PRINCIPES GÉNÉRAUX
Lo
ciale, et cette terre sera celle dite de bruyère, et c’est là une chose qui paraît à première vue assez contradictoire, dans un sol qui n'existe pas dans la région alpine et qui n’y a même qu’assez exceptionnellement son analogue. Maïs on s'explique d’une maniere relativement satisfaisante qu’il en soit ainsi, si l’on tient compte que ce qui caractérise cette terre c’est la légèreté et la porosité, et que ce sont la les qualités dont ont le plus besoin nos plantes. Rien, en effet, ne leur est plus funeste qu'un sol compacte. Ceci n’étonnera pasles personnes qui ont récolté des plantes montagnardes, et si elles ont arraché quelques-unes des espèces peuplant les prairies ainsi que les rochers herbeux, elles ont dû remarquer que leurs racines plongeaient dans un sol humeux par excellence.
Les plantes alpines exigent donc impérieusement une terre meuble et poreuse, et nous répétons que celle qui leur convient le mieux est la terre de bruyère. Mais toutes les terres qui portent ce nom ne possèdent pas les mêmes qualités, et les meilleures pour le cultivateur de plantes alpines sont celles de composition à la fois sablonneuse et tour beuse ; elles sont infiniment préférables à celles dans lesquelles chacun de ces éléments prédomine.
On aura grand soin, en l’employant, de la réduire en petites mottes et non en poussière, comme on le faitle plus souvent; car plus elle sera poreuse, et elle le sera d'autant plus qu'on ne lui enlèvera pas les detritus de mousses, de lichens et de bruyères dont elle est souvent pourvue, plus elle aura de qualité.
On pourra, dans bien des cas, ajouter à ce sol, et cela dans des proportions variables selon les espèces à cultiver, du terreau de feuilles bien consommé (presque toutes celles de nos arbres, les Marronniers et les Comifères exceptés, pourront servir lorsqu'elles seront arrivées à cet état), ou bien du schiste ou des ardoïses pilées pour les plantes des terrains schisteux,
du Sphagnum finement haché pour celles des lieux hrmides ou tourbeux, et enfin de la terre franche dite terre à blé bien meuble pour toutes celles dont les racines vigoureuses sont très-abondantes ou pénètrent profondément dans le sol.
Souvent la terre de bruyère fait défaut. Dans ce cas, on peut composer un sol qui, sans en avoir réuni tous les avantages, présentera cependant des qralités telles que les espèces même délicates s’y comporteront très-bien. Ce sol pourra être le résultat d’un mélange par parties plus ou moins égales, selon les cas, de sable de carrière (sable silico-calcaire), de terre franche bien pulvérisée et de terreau de saule, ou, à son défaut, de terreau de feuilles bien consommé.
Les compositions de sols destinés à la culture des plantes alpines peuvent, du reste, varier à l’infini selon le milieu dans lequel on se trouve placé. M. Regel, alors qu'il était directeur du Jardin botanique de Zurich, recommandait pour cette culture un compost formé en grande partie de sable de rivière contenant de la vase argileuse, de terreau végétal, de décombres calcaires pulvérisés, et enfin d’un peu de bouse de vache et de terreau de couche. Faisons remarquer que si cette terre pouvait avoir des qualités à Zurich, elle n’en aurait pour ainsi dire aucune à Paris.
Nous aurons l’occasion, d’ailleurs, à la suite de la description des espèces alpines dont nous donnons les planches, d'appeler l'attention sur la nature du sol que chacune d’elles recherche de préférence.
Disons cependant qu'il n’y à à cet égard rien d’absolu, et répétons une fois de plus que la terre de bruyère, surtout celle dont nous avons donné la composition, est de toutes la plus convenable pour la culture qui nous occupe.
D. EXPOSITION. — L'exposition à laquelle se rencontrent les plantes ne semble pas fournir de données de bien grande