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« ce quiexplique la brièveté de leurs entre-nœudbs. « C’est pour la même raison que les plantes ga- « zonnantes des hautes Alpes changent si facile- « ment d'aspect quand on les transporte dans nos « plaines; les nuits étant chaudes, elles continuent « de croître et s’épuisent; toutes leurs parties « s’allongent bientôt ets’étiolent rapidement. » (!)
Ces touffes gazonnantes, ces mousses fleuries, comme on est tenté de les appeler, sont les plus ravissantes d’entre les apparitions végétales. Aucune langue ne saurait les décrire, aucun pinceau les reproduire; ce sont bien les bijoux du Créateur et ses favoris dans le monde des plantes. Nous les aimons, nous les alpinistes non point seulement parce qu’elles sont alpines, qu’elles nous rappellent de doux souvenirs, mais aussi parce qu’elles sont jolies, gracieuses, ravissantes. Elles ont la fraicheur que n'ont aucune de leurs sœurs de la plaine; elles sont fines et légères: ce sont de vraies enchanteresses. Qui peut résister au désir de les emporter avec soi et de les cultiver? La chose n'est-elle pas toute naturelle ! Ce n’est du reste pas une nouveauté que cet enthousiasme qui s'empare maintenant de beaucoup d'amateurs de cultures alpines. De Candolle, en fondant notre jardin botanique,
(*) La flore de la Suisse et ses origines, page 304.
ES. NE avait déjà réservé certaines plates-bandes pour la culture des plantes des Alpes et déjà avant lui, Necker-de Saussure et Vaucher avaient fait des essais d’acclimatation au Jardin du Calabri.
Eh! qui donc s’en étonnera ? Les fleurs alpines ont bien des avantages sur leurs sœurs de la plaine. Elles ont surtout celui-ci qu'elles tiennent peu de place, garnissent les grottes et rocailles en y étalant leurs touffes et qu'elles fleurissent généralement de bonne heure au printemps.
Ces cultures sont en outre intéressantes et demandent peu de soins en dehors de ceux qu’on donne à toute plante vivace. Les plantes alpines ont donc leur place marquée dans l’horticulture actuelle et ne peuvent manquer d’y jouer un rôle important par la suite.
L’arrachage des plantes alpines et leur transplantation dans les jardins de la plaine a pris une telle extension, depuis quelques années, qu'il a eu pour conséquence l’extirpation de certaines espèces dans plus d'un territoire. On peut traiter d’exagérée la crainte manifestée par les naturalistes de voir certaines espèces de plantes rares disparaître des localités où elles existent; il n’est pas moins vrai que ce cas s’est présenté plus d’une fois en Suisse
pour ne parler que de ce qui se passe chez nous. Loin d'être chimériques, ces craintes sont pleinement justifiées; preuve en soit le mouvement qui se produit aujourd'hui en faveur de la conservation dans leurs domaines respectifs et de la protection des plantes sauvages. Les deux premiers bulletins de l'association protectrice des plantes renferment d’utiles et intéressants renseignements à ce sujet. Le dernier numéro de cette publication contient un travail, dù à la plume de M. Fischer-Siegwart, pharmacien à Zofingue et naturaliste distingué. L'auteur donne la liste des localités de plantes rares qui sont en voie de disparaître et parle des essais qu'il a faits pour acclimater des plantes sauvages aux environs de Zofingue.
M. Fischer cherche à établir une statistique des espèces qui,en Suisse, sont sur leur déclin et de celles qu'il s'agit de protéger; il a la conviction qu’il faut lutter contre les sociétés d'échange, qui, à ses yeux, ne sont pas des sociétés scientifiques, parce que celui qui se livre aux échanges ne peut guère s'occuper d’autre chose que de collectionner et de récolter pour ses aboutissants. M. René Guisan, ingénieur à Lausanne, a également traité ce sujet dans une brochure qu’il a envoyée aux alpinistes. Il pense qu’il est surtout nécessaire
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