VER
— recurva,
—- cihata, Rhamnus pumilu, Oxytropis campestris, Astragalus aristatus, Dryas octopetala, Potentilla pedemontana, Alchimilla vulgaris,
— subsericea, Astrantit minor, Buplecrum ranunculoides,
Hieracium glaciale, Hieracium Camerari, Vaccinium uliginosum, Rhododendron ferrugineum, Gentiana brachyphylla, = Cern«, Veronica Allioni:, — fruliculosa, — alpin«, Pedieularis fasciculata, — ünCA RNA , — Cenisia, Kaœleria brevifolix, Avena Scheuchzeri, Poa alpina,
Anemone vernis, Festuca pumile, Athamantha cretensis, — varia, Centaurea uniflora, — violacea,
Et enfin une remarquable Caryophyllée, le Saponaria lutea, formant de larges touffes denses, vert glauque, sur lesquelles tranche peu la teinte jaune clair des fleurs.
Revenons sur nos pas, franchissons, près de sa naissance, le torrent de la Cenise, et explorons, dans la direction du sud au nord, les abords du lac formés en partie de pentes souvent rapides, tantôt herbeuses, tantôt peuplées de quelques arbrisseaux de très-petite taille : Salir, Alnus, Rhododendron: nous rencontrerons à chaque pas, désormais, ainsi que dans les belles prairies avoisinant le lac même, une infinité d'espèces nouvelles qu'il nous faut absolument cueillir. Ce seront entre autres les :
“ÿ Reonunculus Villarsi, Phyteuma betonicæfolium, Botrychium Lunarix, — Halleri, Astrantit major, Juncus trifidus, Chœrophyllum hürsutunr, Carexæ ferruginea, Knautia subcanescens, — sempervirens, Arnica montana, — atrata,
Crepis aurea, Festuca rhœtica, Hivracium sabinum, — spadiceu,
— glaciale, — varin.
Trollius europœus, Adenostyles albifrons, Aquilegia alpina, Hugueninia tanacetifoliu, Viola biflora, Lilium Martagon, Phaca alpina, Cystopteris fragilrs, Hypericum androsæmifolium, Asplenium viride, Phyteuma Michelir, Poa alpina, var. brevifolia,
et, tout près du lac, sur de petits monticules herbeux, le Saussurea alpina, vax. cygnoglossifolia, le beau Gentiana asclepiadea, enfin, presque au bord de l’eau, les Cirsium heterophyllum et helermoides.
On doit, après avoir longé le lac pendant environ vingt minutes, le quitter et se diriger vers deux chalets qui se trou-
vent à une faible distance de l’entrée de la gorge de Savalin. Atteignons ces derniers, tout en cueillant la belle Centaurée alpestre, et, au milieu des graviers, les :
Cerinthe alpina, Saxifraga aizoides,
Epilobium Fleischeri, Cirsüum Spinosissimum, quatre espèces fort élégantes : la première, par la glaucescence de son feuillage; la seconde, par la grandeur et le nombre de ses fleurs rose violet; la troisième, par la teinte jaune vif de ses corolles, et la derniére par son feuillage pittoresque et trèsépineux, surtout dans les feuilles toujours un peu jaunâtres qui accompagnent les calathides. A elles se joignent aussi la Linaire des Alpes, l'Épervière glauque et le Tamarix des vallées alpines.
Nous arrivons à la gorge de Savalin; elle est peu profonde, mais fraiche, et ses bords assez rapides; des prairies forment celui de droite, et des bois peu élevés, composés en partie d’Afaus viridis et de divers Saules, occupent celui de gauche ; c’est sur ce dernier que croit, à une faible profondeur et à une altitude de quelques mètres seulement, le rare et curieux Cortusa Matthioli. Il est là très-abondant, et croît en compagnie de la belle Pirole à feuilles rondes.
Cueillons, sur l’autre flanc de la gorge, la Potentille des rochers, le Viola sciaphala, VEuphrasia puberula, et gagnons au plus tôt l'extrémité septentrionale du lac. Là, nous trouverons les Carex bicolor, juncifolia et microglochin, le joli Hieractum aurantacum, une de nos plantes alpines les plus rustiques dans les jardins, et enfin, dans le lac même, le Potamogeton marinus.
Nos boîtes sont pleines, et, depuis longtemps, le produit de nos récoltes forme l’objet de paquets supplémentaires. Rejoignons rapidement notre gîte, ce que nous pouvons faire en vingt minutes.
Le lendemain, il faut nous mettre en route de bonne
heure et accomplir, d'une maniére aussi fructueuse que possible, notre second itinéraire.
Nous nous dirigeons, comme la veille, à l’extrémité méridionale du lac, en traversant les prairies déjà parcourues. Quelques monticules nous offrent les Arabis cenisia, Gentiana tenella, nivalis et campestris, ainsi que le Sagina qlabra, qui nous avaient échappé hier.
Abandonnant ces pâturages, nous nous dirigeons vers la première maison de refuge qu’on rencontre après l’Hospice; là, dans des lieux marécageux ou sur des pelouses plus ou moins humides, nous recueillons plusieurs rares Cypéracées, entre autres, les :
Carex juncifolia, Scirpus alpinus,
— microglochin, Scirpus bæolhryon,
— bicolor, Juncus ranarius.
Si nous visitons, non loin de là, des graviers roulés par le torrent, nous trouverons de magnifiques touffes d’Herniaria alpina et d'Oxytropis cyanea.
Après avoir passé la Cenise, nous commençons l’ascen— sion des pentes herbeuses, qui ne sont qu’à une faible distance et dont la hauteur n'excède pas 300 metres. Leur inspection attentive nous fournira, outre une partie des plantes recueillies déjà, les :
Epilobium alsinifolium, Astrantia minor, Sedum atratui, Buplecrum ranunculoides, Polystichum filix mas, — aculeatuin, Veronica bellidioides, Gnaphaliun norvegicum, Senecio Doronicum, Hieracium villosum, Asplenium viride,
Androsace carnea,
Luzula Spicata, Carex frigida,
— ornithopoda, Festuca violacea, Avena Hostii, Aspidium Lonchitis, Cardamine resedifolia, Sisymbrium pinnatifidum, Alchimilla pentaphyllea,
— pPyrenuica,
Veronica tenella, Omalotheca supina,
Viola calcarata, Leucanthemum alpinum, Pedicularis comosa, Saliz myrsinites,
Salix arbuscula, Salix serpyllifolia, Myosotis alpestris, — retusu, Ranunculus Villarsti, — reticulata, Potentilla pedemontana, Poa sudetica.
Ici doit se terminer notre ascension, car nous sommes déjà bien éloignés de notre point de départ. Dirigeons-nous du sud au nord de maniere à atteindre la partie méridionale .du lac, d’où nous opérerons notre rentrée à l'hôtel. Nous rencontrerons, tout en descendant, des pentes vallonnées, sur quelques unes desquelles croissent er abondance les Salir hastata et glauca ; ce dernier y est parfois si abondant qu'il produit un singulier effet par la teinte grise de son feuillage tout couvert d'un tomentum blanchâtre et satiné.
Après avoir cueilli, toujours en descendant, le Gentiana punciata et le Luzula spadicea, nous atteindrons bientôt deux ou trois petits lacs dans lesquels nous remarquerons encore le Ranunculus lutulentus. Nous arrivons enfin par des pentes tresrapides, et sans augmenter de beaucoup nos richesses, à l'ex: trémité du lac.
Notre troisième journée doit être, on se le rappelle, consacrée à la course de Ronche. Quittons, toujours de bon matin, l'hôtel, et, au lieu de prendre le chemin ie plus direct, engasœeons-nous dans les prairies situées derriere l'Hospice. Si nous les parcourons jusqu'aux débris schisteux qui leur font suite, nous y trouverons presque toutes les espèces qui peuplent les prairies que nous avons visitées, et, de plus, un petit nombre d’autres que, soit pour leur belle venue, soit pour leur rareté, nous mentionnerons ici. Telles sont les :
Hieracium sabinum, Festuca spadicea, Biscutella lævigata, Campanula rhomboiïdulis, Trifolium alpinum, Arenaria ciliata, Potentilla pedemontana, — vern«,
et enfin le Viola alpestris, sorte bisannuelle si curieuse et si. distincte dans ces lieux par ses fleurs jaunés, mais que nous arrivons cependant pas à conserver dans nos jardins où elle ne tarde pas, cultivée dans le voisinage d'espèces du même croupe, à changer de coloris et de formes, à tel point qu'il n’est plus possible, après un petit nombre d'années, de la distinguer du Viola arvensis, var, tricolor; et un Polygala curieux par la consistance arbustive de ses souches, ainsi que par d’autres caractères, et auquel M. Perrier et moi avons donné le nom de P. pedemontana (fig. 33).
Dans les éboulis
précités, dont la rapidité de la pente rend le parcours très-difficile, nous trouvons quelques plantes intéressantes des hauts sommets ; tels sont les:
Fig. 33. — Polygala pedemontana.
Alyssum alpestre, Silene alpina, Artemisia glaciulis, Campanula Allioni, = Mutellina, Viola cenisia.
Cessons de nous élever davantage, aussi bien à cause des difficultés que l'ascension présente que du peu d'espèces rares que nous aurions à ajouter à la liste précédente, et gagnons, tant bien que mal, en nous dirigeant du nord au sud, les maigres pâturages que nous distinguons à peine, et qui paraissent situés à peu près à l'altitude à laquelle nous nous trouvons. Là nous ferons une ample moisson du rare Carex curvula. Nous avons quitté depuis longtemps déjà la région des prairies et des pâturages et nous avancons petit à petit au but de notre course.
Les graviers de Ronche, que nous atteignons bientôt, occupent une étendue qui n'a pas moins de quatre kilomètres de longueur sur deux de largeur, et ne se composent en général que de débris schisteux de grosseurs diverses, détachés sans doute par la fonte des neiges des rochers avoisinants, dont les sommités peu éloignées conservent toujours leur éternel linceul. L'aspect en est triste, surtout quand, comme la seule fois qu’il nous a été donné de les voir, on est surpris par l’un de ces épouvantables orages si fréquents dans ces immenses solitudes. Nous fûmes obligés d'opérer une retraite rapide et que nous regrettämes d'autant plus qu'une distance de 300 mètres à peine nous séparait des neiges; dont le voisinage aurait sans doute fourni quelques nouvelles richesses à enregistrer.
Les plantes qui se sont successivement montrées à nous sont:
Poa alpina, Surifraga exarata,
— frigida, — planifolia, Oxytropis fœtida, Galium helveticum, Ptarmica nana, —N'alpestre, Trisetum distichophyllum, Chrysanthemum alpinum, Pedicularis rosea, Leontopodium alpinum, Artemisia glacialis, Alopecurus Gerardi, Campanula cenisia, Herniaria alpina, Petrocallis pyrenæica, Sibbaldia procumbens, Erysimum pumilum, Oxytropis pilosa, Taraxzacum Pacheri, Anthyllis vulnerarioides.
Nous faisons main-basse, en descendant aussi rapidement que possible, sur les Carex capillaris, frigida, juncifolia et Kobresia caricina que nous trouvons très-abondamment sur les rochers herbeux et humides; et, dans les prairies inférieures, sur de beaux pieds d’Arabis cenisia et d'A. Alioni.
Nous devons, le lendemain, nous rendre à la montagne dEau-Blanche, Pune des plus élevées des environs ; réparons donc le mieux possible nos forces passablement épuisées par les herborisations des jours précédents.
Pour se rendre à Eau-Blanche, on gravit, jusqu’au point où nous les avons quittées l’avant-veille, les pentes herbeuses situées à l'extrémité sud du lac. Leur parcours nécessite environ deux heures de marche soutenue, pendant lesquelles nous ne récoltons aucune plante. Cependant nous nous arrêtons de temps à autre pour admirer le développement remarquable que présentent certaines espèces déja citées. Deux surtout nous frappent sous ce rapport, ce sont les Si/ene exscapa et Loiseleuria procumbens.
Nous arrivons au point le plus élevé des pentes herbeuses, dont l'accès a nécessité l'emploi d’un temps assez long, par suite des nombreux vallons quiles séparent. Nous atteigrons enfin, apres une descente sur des gazons fournis et en obliquant un peu sur la gauche, des débris rocailleux et mouvants limités à droite par des rochers taillés à pic dont la base, que nous longeons pendant environ une heure, nous procure:
Alsine Villarsii, Saxifraga diapensoides, Arendaria recurv«a, Hicracium Jacquini, — ciliata, — pulmonarioides, — grandiflora, Phyteuma pauciflorum.
Phaca australis, Saxifraga cœsix.
Abandonnons ces rochers et explorons les éboulis qui se trouvent à droite; nous y trouverons en autres les :
Oxytropis pilosa, Asplenium viride, Doronicum scorpioides, Polystichum rigidum, Scrofularia juratensis, Senecio Doronicum.
Oxyria digyna, Gentiana campestris.
Gravissons toujours ces débris, nous trouverons bientôt, croissant sur des blocs de dimensions variables, les : Sazifraga planifolia, Saxifraga androsacea, — retus«, — oppositifolia.
Élevons-nous toujours et franchissons, sans trop appuyer sur la gauche, où nous pourrions tomber dans un profond ravin, l’arête des rochers supérieurs ; nous découvrirons bien-
tôt dans les fissures humides de gros blocs rocailleux, deux plantes rares : le fameux Nard celtique (Valeriana celtica) et le Prümula pedemontana. La Valériane celtique croit aussi à la base de ces mêmes blocs de rochers, ainsi que dans toutes les parties rocailleuses baignées par de nombreux ruisselets descendant du lac Blanc, vers lequel nous nous dirigeons. Les environs de ce lac, dont l’étendue et la configuration rap— pellent celles du lac de Domenon, des montagnes granitiques de l'Isère, sont assez pauvres et, à part les Tofieldia calyculata et Saxifraga stellaris, nous n’y avons rien trouvé qui méritaät d’être mentionné. Plus haut se trouve lelac Noir, qu’on peut atteindre en une dmie-heure. Le chemin qui y conduit est peu tracé ; on ne trouve, entre ces lacs, que des blocs analogues à ceux où nous avons recueilli le Valeriana celtica. Sur les bords du lac Noir, comme aussi sur les rochers voisins, on trouve plusieurs bonnes plantes à citer ; ce sont:
Juncus Jacquinit, Alchimilla pyrenaica, Adenostyles hybridu, Sibbaldia procumbens, Solidago alpestris, Eritrichium nanum, Saxifraga bryoides, Eriophorum Scheuchzeri, Gaya simplez, Carex approrimate.
Saxifraga retus«, Cerastium latifolium.
Là doit s'arrêter notre course. Il nous faut revenir par le chemin de l'aller, le seul qu’il soit possible, pensons-nous, de prendre ; nous trouverons peut-être au pied de quelques rochers moussus les Lycopodium alpinum et annotinum.
Quatre jours se sont déjà écoulés depuis notre arrivée au mont Cenis. Ils nous ont suffi, croyons-nous, pour cueillir la plus grande partie &es nombreuses espèces intéressantes qui peuplent cette magnifique montagne.
Nos récoltes sont abondantes ; emballons-les avec soin, de manière qu’elles puissent supporter sans souffrir le transport par diligence ou par voie ferrée, et préparons-nous à
quitter le lendemain matin ces localités dont les richesses végétales nous laisseront de bons et durables souvenirs.
Notre retour devant s’opérer par le col du petit mont Cens, nous prenons le chemin le plus court, et c’est celui qui ionge le lac à sa partie septentrionale. Ce n’est qu'avec regret que nous quittons ces splendides prairies qui nous paraissent plus belles encore. Malgré notre promesse de les parcourir sans récolter une seule espèce, nous ne pouvons cependant le faire, et de magnifiques échantillons de Scabiosa lucida, d'Erigeron Villarsii, d'Arabis arcuata et surtout d’Achillea tanacetifolia, sont mis dans nos boîtes avec tous les égards dus à leur beauté. En arrivant pres du sommet du col, nous récoltons aussi, sur un monticuie herbeux, le Carex membranacea, et, tout à côté de lui, l'Alopecurus Gerardi et les Hicracium glanduligerum et subnivale.
Apres avoir franchi le petit mont Cenis, nous descendons dans la vallée rocailleuse de la Villette où, sur quelques rochers, nous trouvons les :
Suponaria luteu, Saxifraga aspera, Draba Johannis, Primula pedemontana, Alsine Villursii, Chrysanthemum coronopifolium,
et, dans les éboulis même, les Hieracium prenanthoides et Lychnis Flos-Jovis.
Le fond de cette vallée, où coule un torrent alimenté par la fonte des neiges qui couronnent le sommet de la Combe d'Ambin, ne présente aucune espèce digne d'intérêt. Mais nous arrivons à un petit bois dominant le village de Bramans, dans lequel nous pouvons prendre les Pirola secunda, chlorantha et, uniflora; ce furent les trois dernières espèces récoltées. Quelques temps après, nous arrivons au village précité, à une faible distance des blocs de calcaire blanc où, six jours avant, nous recueillions le Matthiola varia.