chambéry, prendre le chemin de fer jusqu'à Saint-Michel, s'y arrêter quelques

1. Souvenirs d’un voyage fait en 1863 avec la Société botanique de France, en compagnie de nos amis E. Gaudefroy et E. Perrier de la Bâthie. Des relations de ce voyage ont été publiées par nous, soit dans la Revue horticole et les Bulletins de la Société botanique de France, soit dans notre Guide du botaniste herborisant, auxquels nous renvoyons nos lecteurs qui désireraient de plus amples détails sur cette importante localité.

heures, y coucher même et faire à pied, le lendemain, le chemin qui le sépare de Lans-le-Bourg. On aura ainsi l’occasion, en remontant la vallée de l’Arcq, si profonde et si accidentée dans certains endroits, et qui a quelques traits de ressemblance avec la non moins pittoresque vallée qui conduit du Bourg-d’Oisans aux glaciers de la Grâve et au Lautaret, dans les Hautes-Alpes, de prendre un avant-goût de la végétation alpine au milieu de laquelle nous devons passer quelques jours. Nous trouverons, en effet, sur les rochers bordant la route, plusieurs espèces saxicoles, et, dans des éboulis «de rocs, quelques témoins descendus des hauts sommets environnants.

Pour nous donner une idée des plantes qui croissent sur les montagnes pelées qui avoisinent Saint-Michel, nous choisissons celle du Pas-du-Roc, par exemple, où nousrencontrerons, à cause de son exposition chaude, une foule d'espèces appartenant à la région méridionale. Nous cueillerons, entre autres, lés?s

Xeranthemum inapertum, Bromus squarrosus, Sedum nicæense, Podospermum laciniatum, — albescens, Lactuca flavida.

Sur le Pas-du-Roc même, les :

Linosyris vulgaris, Stipa capillata, Lasiagrostis Calamagrostis, Achillea odorata, Melica nebrodensis, Leontodon crispus, Stipa pennata, Æthionema saxatile.

Puis, mélangées à elles, des espèces véritablementalpines, nas d’une végétation peu brillante en raison de l'aridité du lieu, telles que :

Buplevrum ranuneuloides, Hieracium lanatum, Aster alpinus, Arabis alpina,

Thesium alpinum, Solidugo minuta, Trisetum distichophyllur, Sempervicum montanurn. Nepeta lanceolata, — Delassiæi,

Astragalus Onobrychis, — Laggeri.

Et çà et là, dans les endroits un peu frais et herbeux, le joli Dianthus monspessulanus (fig. 31).

Le Jonc des Alpes se montre partout dans les ruisseaux qui bordent la voie ferrée par laquelle nous opérons notre retour à Saint-Michel.

Il nous faut, le lendemain, à cause de la longueur du trajet quenous avons à faire, quitter Saint-Michel de très-bonne heure ; il serait même préférable, en raison du petit nombre de plantes que procure l’inspection des bords de la route située entre Saint-Michel et Modane, de quitter, comme nous l’avons fait, cette

petite ville dans le milieu de la nuit, de Fig. 31. — Dianthus monspessulanus. manière à arriver à Modane vers quatre ou cinq heures du matin. N'oublions pas, arrivés là, qu'une distance d'environ 23 kilometres nous sépare de Lans-le-Bourg ; aussi, mettons-nous en route le plus tôt possiblé, et ne nous arrêtons que lorsque des plantes rares se montreront à nous. Les Aÿra brigantiaca et Hieracium florentinum nous accompagneront sur le bord des ruisseaux qui longent notre route jusqu'à Avrieux (alt., 1,202 mètres environ).

D'Avrieux au fort de l’Esseillon, où l'aspect de la vallée étroite est majestueux et le torrent de l’Arcq profondément

encaissé, on pourra trouver, sur le talus qui borde la route, à droite, un assemblage important d’espèces élégantes ; nous citerons entre autres les :

Galium tenue, Saæifraga oppositifolia, Erysimum helveticum, — A1z00n, Hieracium staticifolium, Ononis rotundifolia, Epilobium rosmarinifolium, Campanula pusilla, Saxifraga aizoides, Astragalus Cicer,

et, à l'ombre de quelques arbres, les lolyqala Chamæbuxus et Erica carnea, deux jolies plantes arbustives qui sont depuis longtemps introduites dans nos jardins, mais où on ne peut les cultiver qu’en terre de bruyère.

Du fort de l’Esseillon, qui est bien l’un des endroits les plus sauvages et les plus pittoresques de la vallée, au village de Bramans, les rochers offrent les Æieracrum amplexicaule et villosum, V'Erigeron alpinus et une forme grandiflore du Sedum dasyphyllum. C’est à environ 100 mètres d'un pont situé avant d'arriver à Bramans que nous primes, sur d'énormes blocs de calcaires blancs, le Matthuola varia, jolie Crucifère assez voisine du A7. tristis, du midi de la France.

De Bramans au village du Verney (alt., 1,248 mètres environ), on ne trouve que quelques espèces rares à récolter; citons surtoutle Potentilla caulescens, qui croît dans les fissures étroites des rochers situés à gauche de la route, et l’'Erysimum virgatum, qui est assez abondant dans une haie voisine. Dans des prés non encore fauchés apparaît, dans un splendide état de développement, le joli Gentiana cruciata.

Nous arrivons enfin à Lans-le-Bourg. Il est environ trois heures. Réparons nos forces et reprenons bien vite le chemin pour gagner, le plus rapidement possible, le plateau même du mont Cenis. Pour cela ne suivons pas la véritable route qui, pour atténuer la rapidité de la pente, décrit d’'interminables circuits ou lacets, en augmentant considérablement la distance, et prenons un sentier qui, partant des dernières

maisons de la ville après avoir traversé le pont et en obliquant un peu sur la droite, va rejoindre la grande route à une faible distance de son point le plus élevé. Ce sentier à pente trèsrapide, et qui est longé par la ligne télégraphique, traverse successivement des pentes arides et plus ou moins herbeuses, de rares taillis, des débris de rochers, puis enfin quelques prairies de peu d'apparence encore. La localité qui traverse ce sentier est désignée sous le nom de /4« Ramasse.

Les plantes des pentes peu rocheuses mais arides n’offrent qu'un médiocre intérêt ; aussi n’indiquons-nous pas la liste nominative des espèces qui s’y trouvent ; plus haut, quelques buissons de Rosiers curieux se montrent à nos regards. IIS appartiennent surtout aux espèces suivantes :

Rosa alpina, Rosa cabalicensis, — lagenarit, — Greniert.

— rubrifolix, — montant.

Plus haut encore, des taillis, composés en général d’'A/nus viridis, de Pinus sivestris, d'Aria Chamæmespilus, de Cotoneaster vulgaris et tomentosa, et de Lonicera alpigena, abritent ou accompagnent un petit nombre de plantes des régions subalpines. De ce nombre sont :

Dryas octopetala, Bellidiastrum Michel, Arctostaphylos uva ursr, Campanula rhomboidalis, Vaccinium vitis idæa — thyrsoides, Betonica hürsuta, — barbata, Hepatica triloba, Colchicum alpinum, Hypericum androsænifolium, Orchis albida.

Dans les parties plus découvertes qui succedent, et avant d'atteindre les véritables prairies, on trouvera les :

Silene acauls, Alchinailla vulgaris, Var. subse- — bryoides, r'icea, Oxytropis campestris, ê — alpina, Trifolium Thalii, — subsericeu, — pallescens, Plantago montanx,

Onobrychis montana, Poa cenisia.

Après avoir rejoint la grande route à peu de distance du dernier poteau télégraphique de la Ramasse, sur les terrains schisteux qui la bordent, à gauche, apparaissent les : Astragalus aristatus, Athamantha cretensis, Laserpitium gallicum,

Scutellaria alpina, Linaria ochroleuca, Euphrasia alpina, Reseda Phyteuma.

Ptychotis heterophylla, Sisymbrium austriacum, Gypsophila repens, Saponaria ocimoides, Silene vallesia,

Alsine Bauhinorum, Astragalus Onobrychis,

Le jour avance rapidement, et trois ou quatre kilomètres nous séparent de l'hôtel de la Poste, c’est-à-dire du but de notre course d'aujourd'hui. Abandonnons la grande route et prenons, au milieu des magnifiques prairies qui nous entourent, un petit sentier assez bien frayé. Nos boîtes sont depuis longtemps déjà remplies. Cependant nous ne pouvons résister à l'envie de cueillir quelques-unes des belles plantes qui nous environnent, et parmi lesquelles nous distinguons, malgré le brouillard et la pluie, les :

Ranunculus platanifolius, Dianthus neglectus, Veratrum album, Soyeria grandiflora, Gregoria Vitaliana,

Carex atrata, Campanula barbata, Gentiana Kochian«, Ligusticum ferulaceum, Carex capillaris,

Nous arrivons enfin à l’hôtel de la Poste, d’où nous apercevons très-bien le lac; et, après un repas bien légitimement gagné, nous nous mettons à préparer nos récoltes.

Le mont Cenis (fig.32), qu'il serait préférable de nommer, à cause de sa forme, le col du mont Cenis, est une sorte de corbeille échancrée aux deux extrémités de son grand diamètre; la grande route traverse longitudinalement son plateau, qui mesure environ six kilomètres de longueur, et qui est un peu plus élevé du côté de la France que du côté du Piémont. Si la montée du versant français est aride, la descente du versant piémontais n’est pas moins rapide, et, de ce côté surtout, la

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