S II. — CULTURE PROPREMENT DITE
La culture des plantes alpines peut être faite de deux manières : 1° en pleine terre, 2° en pots ou en terrines.
À. EN PLEINE TERRE. — D’après les faits que nous avons indiqués dans le paragraphe précédent, il w’y a qu’un très-
petit nombre de plantes alpines pouvant s’accommoder des conditions de sol et de climat dans lesquelles il nous est possible de les placer. Celles, en effet, qui se conservent le mieux dans nos jardins appartiennent plutôt aux régions inférieures où moyennes des montagnes, qu'aux sommets élevés des Alpes. Ainsi, parmi les plantes véritablement alpines, deux espèces ont, depuis longtemps déjà, pris droit de cité dans nos parterres : ce sont les Arabis alpina et Gentiana acaulis qui, sans soin particulier, s’y comportent tres-bien et servent, le premier, à l’ornement printanier des plates-bandes, le second, à la formation de belles et durables bordures. Mais il y a entre ces deux plantes des différences d’aptitudes en ce qui concerne leur floraison. Ainsi, tandis que la premiere est plus fleurissante même que dans les stations naturelles, la seconde, au contraire, si elle acquiert un développement aussi beau que dans les montagnes, ne voit ce développement porter absolument que sur les organes de végétation, les fleurs ne se montrant tantôt qu'isolément, tantôt qu’en petit nombre. Mais que nous nous transportions à quelques kilomètres de la capitale, à Versailles, par exemple, nous y verrons la Gentiane acaule fleurir si brillamment, qu’elle est devenue l’objet de cultures importantes pour l’approvisionnement de nos marchés à fleurs.
Sous influence de l'air confiné des grands centres, à Paris, entre autres, c’est à peine si, malgré des traitements spéciaux, le Gentiana punctata, le Lilium Martagon et plusieurs autres plantes arrivent à donner un petit nombre de feuilles qu'accompagne une floraison appauvrie. Mais cultivées en pleine terre, à une distance de quelques lieues seulement, dans la vallée de Montmorency, par exemple, ces plantes végètent vigoureusement et fleurissent tout aussi bien que dans leur station naturelle.
À quelles causes devons-nous attribuer ces différences? Nous croyons qu'elles sont multiples et proviennent moins de