‹ Les plantes alpinesChapitre 31 sur 111 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

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eau dans le Bois

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alpestres des rochers ombreux où humides : Mæhringia muscosa, Sarifraga rotundifolia, Stellaria nemorum, etc.

Fig. 52. — Touffe d’Acore odorant.

Par ses tiges grêles, et surtout par la faculté qu’elle présente de croître jusque dans les lieux sombres, une de nos

Personnées les plus vulgaires comme aussi les plus jolies, le Linaria Cymbalaria, gaxnira les endroits où toute autre

Fig. 53. — Grotte.

plante succomberait en peu de temps. Sur les parties saillantes des rochers bien exposés, on placera, dans des exca-

vations réservées ad hoc, la plupart des especes qui recherchent ces conditions : Sarifraga sarmentosa, Ramondia pyrenaica, etc. Les parties extérieures les plus exposées au soleil devront être occupées par des plantes rupestres ou saxicoles.

Les cascades artificielles ressemblent bien peu à ces masuifiques cascades de nos montagnes. Reconnaissons cependant que l’homme est arrivé, sinon à la perfection dans ce genre d’ornementation, au moins à un point suffisant pour donner une idée de ce que peuvent être les cascades naturelles. Celles du parc Monceaux (fig. 54), des Buttes Chaumont (fig. 55) et du Bois de Boulogne (fig. 56), nous fournissent un bon exemple de cascades artificielles.

Nous ne croyons pas devoir nous appesantir davantage sur l'emploi décoratif des plantes alpines ; amateur saura, selon les cas, tirer le meilleur parti des dispositions du terrain et des richesses que lui offrira sa collection. Du reste, il ne faut pas se le dissimuler, cela nous semble un peu devoir ressortir d’une manière assez évidente des conseils inèmes que nous avons donnés, la conservation de beaucoup des espèces que nous aurons employées risquera fort d'être compromise malgré tous les soins que nous aurons mis à ieur créer leurs stations artificielles. Il arrive là d’ailleurs ce qui se produit dans nos cultures d’ornement de nos jardins, où lon considère comme sacrifiées des plantes même peu délicates qu'on livre à la pleine terre. Il sera donc utile, en général, de ne pas perdre de vue qu’il ne faudra utiliser de cette facon que des espèces assez bien représentées dans la collèction pour qu'on puisse en conserver toujours quelques pieds en pots et avec ies soins que nous avons indiqués à l’article Culture. Livrer tous les individus qu’on possède d’une espèce rare, surtout si elle est délicate, c’est courir la chance de la perdre entièrement. Pour celui qui possède une collection de plantes

des Alpes, il y a donc deux choses bien distinctes : c’est d’abord la collection elle-même qu’il faut conserver et multipher, et pour cela la culture en pots est la seule qu’on doive recommander; et ensuite l’utilisation de cette collection, qui doit, autant que possible, n'employer que son excédant.

Fig. 54. — Cascade du Pare Monceaux.

Il est cependant encore une disposition dont nous devons parler, parce que c’est celle que doit préférer un amateur passionné de plantes alpines. Dans ce qui précède, nous n’avons eu qu'à utiliser des dispositions existant déjà et dont il s'agissait detirer le meilleur parti, et cela dans des conditions parfois peu favorables. On comprend combien il serait préférable

de créer de toutes pièces, en choisissant pour cela le lieu le mieux approprié et les matériaux les plus convenablement adaptés au but qu'on se propose, une station réunissant toutes les conditions que l’expérience indique. Cest ce qu'on peut réaliser par la construction d’un rocher artificiel.

On choisit autant que possible une exposition au nord ; un ombrage modéré est aussi une condition favorable. Ce qu'on cherche en somme à éviter, c’est une élévation exagérée de température pendant les chaleurs de l’été. Le sous-sol doit être poreux et à défaut il convient d’y remédier, ce qu'on peut obtenir en enlevant une certaine couche de terre et en la remplaçant par des escarbilles ou des pierrailles.

Le rocher affectera le plus souvent la forme d’une pette colline haute en général d’un mètre à 1 mètre et demi, sur une largeur à la base de 2 mètres 50, sa longueur restant indéterminée. Elle devra être orientée de telle façon qu'un de ses versants regarde le nord et l’autre le midi.

Les matériaux qui devront être employés dans la construction de notre rocher devront être, autant que possible, d’une nature qui les rende inattaquables à l'air; chez nous, c’est la pierre meulière qui sera préférée à cause, non-seulement de sa dureté, mais encore de ses formes souvent bizarres. On choisit les fragments les plus réguliers pour en former un premier rang qui circonscrira la base du rocher, puis on établit au centre un monticule d’escarbilles qu’on recouvre Iuimême de terre légère jusqu’à la hauteur à laquelle doit atteindre le rocher. Comme nous l’avons dit, la meilleure terre est celle de bruyère; mais on peut employer celle qui provient des rempotages ou à défaut des composts de sable et de ter-— reau de feuilles; elle doit former sur la masse centrale d’escarbilles une épaisseur moyenne de 40 centimètres. À mesure qu’on élève la masse de terre, on dispose sucessivement au— dessus de la première rangée de pierres meulières, et cela soit.

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