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S III. — MULTIPLICATION DES PLANTES ALPINES

La multiplication des plantes alpines peut se faire comme pour les plantes herbacées en général, de deux manieres : 1° par semis ; 2 par éclats.

A. PAR SEMIS. — Devant donner aux descriptions des espèces figurées le mode de culture et de multiplication qui

leur convient, nous n’entrerons pas ici dans de longs détails à ce sujet.

Les semis peuvent se faire en toutes saisons, mais le printemps et l'automne, ce dernier surtout, sont les plus convenables. |

Les semis se font en pots ou en terrines bien drainés et en terre de bruyère très-réduite. Nous n’insistons pas sur le plus ou moins de profondeur à laquelle les graines doivent être enterrées, ce qui varie suivant leur volume; mais on devra autant que possible répandre les graines autour du pot et non dans leur milieu, et toujours en quantité plutôt petite que trop grande. Cette pratique rend plus facile Ja séparation des semis. Quoi qu'il en soit, les pots ou les terrines munis d'une étiquette indiquant l'espèce semée, sont placés sous des châssis bien exposés, et seulement après avoir été légérement bassinés. Ces bassinages constitueront, comme pour tous les semis en général, les seuls soins auxquels on devra recourir, et ils varieront de nombre et d'intensité, selon l’époque : si c'est en automne, ils seront donnés parcimonieu-sement et seulement de loin enlom; si c'est au printemps, ils seront plus fréquemment renouvelés.

Les semis sont un excellent moyen de propagation pour un grand nombre, et on pourrait même dire pour presque toutes les plantes alpines. C’est le seul procédé pour avoir bien portantes une foule d'espèces à racines pivotantes ou peu rameuses et de consistance assez sèche ; le Panicaut des Alpes, et celui à épines blanches, la grande Gentiane jaune, la Gentiane ponctuée et espèces analogues, le Phaca alpina, l'Hedysarum obscurum, Y' Orobus luteus et une infinité d’autres n'arrivent surtout à se maintenir dans nos cultures que par des individus issus de graines. C’est naturellement le cas aussi pour les plantes bisannuelles : Lychnis Flos-Jovis et alpina, ou peu vivaces : Linaria origarfolia, etc.

Aussitôt que le plant s'est suffisamment développé, on le sépare non pas isolément, ce qui serait trop long, mais on divise la potée en trois, quatre ou cinq parties, selon le cas, dont on forme autant de potées distinctes. La terre dont on devra se servir sera encore celle de bruyère, mais moins réduite que celle employée pour les semis.

Ces nouvelles potées seront aussitôt arrosées et placées à une exposition demi-ombragée, où elles restent jusqu'à l'automne suivant, époque à laquelle on les placera sous châssis, où elles hivernerout en compagnie des plantes de même nature.

B. PAR ÉCLATS. — La division par l’éclatage consiste à séparer isolément en petites touffes, soit par déchirement, soit a l’aide d’un instrument tranchant, les rejets plus ou moins enracinés qui apparaissent au collet ou sur les racines d’une plante, et à les replanter séparément. Cette opération est trop connue pour que nous en fassions l’objet d’un long article. Cependant, comme elle nécessite, dans le cas qui nous occupe, plus de précautions ou de soins que pour les plantes rustiques de nos jardins : Aster, Solidago, Phlox, etc., et qu’elle offre des modifications assez nombreuses, selon le mode de végétation, nous allons rappeler succinctement les règles à suivre dans les différents cas qui pourront se présenter.

L’éclatage peut se faire en toute saison ; cependant il vaut mieux ne le pratiquer que pendant la période du repos des plantes, ou bien au premier printemps, un peu avant le renouvellement de la végétation. Mais ces époques ne peuvent convenir aux plantes bulbeuses, dont la seule saison sera naturellement celle où les bulbes ou les rhizomes seront dans le repos le plus complet. D’ailleurs, le plus souvent, au moins pour les cultures en pots, l’éclatage ou la séparation des plantes se fait en même temps que le rempotage.

Un petit nombre de plantes se refusent absolument à subir cette opération. Ce sont celles dont la souche n’est formée que d’un pivot unique, et dont les bourgeons qui naissent de son collet ne donnent peu ou point de racines. Ex. : Gentiana lutea, Astragalus aristatus, ete. Quelquefois, cependant, en détachant avec la serpette une ou plusieurs tiges inférieures ou des yeux latéraux, munis d’une faible partie de la racine unique, on pourra obtenir un résultat assez satisfaisant; mais il est préférable, utile même, surtout si on a affaire à une espece rare, de ne pas employer ce moyen qui, 1l faut bien le dire, ne réussit que tres-rarement.

La forme la plus voisine de la précédente est celle que nous présentent PArmeria alpina, Y'Onomis cemisia, ete.; mais ici l’éclatage sera rendu plus facile, parce que les bourgeons ou les tiges qui partent du collet sont munis d’une certaine quantité de racines. Dans ce cas, il n’y a qu’à déchirer les touffes en deux ou trois parties et les planter séparément, après les avoir raccourcies.

Les plantes à racines dures, ligneuses et ramifiées, comme dans quelques Papilionacées : Æedysarum obscurum, Astragalus Onobrychis, Erinacea pungens, etc., peuvent être divisées, mais il ne faudra le faire qu'avec ménagement, et, à cause même de leur consistance, il sera utile de se servir de la serpette.

La séparation des plantes à tiges rhizomateuses plus ou moins courtes : Alchimilles, Potentilles, Épervières saxicoles, Primula Auricula et les espèces de ce groupe, s'opère toujours commodément; si les racines n’étaient pas en nombre suffisant, on se contenterait d’enterrer ces tiges, ce qu’on doit toujours faire, du reste, jusqu'à la naissance de la rosette de feuilles qui les termine, pour obtenir leur reprise. Quand ces rhizomes courts sont à peu près dépourvus de racines, on n’a pour ainsi dire affaire qu'à des boutures. On emploie ra-

rement le bouturage proprement dit pour multiplier les plantes alpines. Quelques espèces se prêtent cependant assez volontiers à ce genre de propagation; tel est par exemple le Sartfraga oppositifolia. C’est mème un excellent moyen d’avoir, l’année qui suit le bouturage, en choisissant toujours, bien entendu, les tiges feuillées du centre de la touffe, c’est-adire les plus âgées, de fort jolis pieds fleurissant plus abondamment que ceux obtenus par l’éclatage. Ces boutures se font dans de très-petits godets, et, lorsqu'elles sont bien reprises, or les plante en nombre et plus ou moins rapprochées dans une terrine. On obtient par ce procédé des tapis d'un charmant effet.

L'opération de l’éclatage se fait non moins facilement pour les” plantes à racines un peu renflées et qui produisent sur un axe plus ou moins court des bourgeons s'enracinant dans le cours de l’année; tel est le cas pour les Ranunculus pyrenœus, amplexicaulis, glacialis et Thora, Delphinium fissum, Aconitum à souche pivotante, Cypripedium Calceolus, etc. Mais elle devient tout à fait commode à effectuer dans toutes les plantes cespiteuses, rosulantes et tracantes; presque toutes celles qui appartiennent aux deux premieres de ces séries : Saxifrages, Graminées, Ramondia, Androsace carnea et Huetter, Saponaria cæspitosa, Silene acaulis, Sagina qlabra,etc., qui s’accroissent à l’aide de bourgeons axillaires qui s’enracinent bientôt par leur rapprochement du sol, sont détachées avec la main, où coupées, si l’axe qui les relie au collet de la plantemère ne pouvait se rompre sans endommager plus ou moins celle-ci.

En général, cependant, il est bien rare, dans ces deux cas, qu’on ait recours à ce moyen, et la division par le déchirement s'opère aisément pour la grande majorité d’entre elles; elle devient plus facile, enfin, lorsqu'on a affaire à des espèces traçantes soit par leurs tiges souterraines et radi-

cantes, soit par leurs rameaux rampant à la surface du sol, où elles s’enracinent de distance en distance.

Comme nous l’avons vu dans le premier chapitre de ce livre, plus on s’éloigne des lieux où croissent spontanément les plantes alpines, plus les exigences de culture augmentent, et partant plus leur emploi est rendu difficile. Aussi n’y a-t-il, parmi les espèc:s essentiellement alpines, qu’un très-petit nombre pouvant être cultivées en pleine terre dans les jardins situés à une distance très-éloignée de leurs stations naturelles. Si, en effet, nous voulons établir le bilan de celles'qui sont répandues dans nos parterres, nous ne trouverons à citer, en dehors des rustiques Sempervioum et Sedum et de quelques Saxtfrages à feuilles cartilagineuses, que quatre espèces : les Gentiana acaulis, Arabis alpina, Valeriana montana et Myosotis alpestris, employées à la formation de belles et durables bordures ; et encore avons-nous vu que la première avait besoin, pour produire tout son effet, d’habiter un lieu quelque peu éloigné des orands centres, et que là seulement elle pouvait montrer en nombre ses admirables fleurs. Cependant, si on modifie un peu la nature du sol naturel du jardin et qu’on lui substitue une terre légere, fraîche et plus perméable, on aura un petit nombre d'espèces à ajouter aux précédentes. Nous les trouverons surtout dans le genre Saxifraga, ce seront les : S. hypnoides, geranioides, furcata, Geum, hirsuta et umbrosa, etc. Si enfin à un terrain plus léger et plus poreux mais un peu élevé au-dessus du niveau du sol s'ajoute une exposition demi-ombragée, ce nombre s’accroitra encore, et nous verrons, sur les talus ou les glacis qui présenteront ces conditions, prospérer un nombre plus grand d'espèces em

pruntées aux altitudes élevées. Là pousseront, outre plusieurs Saxifrages délicats, tels que S, muscoides, oppsitifoha, tenella, cuneifolia, etc., la plus grande partie des primevères à souche caulescentes, notamment les Primula marginata et viscosa, puis l’Adonis vernalis, le Gentiana asclepiadea, le Swertia perennis, les Campanula cœspitosa, muralis et garganica.

Mais nous n’avons toujours là qu'une bien faible partie des remarquables espèces qui peuplent nos montagnes. Aussi, et c’est là où nous voulions en venir, dans les conditions où nous nous trouvons, la vraie maniere de conserver la erande généralité d’entre elles est, comme nous l’avons déjà remarqué, de les cultiver en pots qu’on peut faire hiverner sous châssis. |

Les plantes alpestres qui caractérisent la végétation d’une zone moins élevée et qui se rapprochent par conséquent davantage des lieux où nous pouvons les placer, offrént par cela même moins de difficulté. Aussi, la plupart des espèces cultivées généralement sous l’épithète d’alpines n’appartiennent, il faut le reconnaître, qu'à cette seconde division.

Mais il ne faudrait pas croire cependant que celles-ci n’ont pas besoin aussi de soins particuliers. Ces soins ne seront pas différents de ceux que nous venons d'indiquer pour les plan tes de nos hautes montagnes. Les plus rustiques de la série : Potentilla alba, Alchimilla alpina, etc., pourront servir à former des bordures; d’autres, un peu plus délicates, exigeront une terre spéciale comme aussi un lieu incliné; d’autres enfin se refuseront à croître en pleine terre, si le sol n'offre pas les qualités de légèreté nécessaire, ainsi qu’une exposition convenable. Ajoutons qu'il ne faut pas donner une importance absolue à l'altitude peu considérable à laquelle une plante aura été trouvée, car il n’est pas rare de voir les plantes des hauts sommets descendre dans des régions plus basses où elles ne seront en réalité que des transfuges. Tel

est le cas des Si/ene vallesia, Saponaria ocimoides, Gypsophila repens, etc.

Il est donc indispensable, pour cultiver dans nos plaines les plantes alpines ou alpestres, de les réunir dans un lieu qui remplira au plus haut degré les conditions suivantes : sol léger, frais, incliné, reposant sur un épais drainage et situé à une exposition à demi-ombragée. Cette exigence, qu’explique du reste le milieu dans lequel elles vivent spontanément, est facile à satisfaire jusqu’à un certain point, car, dans un jardin de quelque étendue, il est bien rare de n’y point rencontrer un endroit sinon montueux au moins incliné, talus, tertres, qui ne pourrait recevoir un petit nombre d’entre elles. Nous avons dit que les conditions essentielles pour ces plantes étaient, dans le milieu que nous habitons, un sol léser, poreux et frais, et un endroit abrité autant que possible contre les rayons du soleil. Dans les jardins paysagers, il n’est pas rare de rencontrer ces conditions réunies.

Dans un labyrinthe, qui entraîne forcément des dispositions de terrains très-variées, on trouvera toujours des endroits où lon pourra réumir, selon lPexposition, l’inclinaison et l’ombrage nécessaire, et selon la nature des arbres environnants, des emplacements qui conviendront soit aux plantes qui affectionnent les parties sèches, rocailleuses et arides ou un peu ombragées, soit à celles à qui une lumière diffuse est obligatoire. Cependant, quoi qu'il arrive, il faudra, une fois l'emplacement arrêté, et quelque bon que soit le sol naturel, remplacer celui-ci, sur une profondeur que devra déterminer la nature des plantes qu'on doit y mettre, par une terre convenable. On m’oubliera pas d’établir toujours dans le fond de la fosse un drainage épais destiné à faciliter lécoulement des eaux de pluie ou d'arrosage. L'emplacement préparé, on procédera à la plantation. Sur les versants sud, on plantera les espèces saxicoles ou rupicoles, qui ne redoutent

pas les effets d’un soleil ardent longtemps prolongé : Sédums, Sempervivums; Dianthus rupicoles, Globulaires, Coronilles, Linum suffruticosum (fig. 46) et flavum (fig. 47), etc., et tant d’autres qu’il ne nous paraît pas utile de citer. Le côté du nord sera réservé aux plantes qui affectionnent de préférence cette exposition, telles que les Fougères et la plupart des espèces némorales.

Aussitôt la plantation terminée, on répandra eur le sol une faible couche de mousse ou de sphagnum , destinée à

Fig. 46. — Linum sufiruticosum.

retenir l’humidité; et on arrosera, d’abord copieusement, puis ensuite selon le besoin.

Il sera bon pourtant, avant deffectuer la plantation, de distribuer sur la partie à planter quelques morceaux de pierres de meulière, afin de donner au terrain destiné à recevoir ces plantes une apparence rocheuse. |

Nous ne pouvons, on le comprend, passer

en revue tous les sites Fig. 47, — Linum flayvum.

d’un jardin pittoresque, où l’on pourrait établir des cultures de plantes alpines. Cependant, nous pouvons dire d’une manière générale que partout où larchitecte paysagiste aura jugé nécessaire, pour la création d’un jardin, de laisser

des blocs de roches débordant le niveau du sol (fig. 48), comme aussi partout où il établira des tertres plus ou moins rocailleux au milieu d’une pelouse, des rochers ou des rocailles à la base des ponts en pierres, ou des ponts rustiques en bois, des grottes et des cascades, partout dans ces différents cas on devra faire appel, pour les orner, à des plantes pouvant s’accommoder de ces conditions, et, parmi celles que nous connaissons, les plantes alpines seront les plus utiles.

Examinons quelles seront sinon toutes au moins la généralité de celles qui pourront nous servir, selon les genres d’ornementation rustique ou pittoresque qui se présenteront.

Si l’on veut orner de plantes alpines des monticules terreux, c’est-a-dire de simples buttes élevées au-dessus du sol, on pourra employer à cet usage des petites espèces rustiques, mais représentées chacune par un grand nombre d'individus. On pourra les placer en rangées circulaires ou rayonnantes, le sommet du tertre étant occupé par uue plante empruntée à une flore étrangere. Des Joubarbes, des Sédums, des Saxifrages, pourront être alternativement employés à garnir ces rangées, et le sommetdu monticule recevra par exemple un Agave, un Yucca, etc. Ce genre d’ornemen-tation, qui est si répandu en Angleterre, n’offre à vrai dire qu'un médiocre intérêt, car les assemblages qui en résultent ne sont rien Moins que Lracieux.

Nous leur préférons un tertre garni superficiellement de rocailles plus ou moins grandes et de formes irrégulières ; plus elles rempliront cette dernière condition, plus elles auront d'avantages dans le cas qui nous. occupe. Un Sedum spectabile ou toute autre plante grasse et de port pittoresque pourra en occuper le sommet, et une foule d'espèces ce piteuses ou gazonnantes, le garnir entièrement.

La base des ponts (fig. 49), est souvent garnie de rocailles

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répandues d’une manière très-pittoresque et s'étendant en largeur sur une étenduerelative, mais toujours proportionnée. Des plantes alpines traçantes ou à tiges nombreuses, et s’étalant beaucoup en diamètre, seront surtout employées à la garniture de ces lieux. La Saponaire ocimoïde, la Gypsophile rampante, le Salix retusa, des Saxifrages à aspect de mousse, rempliront ce but; on leur adjoindra quelques-unes de nos espèces arbustives, à tiges décombantes ou radicantes, telles que Arctostaphylos, Dryas, etc. Le Rosage des Alpes sera planté dans les excavations assez grandes, qui lui permettront de plonger ses racines dans la terre de bruyère, la seule qui lui convienne.

Le Nerprun saxatile, la Busserole et l’'Oxycoccos de nos marais ou celui d'Amérique, le Vaccinium vitis-idæa, le Myrtille lui-même ainsi que l’Azalée rampante et Empetrum nigrum pourront, dans le même sol, rendre des services identiques. Quelques arbrisseaux empruntés aux régions froides de l’Inde ou de l'Amérique seront joints aux précédents, qui caractérisent la végétation de nos contrées les plus septentrionales, On pourra même ajouter à l’ornement de ces lieux factices et particulièrement propres à recevoir des plantes véritablement alpines, un certain nombre d'espèces qui poussent sur nos coteaux calcaires ou granitiques, et dont le port rappelle la physionomie de nos plantes des hautes régions ; tels sont les Coronilla minima, Polyqala calcarea, Teucrium montanum, Linum tenuifolium, Carduncellus mitissimus, Helianthemum vulgare, italicum, Fumana et umbellatum, etc. Les endroits les plus excavés recevront naturellement les espèces dont l’air ou une vive lumière empêcheraient le développement. À ce nombre appartiennent les Fougères.

Ce sont elles aussi qui serviront avec la plus grande partie des espèces herbacées et frutescentes que nous avons employées jusqu’ici, et auxquelles on pourra adjoindre celles

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de petite taille qui peuplent les Lieux arides des environs, à garnir la base inférieure de chaque extrémité des ponts rustiques, d'ordinaire entourés de pierrailles ou de rochers. Dans les deux cas, les plantes préférant les lieux plus ou moins frais et même humides occuperont naturellement le bord de Peau.

Nos rochers ayant le plus souvent leur base qui plonge dans les eaux (fig. 50) d’un lac ou d’une pièce d’eau, nous croyons devoir consacrer ici quelques lignes aux plantes aquatiques qui devront compléter leur décoration et qui serviront aussi à orner les cours d’eau (fig. 51), complément obligé de de la décoration d’un jardin paysager.

Ces plantes sont, comme on le sait, très-différentes de formes et d'aspect. Une division, depuis longtemps adoptée, les classe en sections basées principalement sur leur mode de végétation. Laissons de côté les plantes aquatiques submergées, qui ne nous offrent aucun intérêt, et signalons seulement les sortes flottantes ou émergées. Cette liste sera réduite aux espèces les plus élégantes ; ce seront, en commencant par les flottantes, nos Nymphæa alba et lutea, ainsi que deux espèces appartenant au même genre, lune le N. pumila de nos lacs Vosgiens, et l’autre le N. advena du nord de l'Amérique ; puis les Vi//arsia nymphoides aux élégantes fieurs jaunes, le Menyanthes trifohata aux corolles blanches et si délicatement fimbriées, le Calla des marais, Aroïdée vosgienne, qu’il est facile de naturaliser dans nos contrées; la Renouée nageante, l’Hottonia palustris, etenfin le Jussiæa grandiflora. Parmi les espèces émergées les plus ornementales, nous avons deux catégories, l’une pour celles quise contentent de vivre aux bords des eaux et l’autre pour celles plus nombreuses qui en occupent les parties tout à fait submergées. Les premières nous fourniront lesIris faux acore et acoroïde, le Sénecon palustre, la Salicaire, l'Épilobe hérissé, le Roseau

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