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de lutter contre les personnes qui arrachent les plantes dans un but purement spéculatif et cite le fait que des maisons horticoles de l'étranger ont, dans nos Alpes, des collectionneurs et des correspondants leur fournissant par milliers les plantes rares de nos sommets glacés.
Le ?29 janvier 1853 s’est fondée à Genève une société sous le titre de « Association pour la protection des plantes » dans le but de réagir contre ce fléau qui ravage la flore suisse, Les membres ont pour principe de combattre le commerce des plantes arrachées dans les montagnes et de recommander l'élevage de ces plantes par semis ou leur acclimatation d’une manière raisonnée. Loin d’entraver les cultures de plantes alpines, cette société a pour but de les encourager en dirigeant les amateurs dans leurs essais d’acclimatation et de cultures. Il arrive souvent qu’on détruit une grande quantité de plantes pour arriver à n'en réussir que fort peu. Toutes ces plantes sacrifiées sont autant de sujets qui, s'ils fussent restés dans leur patrie, eussent donné des graines et contribué à la reproduction de l'espèce. Pour les plantes rares, cet argument est d’une certaine importance; or, comme c'est précisément sur ces plantes là qu’on s'acharne de préférence, il en résulte nécessairement des
ARS dommages dans le domaine de la flore. Qui n’a éprouvé un sentiment d'indignation à la vue de ces centaines et de ces milliers de plantes alpines qui viennent deux fois par semaine joncher le sol de notre marché et dont celles qui ne se vendent pas, desséchées par le soleil, sont jetées avec les balayures de la place!
Il est cependant bien naturel que les grimpeurs de montagnes rapportent de leurs courses alpestres les plantes qui les ont émerveillés làhaut et qu'ils cherchent à les transplanter dans leurs jardins. Qui peut résister à cette tentation ? Mais hélas, combien de déceptions, que d'essais manqués, par quels déboires se terminent souvent ces tentatives d’acclimatation sur lesquelles on avait fondé de si douces espérances! Aussi combien d'amateurs découragés n'ont-ils pas renoncé à ces cultures et déclaré que les plantes des Alpes étaient inacclimatables! Ce qui ne les empêchera pas de rapporter de leur prochaine course une nouvelle cargaison pour tenter un nouvel essai. C’est pour instruire ces amateurs et les empêcher de détruire un grand nombre de pieds pour n'’obtenir aucun résultat que l’association protectrice tient des séances dans lesquelles on indique les procédés à employer pour acclimater ces plantes. Nous verrons plus loin
ÉRQ à; NE quelle est la meilleure époque et la manière dont il faut s’y prendre pour opérer la transplantation des espèces alpines.
La fondation d’un Jardin alpin d’'acclimatation répond précisément à un besoin vivement senti par tous les amis de cette cause protectrice. Le nouvel établissement horticole a pour but d’élever en masse les plantes recherchées et de les offrir aux amateurs à des prix avantageux. Il espère pouvoir fournir ces plantes élevées de semis aux établissements horticoles de l'étranger, qui n’auront dès lors plus besoin de s'approvisiouner dans les Alpes.
Voici ce qu’en dit, dans son numéro du 24 mai, le Journal de Genève, toujours si réservé et si sobre dans ses appréciations : « Pour la « première fois apparaissait sur le marché le « Jardin alpin, le nouvel établissement fondé « sous les auspices de la Société pour la protec- « tion des plantes. Il n’y avait qu’à jeter un coup- « d'œil sur ces plantes si variées, d’une santé « exubérante, d’une reprise certaine, d’un prix « très abordable pour être assuré de l'efficacité: « du moyen patroné par la Société de Genève.
« ainsi que par beaucoup d’esprits distingués au « dehors, pour combattre la plaie du trafic bar- « bare qui menaçait de détruire la flore de nos.
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« montagnes. Espérons que dans quelques an- « nées on ne verra plus sur nos marchés ces « masses de plantes à l’aspect morbide, arrachées « Sans soin, destinées à périr sitôt après être sor- « ties des mains des marchandes et dont quan- « tités, non vendues, se retrouvaient dans le ruis- « seau après la fin du marché. »
Que les amis des plantes et de la nature alpine favorisent le nouvel établissement en achetant ses produits et en les faisant acheter à d'autres et l’on aura bientôt la preuve que le remède le plus efficace pour combattre le mal est, non pas d'édicter des lois ou de demander l'appui des gouvernements, mais d’agir moralement.
L'exemple est toujours le meilleur moyen à employer dans des cas semblables.
— Ces limites ne peuvent être définies en ce qui concerne les cryptogames, qui atteignent les sommets les plus élevés des Alpes. Mais la végétation phanérogame s'arrête à des limites mieux définies. Elle ne dépasse guère 3200 à 3500 mètres dans la chaîne des Alpes. Cependant, on a trouvé sur le Finsteraarhorn, à 4000 mètres d’élévation, des plantes telles que Saxifraga bryoides L., Sax. muscoides Wulf., Achullea atrata L. Le docteur Christ cite le fait que Calberla a trouvé sur la cime de la même montagne,
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au versant ouest, à 4270 mètres, un exemplaire de Ranunculus glacialis L., portant deux fleurs et paraissant annuel. Sur l’'Hymalaya et dans les Andes de l'Amérique du Sud, la végétation s'élève à des altitudes beaucoup plus considérables. Sur le Chimborazo, la végétation atteint 4600 mètres et Hooker a trouvé sur les cols du Phibet des composées atteignant 18500 pieds anglais et des buissons de Chèvrefeuille et de KRhododendron jusqu'à 17000 pieds. Dans certaines parties du Thibet, la limite supérieure des phanérogames est de 19000 pieds anglais.
Les touïfes fleuries ne se bornent pas à émailler nos pâturages et à réjouir les pentes rocheuses de nos montagnes ; elles se présentent partout où elles trouvent des territoires libres de neige ou deglaceet un sol quelconque pour y plonger leurs racines. Dans la région glacée des neiges, on les voit garnir les moindres fentes de rochers dans lesquelles elles s’abritent. De fines et élégantes graminées, quelques Saxifrages aux formes ténues, l'Androsace glacialis Hoppe, deux ou trois espèces de Crucifères sont les phanérogames qui montent le plus haut dans les Alpes.
Les plantes alpines deviennent souvent fort âgées ; j'ai examiné un jour au sommet de l’Augsborgspass, en Valais, une touffe de Saxifraga
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oppositifoliaxa L. qui devait avoir, pour le moins, 100 années d'existence. On rencontre parfois des plantes alpines dont une partie de la touffe est déjà décomposée et sert de sol à un autre pied, plus vigoureux, tandis que l'extrémité des tiges de la plante-mère est encore pleine de vie et de santé.